Fiscalité des dividendes en 2026 : flat tax, abattement et crédit d’impôt
Comment sont imposés vos dividendes français et étrangers en 2026 : retenues à la source, flat tax ou barème, crédit d’impôt, formulaire 2047 et cas du PEA.

En 2026, un dividende perçu sur un compte-titres par un résident fiscal français est imposé par défaut à 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, retenus en grande partie par la banque au moment du versement. Sur option pour le barème progressif, seuls 60 % du dividende sont soumis à l’impôt sur le revenu grâce à l’abattement de 40 %. Un dividende étranger se déclare pour son montant brut, et l’impôt retenu à l’étranger ouvre droit, dans la limite prévue par la convention fiscale, à un crédit d’impôt qui évite la double imposition.
Le dividende est la part du bénéfice qu’une société distribue à ses actionnaires. Fiscalement, c’est un revenu de capitaux mobiliers, imposé l’année où il est encaissé. Son traitement dépend de l’enveloppe (compte-titres ou PEA), du siège de la société (France ou étranger) et de l’établissement payeur (français ou étranger).
Comment sont imposés les dividendes français sur un compte-titres ?
Le jour du versement, la banque ne vous crédite pas le dividende brut. Elle retient d’abord :
- les prélèvements sociaux : 18,6 % pour un dividende perçu en 2026, 17,2 % pour un dividende perçu en 2025 ;
- le prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %, un acompte d’impôt sur le revenu.
L’année suivante, le dividende brut est prérempli sur la déclaration de revenus, en case 2DC, et l’acompte en case 2CK. L’administration calcule alors l’impôt définitif selon l’un des deux régimes :
- Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), appliqué par défaut : 12,8 % du dividende brut. L’acompte retenu en couvre exactement le montant.
- Le barème progressif, sur option (case 2OP) : le dividende, diminué de l’abattement de 40 %, s’ajoute à vos autres revenus et suit le barème ; 6,8 % du dividende brut, correspondant à la CSG déductible, viennent en déduction du revenu imposable, ainsi que les frais (droits de garde, case 2CA). L’acompte est imputé sur l’impôt, et l’excédent restitué.
L’option pour le barème vaut pour tous les revenus mobiliers et toutes les plus-values de valeurs mobilières du foyer de l’année, pas pour les seuls dividendes. Pour un taux marginal de 0 % ou 11 %, elle est en général plus favorable ; à partir de 30 %, le PFU l’est, même avec l’abattement de 40 %. Le comparatif détaillé est dans la fiche flat tax ou barème.
L’abattement de 40 % concerne les dividendes de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés ayant leur siège en France, dans un autre État de l’Union européenne ou dans un État lié à la France par une convention fiscale comportant une clause d’assistance administrative. Les autres revenus distribués, sans abattement, se déclarent en case 2TS.
Exemple chiffré : 2 000 € de dividendes français en 2026
Une personne seule perçoit en mai 2026 un dividende brut de 2 000 € d’une société française, sur son compte-titres.
- Prélèvements sociaux retenus : 2 000 × 18,6 % = 372 €.
- Acompte d’impôt retenu : 2 000 × 12,8 % = 256 €.
- Montant crédité sur le compte : 2 000 − 372 − 256 = 1 372 €.
- Au printemps 2027, sans option : impôt définitif 2 000 × 12,8 % = 256 €, entièrement couvert par l’acompte. Rien de plus à payer.
- Avec l’option pour le barème et un taux marginal de 11 % : base imposable 2 000 × 60 % − 2 000 × 6,8 % = 1 200 − 136 = 1 064 € ; impôt 1 064 × 11 % = 117,04 €. L’acompte de 256 € est imputé et 256 − 117,04 = 138,96 € sont restitués, à condition que ces revenus ne fassent pas changer de tranche.
Charge finale : 628 € (31,4 %) au PFU, 489,04 € (24,5 %) au barème à 11 %.
Le prélèvement de 12,8 % à la source : peut-on en être dispensé ?
Oui, si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Pour les dividendes perçus en 2026, c’est le revenu fiscal de référence de 2024 qui compte ; pour ceux de 2027, celui de 2025. Le revenu fiscal de référence est le montant de référence qui figure sur votre avis d’impôt.
La demande prend la forme d’une attestation sur l’honneur, remise à chaque établissement qui vous verse des dividendes, au plus tard le 30 novembre de l’année qui précède : le 30 novembre 2026 pour une dispense en 2027. La dispense ne supprime pas l’impôt, qui sera calculé sur la déclaration ; elle évite seulement d’en faire l’avance. Elle ne dispense pas non plus des prélèvements sociaux, qui restent retenus.
Comment sont imposés les dividendes étrangers ?
Un dividende versé par une société étrangère subit en général une première retenue dans le pays de la société. La France, pays de résidence de l’actionnaire, l’impose ensuite à son tour. Pour éviter que le même revenu soit taxé deux fois en entier, les conventions fiscales bilatérales accordent au résident français un crédit d’impôt, imputé sur l’impôt français.
Les règles à retenir, pour les revenus de 2025 déclarés en 2026 :
- le dividende se déclare pour son montant brut, c’est-à-dire avant la retenue étrangère, majoré du crédit d’impôt conventionnel ;
- le crédit d’impôt est en principe égal à l’impôt effectivement prélevé à l’étranger, mais dans la limite du taux prévu par la convention et sans pouvoir dépasser l’impôt français correspondant à ce revenu ;
- la retenue étrangère n’est pas déductible du revenu ;
- si l’impôt étranger dépasse le taux conventionnel, l’excédent n’est pas imputable en France : il faut en demander la restitution au pays concerné, selon sa propre procédure ;
- si l’impôt étranger dépasse l’impôt français sur ce revenu, le surplus n’est ni imputé sur l’impôt dû au titre des autres revenus, ni remboursé.
Quand une convention réserve l’imposition des dividendes au pays de résidence, ils n’ouvrent droit à aucun crédit d’impôt en France. La notice n° 2047 donne, pays par pays, le taux applicable.
L’exemple des États-Unis
Selon la convention fiscale franco-américaine et la notice n° 2047 des revenus de 2025, un résident de France qui perçoit des dividendes de source américaine a droit à un crédit d’impôt égal à l’impôt américain, dans la limite de 15 % du montant brut. La notice exprime ce plafond en pourcentage du montant net : 17,6 % du dividende net de l’impôt américain, ce qui revient bien à 15 % du brut (15 / 85 = 17,6 %). Un régime particulier vaut pour les résidents de France de nationalité américaine.
Exemple chiffré. Un résident français détient des actions américaines sur le compte-titres d’une banque française. En 2026, la société verse un dividende brut équivalant à 1 000 €, sur lequel l’impôt américain retient 15 %.
- Retenue américaine : 1 000 × 15 % = 150 €. Dividende net reçu des États-Unis : 850 €.
- Crédit d’impôt : l’impôt américain payé, 150 €, ne dépasse pas le plafond conventionnel de 15 % du brut ; il est retenu en entier (la notice, qui raisonne sur le net, donne 850 × 17,6 % = 149,60 €, l’écart venant de l’arrondi du taux).
- Montant à déclarer en case 2DC : le brut, 1 000 € (850 € nets + 150 € de crédit d’impôt).
- Impôt français au PFU : impôt sur le revenu 1 000 × 12,8 % = 128 € ; prélèvements sociaux 1 000 × 18,6 % = 186 € ; total 314 €.
- Imputation du crédit de 150 € : il ne dépasse pas l’impôt français afférent à ce revenu (314 €), il est donc entièrement imputé, selon la notice n° 2047 d’abord sur l’impôt sur le revenu (128 €), puis sur les prélèvements sociaux pour le solde (22 €). Impôt français net : 314 − 150 = 164 €.
- Charge totale : 150 € aux États-Unis + 164 € en France = 314 €, soit 31,4 % du brut, comme pour un dividende français.
Le crédit d’impôt neutralise donc la retenue américaine, à condition qu’elle ait été faite au taux conventionnel de 15 %. Si le courtier n’a pas appliqué la convention et que l’impôt américain retenu est plus élevé, la part au-delà de 15 % est perdue côté français. La notice n° 2047 prévoit que le crédit s’impute sur l’impôt sur le revenu et, le cas échéant, sur les prélèvements sociaux dus sur ces revenus ; vérifiez le résultat sur votre avis d’imposition.
Comment déclarer ses dividendes ?
Titres détenus chez une banque ou un courtier établi en France. L’établissement établit l’imprimé fiscal unique (IFU), qui récapitule dividendes, retenues et crédits d’impôt, et le transmet à l’administration avant le 15 février. Les montants sont préremplis : dividendes en case 2DC, acompte en case 2CK, revenus ayant déjà supporté les prélèvements sociaux en case 2BH, crédit d’impôt sur valeurs étrangères en case 2AB. Vérifiez-les avec l’IFU et corrigez-les s’ils sont faux ; voyez la fiche sur le relevé fiscal. Les revenus de valeurs étrangères encaissés en France par l’intermédiaire d’un établissement dépositaire français se reportent directement sur la n° 2042, sans formulaire n° 2047.
Titres détenus chez un courtier établi à l’étranger. Il n’y a ni IFU ni retenue française. Les dividendes, français ou étrangers, encaissés sur un compte à l’étranger se déclarent sur le formulaire n° 2047, convertis en euros au cours du jour d’encaissement, puis se reportent sur la n° 2042 (case 2DC). Pour les revenus de capitaux mobiliers ouvrant droit à un crédit d’impôt égal à l’impôt étranger, la notice n° 2047 indique de reporter le crédit en case 8VL de la n° 2042-C. La brochure de l’administration mentionne aussi la case 2AB pour les crédits d’impôt sur valeurs étrangères : la bonne case dépend de votre situation, et la notice n° 2047 fait foi. Le compte lui-même doit être déclaré sur le formulaire n° 3916 ; voyez la fiche sur les comptes à l’étranger et celle sur le courtier étranger.
Avec un payeur étranger, l’acompte de 12,8 % et les prélèvements sociaux restent dus au moment du versement. Selon la doctrine administrative, le contribuable en est le redevable légal ; la déclaration à utiliser est la n° 2778-DIV, avec un dépôt et un paiement dans les quinze premiers jours du mois qui suit le versement (article 1671 C du Code général des impôts). Un établissement situé dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen peut s’en charger par mandat. Les cas de dispense vus plus haut s’appliquent aussi.
Et les dividendes dans un PEA ?
Dans un plan d’épargne en actions, les dividendes ne subissent ni acompte ni prélèvements sociaux au versement, et ils n’ont pas à être déclarés. Ils restent dans le plan et y sont réinvestis. L’imposition a lieu au retrait : après cinq ans, le gain est exonéré d’impôt sur le revenu mais soumis aux prélèvements sociaux (18,6 % sur la part des gains acquise depuis le 1er janvier 2026, taux antérieurs sur la part acquise avant) ; avant cinq ans, le gain est imposé à 12,8 % ou au barème, plus les prélèvements sociaux.
Les dividendes de titres non cotés logés dans le PEA ne sont exonérés que dans la limite de 10 % de la valeur d’acquisition de ces titres. Seules les actions de sociétés de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, et les fonds investis à plus de 75 % dans de telles actions, sont éligibles au PEA. Comme ces dividendes ne sont pas déclarés, une retenue opérée à l’étranger sur un dividende encaissé dans le plan n’est en principe pas récupérable sous forme de crédit d’impôt en France. Le détail est dans la fiche sur le PEA.
Les erreurs à éviter
Déclarer le dividende net. On déclare le montant brut, avant toute retenue, française ou étrangère. Déclarer le net revient à perdre le crédit d’impôt et à fausser le calcul de l’impôt.
Oublier de déclarer des dividendes perçus chez un courtier étranger. L’absence de relevé fiscal français ne dispense de rien. Le revenu, le compte et l’acompte sont tous à déclarer.
Compter sur l’abattement de 40 % avec le PFU. L’abattement n’existe qu’avec l’option pour le barème, et il ne réduit jamais les prélèvements sociaux, calculés sur le dividende brut.
Confondre date d’annonce et date de paiement. Le dividende est imposé l’année où il est encaissé. Un dividende décidé en décembre 2025 et payé en janvier 2026 relève des revenus de 2026, et donc des prélèvements sociaux à 18,6 %.
Questions fréquentes
Quel est le taux d’imposition des dividendes en 2026 ?
Par défaut, 31,4 % du montant brut : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur option pour le barème, l’impôt sur le revenu porte sur 60 % du dividende au taux marginal du foyer, et les prélèvements sociaux restent de 18,6 %.
Faut-il déclarer des dividendes déjà prélevés par la banque ?
Oui. Les retenues de la banque ne sont qu’un acompte d’impôt et le paiement des prélèvements sociaux. Les montants sont en général préremplis sur la déclaration, en case 2DC ; il faut les vérifier.
Comment récupérer la retenue à la source sur un dividende américain ?
La part conforme à la convention, soit au plus 15 % du brut, est imputée sur l’impôt français sous forme de crédit d’impôt. Une retenue supérieure ne se récupère pas en France ; elle doit être réclamée à l’administration américaine.
Les dividendes d’un PEA sont-ils imposables ?
Pas au moment du versement : ils restent dans le plan sans être déclarés. Ils sont soumis aux prélèvements sociaux lors d’un retrait, et à l’impôt sur le revenu si le retrait intervient avant cinq ans.
Pour aller plus loin
- Le compte-titres ordinaire
- La fiscalité des fonds indiciels (ETF)
- Qu’est-ce qu’une valeur de rendement ?
- La société à l’impôt sur les sociétés
Sources officielles
- Service-Public.fr — Revenus d’épargne et de placement
- Impots.gouv.fr — Notice n° 2047, revenus de source étrangère (revenus 2025)
- Entreprendre.Service-Public.fr — Imposition des dividendes versés aux associés
- BOFiP — BOI-RPPM-RCM-30-20-50, déclaration et paiement du prélèvement sur les revenus distribués
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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