Impôt sur les pensions de retraite en 2026 : abattement, CSG, étranger
Abattement de 10 % plafonné à 4 439 € par foyer, CSG selon le revenu fiscal de référence, capital, cumul emploi-retraite et étranger : la retraite en 2026.

Pour les revenus de 2025 déclarés au printemps 2026, les pensions de retraite sont imposées au barème progressif de l’impôt sur le revenu après un abattement de 10 %, d’au moins 454 € par retraité et d’au plus 4 439 € pour l’ensemble du foyer. S’y ajoutent la CSG, la CRDS et la CASA, retenues chaque mois par la caisse sur la pension brute : en 2026, leur taux total est de 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 % selon le revenu fiscal de référence de 2024.
La retraite rejoint les autres revenus du foyer et subit le même barème. Elle s’en distingue par un abattement plus étroit que celui des salaires, des prélèvements sociaux qui dépendent du revenu du foyer deux ans plus tôt et quelques avantages liés à l’âge.
Comment est imposée une pension de retraite ?
Sont imposables les pensions des régimes de base et complémentaires, les pensions de réversion, les majorations pour charges de famille, les retraites supplémentaires d’entreprise obligatoires et les rentes de plan d’épargne retraite issues de versements déduits. Ne sont pas imposables le minimum vieillesse, la majoration pour assistance d’une tierce personne, l’allocation personnalisée d’autonomie, l’allocation de reconnaissance du combattant (l’ancienne retraite du combattant) et la retraite mutualiste des anciens combattants dans la limite d’un plafond. Une pension de sécurité sociale de faible montant (au plus 4 023,51 € pour 2025) échappe aussi à l’impôt si les ressources du bénéficiaire ne dépassent pas 12 411,44 € pour une personne seule ou 19 268,80 € pour un couple.
L’abattement de 10 % : un plafond par foyer
L’administration applique d’office un abattement fiscal de 10 % sur le total des pensions du foyer : retraites, pensions d’invalidité, pensions alimentaires reçues, pensions étrangères. Pour les revenus de 2025, il ne peut être inférieur à 454 € par pensionné (sans dépasser le montant de la pension) ni supérieur à 4 439 € pour tout le foyer. La déduction de 10 % des salariés est, elle, plafonnée à 14 555 € par personne. L’abattement des pensions joue à plein jusqu’à 44 390 € de pensions pour le foyer ; au-delà, chaque euro supplémentaire est imposé en totalité.
Le montant à déclarer est la pension nette perçue en 2025, après cotisations d’assurance maladie et CSG déductible : c’est celui de la déclaration préremplie.
Ce que l’âge change
Le contribuable âgé de 65 ans ou plus au 31 décembre 2025 bénéficie d’un abattement sur son revenu net global : 2 822 € si ce revenu ne dépasse pas 17 670 €, 1 411 € s’il est compris entre 17 670 € et 28 430 €, rien au-delà. Il est doublé quand les deux membres du couple remplissent la condition. Certaines demi-parts concernent souvent les retraités, comme celle des anciens combattants de plus de 74 ans (voir le quotient familial).
Exemple : un couple de retraités, revenus de 2025
Un couple marié, tous deux âgés de 68 ans, perçoit en 2025 des pensions nettes imposables de 30 000 € et 20 000 €, soit 50 000 €. Il n’a pas d’autre revenu ni de personne à charge (2 parts).
- Abattement théorique : 10 % × 50 000 € = 5 000 €. Il dépasse le plafond du foyer : l’abattement retenu est de 4 439 €.
- Revenu net imposable : 50 000 − 4 439 = 45 561 €. Il dépasse 28 430 € : pas d’abattement pour âge.
- Revenu par part : 45 561 ÷ 2 = 22 780,50 €.
- Impôt par part : (22 780,50 − 11 600) × 11 % = 1 229,86 €. Pour le foyer : 2 459,71 €.
- Décote du couple, puisque l’impôt est inférieur à 3 277 € : 1 483 − 45,25 % × 2 459,71 = 369,98 €.
- Impôt dû : 2 459,71 − 369,98 = 2 089,73 €, arrondi à 2 090 €.
Avec 50 000 € de salaires, la déduction aurait été de 5 000 € et l’impôt de 2 000 €. Les 561 € d’abattement perdus coûtent 90 € : le taux de 11 % augmenté de l’effet de la décote donne un taux marginal réel proche de 16 %.
Le projet de loi de finances pour 2027 proposait de ramener ce plafond à 3 000 € par foyer ; des amendements de suppression ont été adoptés en séance en octobre 2026. Au 23 octobre 2026, rien n’est voté : le plafond des revenus de 2026 n’est pas encore fixé.
Quelle CSG sur la retraite en 2026 ?
La caisse prélève sur la pension brute la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS, 0,5 %) et la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA, 0,3 %). Le taux dépend du revenu fiscal de référence (RFR), c’est-à-dire le revenu du foyer porté sur l’avis d’imposition, augmenté de certains revenus exonérés ou taxés à taux proportionnel. En 2026 compte le RFR de 2024, celui de l’avis reçu en 2025.
| Parts | Taux zéro | Taux réduit | Taux médian | Taux normal |
|---|---|---|---|---|
| 1 | jusqu’à 13 048 € | jusqu’à 17 057 € | jusqu’à 26 472 € | au-delà |
| 1,5 | jusqu’à 16 532 € | jusqu’à 21 612 € | jusqu’à 33 538 € | au-delà |
| 2 | jusqu’à 20 016 € | jusqu’à 26 167 € | jusqu’à 40 604 € | au-delà |
| 2,5 | jusqu’à 23 500 € | jusqu’à 30 722 € | jusqu’à 47 670 € | au-delà |
| 3 | jusqu’à 26 984 € | jusqu’à 35 277 € | jusqu’à 54 736 € | au-delà |
| CSG | 0 % | 3,8 % | 6,6 % | 8,3 % |
| Total avec CRDS et CASA | 0 % | 4,3 % | 7,4 % | 9,1 % |
| CSG déductible | — | 3,8 points | 4,2 points | 5,9 points |
Ces seuils valent pour la métropole en 2026. Au-delà de 3 parts, chaque demi-part relève les plafonds de 3 484 € (taux zéro), 4 555 € (taux réduit) et 7 066 € (taux médian). Un retraité au taux réduit ne passe au taux médian ou normal que si son revenu a dépassé le plafond du taux réduit deux années de suite. Pour le couple de l’exemple, un RFR de 2024 d’environ 45 000 € dépasse 40 604 € : 9,1 % en 2026, soit 227,50 € par mois sur une pension brute de 2 500 €. Les seuils de 2027, calculés sur le RFR de 2025, ne sont pas encore publiés au 23 octobre 2026.
Les revenus de l’épargne d’un retraité (dividendes, plus-values) subissent, eux, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital, de 17,2 % ou 18,6 % selon les cas.
Cumul emploi-retraite, capital, plan d’épargne retraite : comment sont-ils imposés ?
Le cumul emploi-retraite. Le retraité qui reprend une activité salariée déclare son salaire dans les cases de salaires et sa pension dans les cases de pensions. Chacun garde son propre abattement : 10 % sur le salaire, plafonné à 14 555 € par personne, et 10 % sur les pensions, plafonné à 4 439 € par foyer, pour les revenus de 2025. Les deux s’additionnent ensuite dans le barème. Pour un salarié du privé, le cumul est sans plafond de revenus s’il a liquidé toutes ses retraites et obtenu sa retraite de base à taux plein. Depuis le 1er janvier 2023, cette activité ouvre droit à une seconde pension de base, limitée à 2 403 € bruts par an selon Service-Public.fr, imposable comme la première.
La retraite versée en capital. Un capital de retraite (versement forfaitaire unique, sortie en capital d’un ancien plan d’épargne retraite populaire) est imposable comme une pension. Si le capital est versé en une seule fois et que les cotisations étaient déductibles, une option permet de le soumettre à un prélèvement de 7,5 % après un abattement de 10 % (cases 1AT et 1BT). L’autre voie est le système du quotient, qui étale l’effet du barème (voir la fiche revenus exceptionnels).
Le plan d’épargne retraite (PER). Une rente de PER issue de versements déduits est une pension comme une autre, avec l’abattement de 10 %. En capital, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème sans abattement (case 1AI), et la part des gains subit le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % pour les gains perçus depuis le 1er janvier 2026 (case 2TZ). Le détail figure dans la fiche sur le plan d’épargne retraite.
L’indemnité de départ. L’indemnité de départ volontaire à la retraite est imposable en totalité ; celle de mise à la retraite par l’employeur est partiellement exonérée. La part imposable peut toujours passer au système du quotient (voir indemnités de rupture).
Retraite à l’étranger : où la pension est-elle imposée ?
Vous vivez en France et percevez une pension étrangère. Elle est imposable en France, sous réserve de la convention fiscale signée avec le pays qui la verse. Elle se déclare sur le formulaire 2047, puis en case 1AL, et aussi en case 8TK, si elle ouvre droit à un crédit d’impôt égal à l’impôt français (la convention réserve alors l’impôt à l’autre pays, mais la France en tient compte pour le taux), en case 1AM sinon. Si la pension est versée sur un compte bancaire à l’étranger, ce compte se déclare aussi, sur le formulaire 3916.
Vous vivez à l’étranger et percevez une pension française. Tout dépend de la convention fiscale avec votre pays de résidence. La plupart suivent le modèle de l’OCDE : pensions privées imposables seulement dans le pays de résidence, pensions publiques (fonctionnaires) en général imposables en France, avec des exceptions pour les nationaux du pays de résidence. Quand la France garde le droit d’imposer, la caisse applique une retenue à la source (article 182 A du Code général des impôts) dont le barème 2026 est de 0 % jusqu’à 17 275 € par an, 12 % jusqu’à 50 112 € et 20 % au-delà. Le non-résident déclare ensuite cette pension en case 1AL et sur l’annexe 2041 E, et la retenue en case 8TA. Les règles de fond sont expliquées dans la fiche sur les non-résidents.
Le domicile fiscal ne se choisit pas, il se constate. Dans un pays sans convention avec la France, un retraité dont la pension française est l’unique revenu peut être regardé par le juge comme ayant gardé en France le centre de ses intérêts économiques, donc son domicile fiscal ; le ministère a précisé en 2018 que cette jurisprudence concernait un pays sans convention et que chaque situation s’examine au cas par cas. Quand une convention existe, ses critères de résidence (foyer d’habitation permanent, puis centre des intérêts vitaux) tranchent. La fiche quitter la France détaille les démarches.
Comment déclarer sa pension de retraite ?
Les pensions de source française sont préremplies en case 1AS (déclarant 1) et 1BS (déclarant 2) de la déclaration 2042. Il faut vérifier chaque montant, le corriger s’il est inexact et ajouter ce qui n’est jamais prérempli, comme les pensions alimentaires reçues. Les capitaux taxés à 7,5 % vont en 1AT, les pensions alimentaires en 1AO. Pour les revenus de 2025, la déclaration en ligne devait être déposée au plus tard le 21 mai, le 28 mai ou le 4 juin 2026 selon le département ; la correction en ligne reste ouverte jusqu’au 30 novembre 2026.
La caisse de retraite applique chaque mois le taux de prélèvement à la source transmis par l’administration. Depuis le 1er septembre 2025, chaque membre d’un couple marié ou pacsé se voit appliquer par défaut un taux individualisé, calculé sur ses propres revenus ; le taux commun du foyer reste possible sur demande. Les pensions étrangères imposables en France sans crédit d’impôt donnent lieu à un acompte prélevé sur le compte bancaire.
Les erreurs à éviter
Appliquer le plafond des salaires. Un couple de retraités n’a pas droit à deux plafonds : 4 439 € pour le foyer, contre 14 555 € par salarié. L’oublier fausse toute simulation au-delà de 44 390 € de pensions.
Confondre prélèvement et impôt définitif. Le prélèvement à la source n’est qu’un paiement : l’impôt définitif se calcule sur la déclaration annuelle, qui doit comporter toutes les pensions.
Oublier une pension étrangère. Une petite pension allemande, suisse ou belge se déclare sur la 2047, même quand la convention ne laisse pas la France l’imposer : elle compte alors pour le taux.
Déclarer deux fois un capital. Un capital taxé à 7,5 % et prérempli en 1AS doit en être retranché quand il est reporté en 1AT.
Négliger le revenu fiscal de référence. Le RFR comprend aussi les revenus et plus-values imposés au taux forfaitaire. Une forte plus-value boursière une année peut relever le taux de CSG sur la pension deux ans plus tard, sauf pour un retraité au taux réduit, qui ne change de taux qu’après deux années de dépassement.
Questions fréquentes
La pension de réversion est-elle imposable ?
Oui. La pension de réversion est imposable comme une pension de retraite, avec l’abattement de 10 %, et soumise à la CSG selon le revenu fiscal de référence du bénéficiaire.
Le minimum vieillesse est-il imposable ?
Non. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et les autres prestations du minimum vieillesse ne se déclarent pas, pas plus que l’allocation personnalisée d’autonomie.
Quel est le montant de l’abattement de 10 % sur les retraites en 2026 ?
Pour les revenus de 2025 déclarés en 2026, l’abattement de 10 % sur les pensions est d’au moins 454 € par pensionné et d’au plus 4 439 € par foyer fiscal. Il s’applique automatiquement au total des pensions, retraites et rentes du foyer.
Quel taux de CSG sur ma retraite en 2026 ?
Il dépend du revenu fiscal de référence de 2024 et du nombre de parts : pour une personne seule, 0 % jusqu’à 13 048 €, 3,8 % jusqu’à 17 057 €, 6,6 % jusqu’à 26 472 € et 8,3 % au-delà. Avec la CRDS et la CASA, le total atteint 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 %.
Un retraité qui part vivre à l’étranger paie-t-il encore l’impôt en France ?
Cela dépend de la convention fiscale avec son nouveau pays. En règle générale, une pension privée devient imposable dans le pays de résidence, tandis qu’une pension publique reste imposable en France. Quand la France garde le droit d’imposer, la pension subit une retenue à la source de 0 %, 12 % ou 20 % selon les tranches de 2026.
Pour aller plus loin
- Taux moyen et taux marginal d’imposition
- Hébergement en établissement pour personne dépendante
- Emploi d’un salarié à domicile : le crédit d’impôt
- L’assurance-vie et sa fiscalité
Sources officielles
- Service-Public.fr — Impôt sur le revenu : déclarer les pensions de retraite
- Service-Public.fr — CSG et CRDS sur les revenus d’activité et de remplacement
- Service-Public.fr — Cumul emploi-retraite du salarié
- Service-Public.fr — Impôt sur le revenu d’un Français qui part vivre à l’étranger
- BOFiP — Tarif 2026 de la retenue à la source sur les pensions des non-résidents
- BOFiP — Pensions dans les conventions fiscales (BOI-INT-DG-20-20-50)
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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