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Taux moyen et taux marginal d’imposition : différence, calcul, idées reçues

Taux marginal ou taux moyen : comment les calculer pour les revenus de 2025, et pourquoi passer dans la tranche supérieure ne fait pas perdre d’argent.

Taux moyen et taux marginal, fiche du guide fiscal 2026 d’andlil sur fond bleu nuit

Le taux marginal d’imposition est le taux de la tranche du barème dans laquelle tombe le dernier euro de votre revenu par part : il dit combien coûtera en impôt un euro de revenu supplémentaire. Le taux moyen est le rapport entre l’impôt payé et le revenu : il dit quelle part de votre revenu part réellement en impôt. Pour les revenus de 2025, un célibataire qui déclare 30 000 € de revenu imposable a un taux marginal de 30 % mais un taux moyen de 7,01 %, selon l’exemple de Service-Public.fr.

Confondre les deux est la source de l’idée reçue la plus répandue en matière d’impôt sur le revenu : la peur de « passer dans la tranche supérieure ». Le barème français est progressif par tranches. Passer au-dessus d’un seuil ne change le taux que de la fraction du revenu qui le dépasse ; le reste du revenu continue d’être imposé comme avant.

Quelle différence entre taux moyen et taux marginal ?

Le taux marginal d’imposition, souvent abrégé TMI, est défini par Service-Public.fr comme « le taux d’imposition qui s’applique à la tranche la plus élevée de vos revenus ». Pour le connaître, on divise le revenu net imposable par le nombre de parts du foyer et on regarde dans quelle tranche du barème tombe ce résultat.

Revenu net imposable par part (revenus 2025)Taux marginal du barème
Jusqu’à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Le taux moyen d’imposition est l’impôt divisé par le revenu. Service-Public.fr le calcule sur le revenu net imposable ; on peut aussi le rapporter au salaire net imposable ou au revenu total du foyer, à condition de dire lequel. C’est l’indicateur pertinent pour savoir ce que l’impôt prélève sur l’ensemble de vos revenus. Le taux marginal, lui, est l’indicateur pertinent pour une décision à la marge : accepter des heures supplémentaires, une prime, un loyer de plus, verser sur un plan d’épargne retraite ou opter pour le barème sur ses revenus du capital.

Comme chaque tranche n’impose que la fraction du revenu qui s’y trouve, le taux moyen est toujours inférieur au taux marginal pour un revenu imposé au barème. Le tableau suivant, calculé pour une personne seule sans réduction d’impôt, le montre.

Revenu net imposable (1 part, revenus 2025)Impôt net (après décote)Taux moyenTaux marginal du barème
20 000 €445 €2,2 %11 %
30 000 €2 104 €7,0 %30 %
50 000 €8 104 €16,2 %30 %
100 000 €24 801 €24,8 %41 %
200 000 €66 524 €33,3 %45 %

Même à 200 000 € de revenu imposable, le taux moyen reste nettement sous le taux marginal de 45 %, parce que les 11 600 premiers euros ne sont pas imposés, les suivants le sont à 11 %, puis à 30 %, et ainsi de suite.

Exemple chiffré : un salarié, son augmentation et ses deux taux

Un salarié célibataire, sans enfant, perçoit en 2025 un salaire net imposable de 55 000 €.

  1. Déduction forfaitaire de 10 % : 5 500 €. Revenu net imposable : 49 500 €.
  2. Tranche à 11 % : (29 579 − 11 600) × 11 % = 1 977,69 €.
  3. Tranche à 30 % : (49 500 − 29 579) × 30 % = 19 921 × 30 % = 5 976,30 €.
  4. Impôt : 1 977,69 + 5 976,30 = 7 953,99 €, arrondi à 7 954 €. Pas de décote, l’impôt dépasse 1 982 €.
  5. Taux moyen : 7 954 ÷ 49 500 = 16,07 % du revenu net imposable, soit 14,46 % du salaire net imposable.
  6. Taux marginal : 30 %.

Il obtient une augmentation de 1 000 € de salaire net imposable par an. Son revenu imposable augmente de 900 € après la déduction de 10 %, et son impôt de 900 × 30 % = 270 €, pour atteindre 8 224 €. Il garde 730 € sur les 1 000 €. Son taux moyen passe de 16,07 % à 16,32 % du revenu imposable : il augmente, mais de façon modeste. Le taux marginal de 30 % ne s’applique qu’à la hausse, pas aux 49 500 € déjà perçus.

Ce calcul ne porte que sur l’impôt sur le revenu : les cotisations sociales, la CSG et la CRDS prélevées sur le salaire n’y figurent pas.

« Passer dans la tranche supérieure » : pourquoi ce n’est pas une perte

Prenons une personne seule dont le revenu net imposable est de 29 000 €, juste sous le seuil de 29 579 € de la tranche à 30 %. Son impôt est de 1 914 € avant décote, ramené à 1 883 € par la décote. Si son revenu passe à 29 600 €, son impôt atteint 1 984 € : le dépassement de 21 € est imposé à 30 %, le reste du revenu ne change pas de traitement. L’impôt augmente de 101 € pour 600 € de revenu en plus, et le revenu après impôt augmente de 499 €.

Le barème est construit pour que cela soit toujours vrai : l’impôt calculé par tranches est une fonction continue du revenu, et chaque taux étant inférieur à 100 %, gagner plus ne fait jamais perdre d’argent par le seul effet du barème. Les rares pertes réelles viennent d’ailleurs : un droit ou une aide qui disparaît au-delà d’un plafond de revenu fiscal de référence, ou le seuil de mise en recouvrement de 61 €, en dessous duquel l’impôt n’est pas réclamé.

Ce dernier crée un petit ressaut. Selon nos calculs à partir du barème et de la décote, avec l’arrondi officiel à l’euro de l’impôt brut puis de la décote, une personne seule dont le revenu net imposable est de 17 595 € a un impôt de 60 €, non réclamé ; à 17 596 €, l’impôt est de 62 € et il est dû. Un euro de revenu en plus coûte 62 € d’impôt. L’effet est ponctuel et ne concerne qu’une bande étroite de revenus.

Quand le taux marginal réel dépasse celui du barème

Le taux marginal du barème n’est pas toujours le coût réel d’un euro supplémentaire. Deux mécanismes de l’impôt sur le revenu le modifient, auxquels s’ajoutent les contributions des hauts revenus.

La décote. Pour les revenus de 2025, la décote vaut 897 € (personne seule) ou 1 483 € (couple) moins 45,25 % de l’impôt brut, tant que celui-ci reste sous 1 982 € ou 3 277 €. Chaque euro d’impôt brut supplémentaire réduit donc la décote de 0,4525 € : l’impôt net augmente de 1,4525 € par euro d’impôt brut. Dans cette zone, le taux marginal réel est de 11 % × 1,4525 = 15,98 %, et même de 43,58 % sur une bande d’une quinzaine d’euros à l’entrée de la tranche à 30 % pour une personne seule.

Le plafonnement du quotient familial. Quand l’avantage procuré par les enfants est plafonné, l’impôt se calcule sur les parts de base (2 pour un couple), diminué d’un montant fixe. Le taux marginal devient celui d’un couple sans enfant au même revenu. Exemple calculé pour un couple marié avec deux enfants : à 60 000 € de revenu imposable, l’impôt n’est pas plafonné et le taux marginal est de 11 % (avec décote, 15,98 %) ; à 75 000 €, le plafonnement joue et le taux marginal est de 30 %, alors que le revenu par part (25 000 €) reste dans la tranche à 11 %. Le mécanisme est détaillé dans la fiche le quotient familial.

Les hauts revenus. Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule et de 500 000 € pour un couple, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ajoute 3 %, puis 4 % au-delà de 500 000 € (personne seule) ou de 1 000 000 € (couple). La contribution différentielle, qui garantit une imposition minimale de 20 % au-delà de ces mêmes seuils, peut aussi modifier le taux marginal. Voir la fiche hauts revenus.

Comment connaître son taux et à quoi il sert ?

Aucun formulaire ne demande de déclarer son taux : l’administration calcule l’impôt à partir de la déclaration n° 2042. Les deux taux se retrouvent ainsi.

  • Taux marginal : divisez le revenu net imposable qui figure sur l’avis d’imposition par le nombre de parts, et repérez la tranche du barème. Si l’avis mentionne une décote ou un plafonnement du quotient familial, le taux réel diffère, comme expliqué plus haut.
  • Taux moyen : divisez l’impôt sur le revenu net de l’avis par votre revenu (net imposable ou total, selon ce que vous voulez mesurer).
  • Taux du prélèvement à la source : c’est le rapport entre l’impôt correspondant aux revenus soumis au prélèvement et ces revenus. Il est calculé sans tenir compte des réductions et crédits d’impôt, ce qui le rend souvent plus élevé que le taux moyen réel d’un foyer qui emploie un salarié à domicile ou fait des dons. Le taux appliqué depuis le 1er septembre 2026 repose sur la déclaration des revenus de 2025 (voir le prélèvement à la source).

Le taux marginal sert aux arbitrages que la loi met à votre disposition. Une charge déductible, comme un versement sur un plan d’épargne retraite dans la limite des plafonds, réduit l’impôt de son montant multiplié par le taux marginal : 1 000 € déduits économisent 300 € à 30 %, 110 € à 11 %, rien à 0 %. Pour les revenus du capital, l’option pour le barème (case 2OP) se compare au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % : elle est en général intéressante pour un foyer à 0 % ou 11 %, rarement à partir de 30 % (voir flat tax ou barème). Un revenu exceptionnel peut aussi être imposé selon le système du quotient pour limiter la hausse du taux marginal (voir revenus exceptionnels).

Les erreurs à éviter

Calculer l’impôt en appliquant le taux marginal à tout le revenu. Un célibataire à 49 500 € de revenu imposable ne paie pas 30 % de 49 500 €, soit 14 850 €, mais 7 954 €.

Refuser une augmentation pour « ne pas changer de tranche ». Le passage dans la tranche supérieure ne concerne que la fraction du revenu au-dessus du seuil. L’impôt progresse, le revenu après impôt aussi.

Estimer une économie d’impôt avec le taux moyen. Une déduction ou un revenu supplémentaire se mesure au taux marginal, pas au taux moyen.

Oublier la décote ou le plafonnement. Un foyer dans la zone de décote a un taux marginal réel d’environ 16 % ; un couple dont le quotient familial est plafonné peut être à 30 % avec un revenu par part dans la tranche à 11 %.

Prendre le taux du prélèvement à la source pour son taux d’imposition. Il ignore les réductions et crédits d’impôt et ne concerne que certains revenus ; ce n’est ni le taux moyen exact, ni le taux marginal.

Questions fréquentes

Comment savoir dans quelle tranche d’imposition je suis ?

Divisez votre revenu net imposable par votre nombre de parts. Pour les revenus de 2025, si le résultat est compris entre 11 601 € et 29 579 €, votre taux marginal est de 11 % ; entre 29 580 € et 84 577 €, de 30 % ; entre 84 578 € et 181 917 €, de 41 % ; au-delà, de 45 %.

Si je passe de la tranche à 11 % à la tranche à 30 %, vais-je payer 30 % sur tout ?

Non. Seule la partie du revenu par part qui dépasse 29 579 € est imposée à 30 %. Les 11 600 premiers euros restent à 0 % et les suivants à 11 %. Votre taux moyen n’augmente que légèrement.

Quel est le taux moyen d’imposition en France ?

Il dépend du revenu et de la composition du foyer. Pour une personne seule et les revenus de 2025, il est d’environ 7 % à 30 000 € de revenu imposable, 16 % à 50 000 € et 25 % à 100 000 €, selon le barème officiel et sans réduction d’impôt.

Le taux de prélèvement à la source est-il mon taux moyen ?

Il s’en approche, mais il est calculé sans les réductions et crédits d’impôt et sur les seuls revenus soumis au prélèvement. Un foyer qui bénéficie de crédits d’impôt a donc un taux moyen réel inférieur à son taux de prélèvement.

Pourquoi parle-t-on de taux marginal de 16 % alors qu’il n’existe pas de tranche à 16 % ?

Parce que, pour les foyers qui bénéficient de la décote, chaque euro d’impôt brut supplémentaire réduit la décote de 0,4525 €. Le taux réel de la tranche à 11 % devient alors 11 % × 1,4525, soit 15,98 %.

Pour aller plus loin

Sources officielles

Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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