PIB américain : l’événement majeur de l’année

Billet du 27 septembre 2012, jour de publication du PIB américain ; présenté comme une opinion, chiffres vérifiés en octobre 2026.
Aujourd’hui à 14h30 nous avons les résultats du PIB américain pour le deuxième trimestre 2012 (troisième estimation). Je le répète tous les trimestres, c’est l’événement le plus important de l’année avec les trois autres trimestres.
En effet, les résultats du PIB américain permettent d’avoir une image réelle de l’économie américaine, fait une sorte de point, un check-up. Pour mesurer l’impact de ce PIB sur la bourse, le PIB américain publié fin juillet 2012, à plus 1,5 %, a très largement permis aux bourses mondiales de monter pendant trois mois. En effet l’économie américaine est primordiale pour l’économie mondiale : les Américains représentent environ un dixième du commerce mondial de marchandises (8,4 % des exportations et 12,6 % des importations en 2012), ils sont la première puissance industrielle, technologique, militaire, agricole, financière… Et la liste est encore longue.
Pourquoi l’économie américaine entraîne-t-elle le monde ?
Ainsi quand Bob a du travail et qu’il consomme, c’est toute l’économie mondiale qui se met en branle : des emplois se créent dans le monde entier, les usines chinoises tournent à plein, les pays en développement se développent (qui a réalisé en France que le Brésil est la sixième puissance économique au monde devant le Royaume-Uni ?)… Et cela crée aussi de l’emploi en France puisque les entreprises américaines comptent parmi les premiers investisseurs étrangers en France. Quand leur économie va mal, ils arrêtent leurs investissements à l’étranger et le BTP par exemple est touché de plein fouet.
Au niveau boursier, les quatre trimestres du PIB américain marquent assez souvent des ruptures de tendance. Il est le prétexte d’investir ou de prendre ses bénéfices, nous sommes donc à une date charnière où les marchés peuvent continuer sur leur lancée haussière si le PIB américain est meilleur que prévu ou bien rechuter et nous faire perdre en quelques semaines les trois mois de hausse.

Le chiffre est donc extrêmement attendu, tant au niveau des traders de Wall Street que des chargés de commande en Chine.
Alan Greenspan est-il à l’origine de la crise ?
Je reste souvent fasciné par la capacité qu’ont les États-Unis d’Amérique à créer de la croissance, ils ont réalisé plus 1,5 % de croissance alors que nous espérons 0,2 % de croissance au mieux pour cette année. En une année, ils progressent plus que nous en 5 ans… C’est d’autant plus impressionnant que comme ils sont la première puissance économique au monde, il est plus difficile de progresser. Un pays en sous-développement qui fait plus 5 % par an, c’est raisonnable car il est facile de progresser quand on part de très bas.

Mon opinion : la crise ne vient pas seulement des subprimes, ses origines remontent à la politique d’Alan Greenspan : avant 2007, l’économie américaine progressait tellement vite que par peur de l’inflation la Réserve fédérale américaine, présidée par Alan Greenspan, s’est mise à monter les taux d’intérêt de manière extrêmement rapide (de 1 % en juin 2004 à 5,25 % en juin 2006) pour réduire la croissance. Tout le monde semble l’avoir oublié, c’était seulement il y a sept ans, on parlait alors d’atterrissage de l’économie américaine en douceur. Les taux d’intérêt étaient tellement élevés qu’il suffisait de prendre une position put pour encaisser de l’argent chaque nuit. C’est en faisant monter les taux d’intérêt pour ralentir le boom de l’économie américaine que la crise des subprimes est apparue. Ben Bernanke essaie juste de réparer les erreurs d’Alan Greenspan, c’est pour cela que maintenant nous avons des taux d’intérêt extrêmement bas dans l’espoir de faire repartir une économie cassée, selon moi, par une politique si soucieuse de l’inflation qu’elle a presque créé une récession.
Questions fréquentes sur le PIB américain
Pourquoi le PIB américain est-il si suivi par les marchés ?
Parce qu’il donne une image réelle de l’économie américaine, primordiale pour l’économie mondiale. Ses publications trimestrielles marquent souvent des ruptures de tendance : prétexte à investir ou à prendre ses bénéfices.
Quel poids les États-Unis ont-ils dans le commerce mondial ?
Environ un dixième du commerce mondial de marchandises : 8,4 % des exportations et 12,6 % des importations en 2012. Ils sont aussi la première puissance industrielle, technologique, militaire, agricole et financière.
Quelle est la thèse de l’article sur Alan Greenspan ?
Selon l’auteur, la crise ne vient pas seulement des subprimes : en relevant très vite ses taux de 2004 à 2006 pour freiner une économie en surchauffe, la Fed d’Alan Greenspan aurait provoqué la crise que Ben Bernanke a ensuite tenté de réparer avec des taux très bas.
Sources de référence utilisées
3
- Bureau of Economic Analysis, PIB du deuxième trimestre 2012, troisième estimation, 27 septembre 2012.
- Organisation mondiale du commerce, Statistiques du commerce international 2013, tableau I.7.
- Réserve fédérale, décisions du FOMC sur le taux cible des fonds fédéraux (2003-2008) et archives (2000-2002).
Pour aller plus loin
- La Fed, le rôle de la banque centrale américaine et de son taux directeur.
- La crise des subprimes, les causes et le déroulement du krach de 2008, au-delà de la seule politique monétaire.
- Ben Bernanke, le successeur d’Alan Greenspan, qui a ramené les taux près de zéro.
- Le produit intérieur brut, ce que mesure le chiffre trimestriel attendu par les marchés.
- La politique monétaire, comment une banque centrale freine ou relance l’économie par ses taux.
- Crise ou évolution ?, le lendemain de cette publication, un autre regard sur la croissance américaine et le mot « crise ».
Sur le forum
- Quarante ans de PIB, un fil très suivi qui retrace quarante ans de PIB
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Benoist Rousseau est trader depuis 1994, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), et titulaire d'une maîtrise d'histoire de Paris IV-Sorbonne. Préfacier de Gustave Le Bon, il analyse l'actualité avec le réflexe du trader et le recul de l'historien. Il applique ces principes au sein de son école de trading pour vous enseigner une véritable stratégie de trading. Dans la rubrique États-Unis, il étudie les ressorts et les limites de la puissance américaine, sans anti-américanisme ni fascination.
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