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Heures supplémentaires, primes et avantages en nature : l’impôt en 2026

Heures supplémentaires et RTT exonérés jusqu’à 7 500 €, prime de partage de la valeur, titres-restaurant, avantages en nature : ce qui est imposé en 2026.

Heures supplémentaires et primes, fiche du guide fiscal 2026 d’andlil sur fond bleu nuit

Les heures supplémentaires et complémentaires sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets par an et par salarié, pour les revenus de 2025 comme pour ceux de 2026 ; ce plafond inclut les jours de repos ou de RTT rachetés par l’employeur. La prime de partage de la valeur n’est exonérée d’impôt, jusqu’au 31 décembre 2026, que dans les entreprises de moins de 50 salariés et pour les salaires inférieurs à 3 SMIC, ou si elle est placée sur un plan d’épargne. Les avantages en nature, eux, sont imposables comme du salaire, à l’exception de la participation de l’employeur aux titres-restaurant, exonérée jusqu’à 7,32 € par titre en 2026.

Même exonérées d’impôt, ces sommes restent en grande partie soumises à la CSG et à la CRDS, et plusieurs entrent dans le revenu fiscal de référence, le revenu qui sert à apprécier vos droits à de nombreuses aides.

Les heures supplémentaires sont-elles imposables en 2026 ?

Non, jusqu’à 7 500 € par an. L’article 81 quater du Code général des impôts exonère d’impôt sur le revenu la rémunération des heures supplémentaires (au-delà de 35 heures par semaine ou de la durée applicable dans l’entreprise) et des heures complémentaires des salariés à temps partiel (au-delà de la durée prévue au contrat). Sont aussi visés les forfaits en heures et, pour les salariés au forfait en jours, la renonciation à des jours de repos au-delà de 218 jours travaillés par an. Les fonctionnaires et contractuels de la fonction publique en bénéficient également pour les heures qui dépassent leur durée de travail réglementaire.

Le plafond de 7 500 € s’entend en rémunération nette imposable ; son équivalent brut est de 8 037 €. Il vaut pour les revenus de 2025 déclarés en 2026 et pour ceux de 2026 déclarés au printemps 2027. Il n’est pas proratisé : un salarié à temps partiel ou embauché en cours d’année dispose du même plafond annuel. L’exonération couvre le paiement de ces heures et leur majoration, dans la limite du taux prévu par la convention collective ou, à défaut, par la loi : 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires de la semaine, 50 % pour les suivantes ; pour les heures complémentaires, 10 % dans la limite du dixième de la durée prévue au contrat, 25 % au-delà.

Le même plafond couvre la rémunération des jours de repos ou de RTT auxquels un salarié renonce, avec l’accord de son employeur, en échange d’un supplément de salaire. Cette « monétisation » est permise du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2026. Les deux sommes s’additionnent : 5 000 € d’heures supplémentaires et 3 000 € de RTT rachetés laissent 500 € imposables.

Ces heures bénéficient aussi d’une réduction de cotisations salariales. Côté employeur, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 21) a étendu aux entreprises de 250 salariés et plus, pour les périodes d’emploi à compter du 1er janvier 2026, la déduction forfaitaire de cotisations patronales sur les heures supplémentaires ; selon le ministère de l’Économie, elle est de 1,50 € par heure dans les entreprises de moins de 20 salariés et de 0,50 € au-delà. En revanche, la CSG et la CRDS restent dues, et la CSG prélevée sur ces heures n’est pas déductible de votre revenu imposable.

Le projet de loi de finances pour 2027 contient, selon la presse spécialisée, un amendement adopté en séance à l’Assemblée nationale qui porterait le plafond à 15 000 € pour les rémunérations perçues à partir de 2027. Au 23 octobre 2026, rien n’est voté : le plafond applicable reste de 7 500 €.

Exemple chiffré : un salarié qui dépasse le plafond

Marc est célibataire, sans enfant, et travaille pour un seul employeur. En 2025, son salaire net imposable hors heures supplémentaires est de 42 000 € et ses heures supplémentaires lui ont rapporté 9 000 € nets.

  1. Part exonérée : 7 500 €, déclarée en case 1GH.
  2. Part imposable des heures supplémentaires : 9 000 − 7 500 = 1 500 €, que l’employeur intègre au salaire imposable.
  3. Salaire imposable : 42 000 + 1 500 = 43 500 €.
  4. Après déduction de 10 % pour frais professionnels : 43 500 − 4 350 = 39 150 €.
  5. Impôt sur les revenus de 2025 : (29 579 − 11 600) × 11 % = 1 977,69 €, plus (39 150 − 29 579) × 30 % = 2 871,30 €, soit 4 849 € après arrondi.

Sans exonération, ses 51 000 € de salaire, ramenés à 45 900 € après la déduction de 10 %, donneraient un impôt de 1 977,69 + (45 900 − 29 579) × 30 % = 6 874 €. L’exonération lui fait donc économiser 2 025 €, soit les 7 500 € exonérés diminués de 10 % (6 750 €) multipliés par son taux marginal de 30 %. Son revenu fiscal de référence, lui, comprend les 7 500 € exonérés.

Prime de partage de la valeur : imposable ou non ?

La prime de partage de la valeur est une prime facultative que l’employeur peut verser chaque année, en une ou plusieurs fois, dans la limite d’un versement par trimestre. Son régime a changé le 1er janvier 2024 et changera de nouveau le 1er janvier 2027.

Prime versée du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2026Impôt sur le revenuCSG et CRDS
Entreprise de moins de 50 salariés, salaire des 12 derniers mois inférieur à 3 SMICExonérée jusqu’à 3 000 € par an (6 000 € avec un accord d’intéressement, ou de participation sous 50 salariés)Exonérées dans les mêmes limites
Entreprise de 50 salariés ou plus, ou salaire d’au moins 3 SMICImposable comme un salaireDues
Prime placée sur un plan d’épargne salariale ou retraite (PEE, PEI, Perco, Pereco, Pero)Exonérée jusqu’à 3 000 € ou 6 000 €Dues, sauf dans le cas de la première ligne

La prime est exonérée de cotisations sociales sous conditions. La CSG et la CRDS sont prélevées, sauf dans les entreprises de moins de 50 salariés pour les salariés payés moins de 3 SMIC, où la prime en est exonérée jusqu’au 31 décembre 2026, selon l’Urssaf et le ministère de l’Économie. Le plafond de 6 000 € s’applique aussi, sans condition, dans les associations et fondations reconnues d’utilité publique et dans les établissements et services d’aide par le travail. Pour une prime versée à partir du 1er janvier 2027, elle sera soumise à l’impôt et à la CSG-CRDS quelle que soit la taille de l’entreprise, sauf affectation à un plan d’épargne, tout en restant exonérée de cotisations sociales.

Le placement sur un plan d’épargne entreprise mérite d’être compris avant d’être choisi : la somme est exonérée d’impôt, mais bloquée en principe cinq ans, et ses gains supporteront les prélèvements sociaux à la sortie. Le fonctionnement de ces plans est décrit dans la fiche sur l’épargne salariale, qui traite aussi de l’intéressement et de la participation.

Avantages en nature et titres-restaurant : ce qui est imposé

Un avantage en nature est un bien ou un service que l’employeur vous fournit gratuitement, ou moyennant une participation inférieure à sa valeur, pour vos besoins personnels : un logement, des repas, une voiture, un téléphone. Il est imposable comme du salaire. Il est évalué selon les règles de la sécurité sociale, et sa valeur est déjà comprise dans le salaire net imposable transmis par l’employeur et prérempli sur votre déclaration.

  • Repas : 5,45 € par repas en 2025 (10,90 € par jour), 5,50 € en 2026 (11,00 € par jour) ; 4,22 € par repas en 2025 pour les salariés des hôtels, cafés et restaurants.
  • Logement : forfait mensuel selon la rémunération et le nombre de pièces. Pour les revenus de 2025, il va de 78,70 € par mois pour un logement d’une pièce (42,10 € par pièce principale pour un logement plus grand) sous 1 962,50 € de rémunération brute mensuelle, à 222,70 € (209,60 € par pièce principale) à partir de 5 887,50 €. Chauffage, eau, gaz, électricité et garage sont compris. L’employeur peut aussi retenir la valeur locative cadastrale.
  • Véhicule de fonction : l’usage privé est évalué sur les dépenses réelles ou, sur option de l’employeur, au forfait. Pour un véhicule 100 % électrique mis à disposition entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2027, l’avantage est réduit de 50 %, dans la limite de 4 582 € par an pour un véhicule mis à disposition depuis le 1er février 2025 (2 000,30 € avant).
  • Ordinateur, téléphone : l’usage privé est évalué sur les dépenses réelles ou forfaitairement à 10 % du coût d’achat ou de l’abonnement annuel.

Les titres-restaurant obéissent à une règle inverse : la participation de l’employeur est exonérée d’impôt et de cotisations, dans la limite de 7,26 € par titre en 2025 et de 7,32 € pour les titres émis depuis le 1er janvier 2026, à condition qu’elle représente entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. Pour bénéficier de l’exonération maximale en 2026, un titre doit donc valoir entre 12,20 € et 14,64 €.

D’autres aides de l’employeur sont exonérées d’impôt dans certaines limites. Pour 2025, la brochure de l’administration cite notamment la participation aux chèques-vacances (dans la limite du SMIC mensuel, 1 802 €), la prise en charge obligatoire des abonnements de transport public, la prime de transport et le forfait mobilités durables (600 € par an au total, dont 300 € au plus pour le carburant), et l’aide aux services à la personne, par exemple sous forme de chèque emploi service universel (2 540 € par an). Les indemnités qui couvrent des dépenses personnelles (loyer, chauffage, vêtements) sont en revanche imposables.

Comment déclarer heures supplémentaires et primes ?

Sur la déclaration de revenus de 2025 déposée en 2026, les heures supplémentaires et RTT exonérés (cases 1GH à 1JH) et la prime de partage de la valeur exonérée (cases 1AD à 1DD) sont préremplis à partir des informations de l’employeur : vérifiez-les avec votre dernier bulletin de paie de l’année et corrigez-les s’ils sont inexacts. Les pourboires exonérés, eux, sont à indiquer en cases 1PB à 1PE, même s’ils ne sont pas imposés. Si vous bénéficiez du plafond de 6 000 € pour la prime de partage de la valeur, cochez la case 1AV (1BV pour le second déclarant).

Les montants exonérés ne sont pas imposés, mais il faut les déclarer : ils entrent dans le revenu fiscal de référence. La part imposable (heures supplémentaires au-delà de 7 500 €, prime de partage de la valeur non exonérée, avantages en nature) est incluse dans le salaire prérempli en case 1AJ. Pour les dates de dépôt, voyez la fiche sur le calendrier de la déclaration.

Les erreurs à éviter

Croire les heures supplémentaires exonérées de tout. L’exonération porte sur l’impôt sur le revenu et sur une partie des cotisations salariales. La CSG et la CRDS restent dues, et cette CSG n’est pas déductible.

Oublier le cumul de plusieurs employeurs. Chaque employeur applique le plafond de son côté, si bien que le total peut dépasser 7 500 €. Selon la brochure de l’administration, la fraction qui dépasse 7 500 € est alors ajoutée automatiquement au salaire imposable : ne la retranchez pas vous-même, mais vérifiez le calcul sur votre avis d’impôt.

Supposer que toute prime de partage de la valeur est exonérée. Depuis 2024, elle ne l’est d’impôt que sous 50 salariés et 3 SMIC, ou si elle est placée sur un plan. Ailleurs, elle s’ajoute au salaire imposable.

Prendre une réforme annoncée pour une règle. Le plafond de 15 000 € pour les heures supplémentaires n’est qu’un amendement au projet de loi de finances pour 2027. Seule la fin de l’exonération d’impôt de la prime de partage de la valeur au 1er janvier 2027 est déjà prévue.

Déduire la valeur d’un repas fourni par l’employeur. Un repas fourni est un avantage en nature imposable ; il ne se déduit pas en frais réels. Si vous optez pour les frais réels, retirez aussi de vos frais de repas la participation de l’employeur aux titres-restaurant.

Questions fréquentes

Quel est le plafond d’exonération des heures supplémentaires en 2026 ?

7 500 € nets par an et par salarié, soit 8 037 € bruts, pour les revenus de 2025 comme pour ceux de 2026. Ce plafond est commun avec la rémunération des jours de RTT rachetés et n’est pas réduit pour un temps partiel.

Les heures supplémentaires comptent-elles dans le revenu fiscal de référence ?

Oui. Les heures supplémentaires exonérées sont ajoutées au revenu fiscal de référence, comme la prime de partage de la valeur exonérée et les pourboires exonérés. Un salarié qui en fait beaucoup peut ainsi franchir un seuil d’aide sociale sans payer un euro d’impôt de plus.

La prime de partage de la valeur est-elle imposable en 2026 ?

Cela dépend. Jusqu’au 31 décembre 2026, elle est exonérée d’impôt jusqu’à 3 000 € (6 000 € avec un accord d’intéressement) dans les entreprises de moins de 50 salariés pour les salariés payés moins de 3 SMIC, ou si elle est placée sur un plan d’épargne salariale ou retraite. Sinon, elle est imposable comme un salaire. La CSG et la CRDS sont dues, sauf, jusqu’au 31 décembre 2026, dans les entreprises de moins de 50 salariés pour les salariés payés moins de 3 SMIC.

Les titres-restaurant sont-ils imposables ?

Non, dans la limite de 7,32 € de participation de l’employeur par titre émis en 2026 (7,26 € en 2025), si cette participation représente entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. Au-delà, l’excédent est un complément de salaire imposable.

Les pourboires sont-ils imposables ?

Ils sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux jusqu’au 31 décembre 2028 pour un salarié en contact avec la clientèle dont la rémunération ne dépasse pas 1,6 SMIC (2 282,09 € nets par mois pour 2025). Ils doivent être déclarés en case 1PB et entrent dans le revenu fiscal de référence.

Pour aller plus loin

Sources officielles

Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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