Analyse SWOT de TotalEnergies : forces, faiblesses, opportunités et menaces
TotalEnergies, qui s’appelait Total jusqu’en mai 2021, extrait du pétrole et du gaz sur plusieurs continents, vend du gaz naturel liquéfié dans le monde entier, raffine, distribue des carburants et produit de plus en plus d’électricité. Voici son analyse SWOT, mise à jour avec les comptes de 2025 et du premier semestre 2026.
TotalEnergies en chiffres
- Résultat net ajusté 2025 : 15,6 milliards de dollars, en baisse de 15 %, avec un Brent moyen de 69,1 dollars le baril.
- Flux de trésorerie d’exploitation 2025 : 27,8 milliards de dollars, pour 17,1 milliards d’investissements nets.
- Production d’hydrocarbures 2025 : 2 529 000 barils équivalent pétrole par jour, en hausse de 4 %.
- Gaz naturel liquéfié : 43,9 millions de tonnes vendues en 2025, en hausse de 10 %.
- Électricité : 48 térawattheures nets produits en 2025 (+17 %) et 37,4 gigawatts bruts de capacités renouvelables installées à fin juin 2026.
- Présence : environ 120 pays, plus de 100 000 salariés.
- Premier semestre 2026 : 11,4 milliards de dollars de résultat net ajusté (+47 %), avec un Brent moyen de 92,3 dollars.
Forces de TotalEnergies
Un portefeuille mondial de gaz naturel liquéfié. Le groupe vend du gaz sur tous les continents ; ses ventes ont progressé de 10 % en 2025, et l’usine ECA LNG, au Mexique, a démarré début juillet 2026.
Une production qui croît. La production d’hydrocarbures a augmenté de 3,9 % en 2025, au-dessus de l’objectif. Le groupe vise 3 % en 2026 hors effet du Moyen-Orient ; au deuxième trimestre, de nouveaux projets au Brésil, aux États-Unis et en Libye ont compensé une partie des pertes dans le Golfe.
Un bilan peu endetté. Le ratio d’endettement est tombé à 13,1 % à fin juin 2026, et le groupe l’attend sous 10 % fin 2026. De quoi protéger un dividende que Patrick Pouyanné qualifiait de sacro-saint au printemps.
Un actionnaire choyé. Le dividende 2025 atteint 3,40 euros par action (+5,6 %), et 7,5 milliards de dollars d’actions ont été rachetées en 2025. Le 28 septembre 2026, le groupe a promis plus de 5 % de hausse du dividende par an jusqu’à l’exercice 2030.
Faiblesses de TotalEnergies
Une forte exposition au golfe Persique. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février 2026, le groupe a dû suspendre sa production au Qatar, en Irak et au large des Émirats arabes unis, soit environ 15 % de sa production. La perte atteignait encore 210 000 barils équivalent pétrole par jour au deuxième trimestre.
Un gaz naturel liquéfié en partie bloqué. Le Qatar, près de 20 % du marché mondial, restait en force majeure en septembre 2026, et deux lignes de liquéfaction de Ras Laffan touchées par des frappes demanderont trois ans de réparations. Le négoce de gaz a en outre déçu : le résultat du segment a reculé de 39 % au deuxième trimestre par rapport au premier.
Une électricité encore modeste. L’activité électricité intégrée a dégagé 2,2 milliards de dollars de résultat opérationnel net ajusté en 2025 (+2 %), quand le groupe affichait 15,6 milliards de résultat net ajusté. Le nom a changé plus vite que le compte de résultat.
Des projets controversés. En Ouganda, le champ de Tilenga, foré principalement dans le parc national de Murchison Falls, et son oléoduc de plus de 1 440 kilomètres vers la Tanzanie valent au groupe des mises en demeure d’organisations non gouvernementales pour atteintes aux droits humains et à l’environnement.
Opportunités pour TotalEnergies
Des prix tirés par la crise. Le Brent a atteint 103,8 dollars en moyenne au deuxième trimestre 2026, contre 69,1 dollars sur 2025, et clôturait encore vers 100 dollars le 7 octobre.
Le Mozambique relancé. Mozambique LNG, arrêté plus de quatre ans après des attaques djihadistes en 2021, est sorti de la force majeure. La construction a repris en janvier 2026, avancée à 42 % fin mars, pour une première production visée en 2029, si le calme revenu à Cabo Delgado dure.
La Namibie. Un échange avec Galp donne au groupe 40 % du permis de Mopane, comme opérateur, contre 10 % de celui de Venus et 9,39 % d’un permis voisin. Pour Venus, l’accord avec le gouvernement visé fin juillet 2026 n’était toujours pas conclu fin septembre, et des voix namibiennes demandent d’attendre une révision de la loi pétrolière.
L’électricité pilotable. TotalEnergies a finalisé le 29 avril 2026 l’achat de 50 % d’un portefeuille de plus de 14 gigawatts de centrales flexibles du groupe EPH, payé 5,1 milliards d’euros en actions : de quoi produire quand le vent et le soleil manquent.
Menaces pour TotalEnergies
La durée de la crise d’Ormuz. En avril, Patrick Pouyanné prévenait qu’un blocage prolongé du détroit ouvrirait « une ère de pénurie énergétique ». Début octobre 2026, les flux de brut auraient retrouvé leur niveau d’avant-guerre avec l’appui américain, mais l’Iran revendique toujours le contrôle du détroit et une dizaine d’attaques de navires y ont été signalées en octobre.
Le retour des prix bas. En 2025, un pétrole en repli de 15 % a fait reculer d’autant le résultat net ajusté. Une sortie de crise rapide ferait retomber les prix ; 2 dollars de moins par million de British thermal units sur le gaz européen coûtent environ 0,4 milliard de dollars de résultat.
La pression climatique. Le 23 octobre 2025, saisi par trois associations, le tribunal judiciaire de Paris a jugé trompeuses ses communications sur la neutralité carbone en 2050 et sur son rôle dans la transition énergétique, en rejetant l’essentiel des autres griefs. La condamnation est modeste ; le précédent ne l’est pas.
Principaux concurrents de TotalEnergies
- Pétrole et gaz : ExxonMobil, Chevron, Shell, BP, Eni.
- Gaz naturel liquéfié : Shell, QatarEnergy, à la fois partenaire et concurrent, et les exportateurs américains.
- Électricité : Engie, EDF, Iberdrola, RWE.
Le regard du trader
Je ne trade pas TotalEnergies : je ne trade qu’un seul marché, le future sur le Nasdaq. Mais je regarde le titre, parce qu’il pèse lourd dans le CAC 40 et qu’il est coté à New York depuis le 8 décembre 2025 sous forme d’actions ordinaires.
Trois choses le font bouger. D’abord le baril et le gaz européen : le 13 mars 2026, le groupe venait d’annoncer la suspension de 15 % de sa production, et l’action gagnait pourtant 4,6 % depuis le début du conflit, à 70,40 euros. Des prix plus hauts valaient mieux que des barils perdus. Ensuite les rachats d’actions, passés de 750 millions de dollars au premier trimestre 2026 à 2,5 milliards annoncés pour le quatrième. Enfin les nouvelles du golfe Persique.
Un pétrolier qui profite d’une guerre vit sur des prix qui ne durent pas. Le marché le sait, et c’est souvent à la sortie de crise que le titre corrige.
Cette analyse est informative et ne constitue pas un conseil en investissement.
Pour l’histoire du groupe, consultez la fiche de la société Total.
Sources
- TotalEnergies, résultats du quatrième trimestre et de l’année 2025, communiqué déposé à l’AMF (11 février 2026)
- TotalEnergies, résultats du deuxième trimestre et du premier semestre 2026 (23 juillet 2026)
- TotalEnergies, présentation Stratégie et Perspectives 2026 (28 septembre 2026)
- TotalEnergies, présence dans le monde
- MarketBeat / Yahoo Finance, conférence sur les résultats du premier trimestre 2026 (2 mai 2026)
- Business AM, TotalEnergies suspend 15 % de sa production mondiale (13 mars 2026)
- Connaissance des Énergies / AFP, Patrick Pouyanné et le détroit d’Ormuz (24 avril 2026)
- Qatar Living, trois ans de réparations pour deux lignes de Ras Laffan (21 septembre 2026)
- The Namibian, appels à retarder la décision sur Venus (29 septembre 2026)
- H24info / AFP, les flux de brut du détroit d’Ormuz retrouvent leur niveau initial (1er octobre 2026)
- Prix du baril, le pétrole remonte face aux risques sur Ormuz (7 octobre 2026)
- Public Sénat, TotalEnergies partiellement condamnée pour écoblanchiment (23 octobre 2025)
- ABC Bourse, un bénéfice de 11,4 milliards de dollars au premier semestre (23 juillet 2026)
- Wikipédia, TotalEnergies, section Ouganda
Les autres analyses SWOT
Les analyses SWOT du même secteur, ses concurrents d’abord :
| Secteur | Analyses SWOT |
|---|---|
| Énergie et environnement | ExxonMobil · Chevron · Shell · Saudi Aramco · Eni · Enel · Iberdrola · Siemens Energy · EDF · Engie (ex-GDF Suez) · E.ON · RWE |
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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