Travaux d’économie d’énergie en location : fin du crédit d’impôt bailleur
Supprimé en 2014, l’ancien crédit d’impôt des bailleurs pour travaux d’énergie a laissé place au déficit foncier, porté à 21 400 €, et à MaPrimeRénov’.


Quel crédit d’impôt existait pour les travaux d’économie d’énergie d’un logement loué ?
Ce crédit d’impôt a été supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2014. Auparavant, vous pouviez bénéficier d’un crédit d’impôt si vous réalisiez, à partir du 1er janvier 2009, des dépenses en faveur du développement durable et des économies d’énergie dans les logements que vous proposiez en location. Pour cela :
- Le logement devait avoir plus de deux ans d’ancienneté
- Le locataire louait ce logement, vide, en tant que logement principal
- Vous vous engagiez à louer ce logement durant au moins 5 ans
Le plafond de ce crédit d’impôt était de 8 000 € de dépenses par logement sur la période, dans la limite de trois logements par an. Les taux étaient les mêmes que ceux de l’habitation principale, c’est-à-dire, pour les dépenses payées en 2012 :
| Nature des dépenses | Taux, dépenses payées en 2012 | Taux majoré (bouquet de travaux), dépenses payées en 2012 |
|---|---|---|
| Chaudières à condensation | 10 % | 18 % |
| Appareils de régulation de chauffage, matériaux de calorifugeage | 15 % | |
| Matériaux d’isolation thermique des parois vitrées, volets isolants, portes d’entrée donnant sur l’extérieur | 10 % (en maison individuelle, le crédit d’impôt n’était ouvert qu’en cas de bouquet de travaux) | 18 % (la majoration en cas de bouquet de travaux concernait uniquement les matériaux d’isolation thermique des parois vitrées) |
| Matériaux d’isolation thermique des parois opaques | 15 % | 23 % |
| Équipement de raccordement à un réseau de chaleur | 15 % | |
| Appareil de chauffage au bois ou autres biomasses (en remplacement d’un appareil équivalent) | 26 % | 34 % |
| Appareil de chauffage au bois ou autres biomasses (ne venant pas en remplacement d’un appareil équivalent) | 15 % | 23 % |
| Pompe à chaleur autres que air/air et non géothermiques | 15 % | 23 % |
| Pompe à chaleur géothermiques | 26 % | 34 % |
| Pompe à chaleur dédiée à la production d’eau chaude sanitaire | 26 % | 34 % |
| Pose de l’échangeur de chaleur souterrain des pompes à chaleur géothermiques | 26 % | 34 % |
| Équipement de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil | 11 % | |
| Autres équipements utilisant une source d’énergie renouvelable (éolien, hydraulique, chauffe-eau solaire, etc.) | 32 % | 40 % |
| Chaudière à micro-cogénération gaz | 17 % | 26 % |
| Équipements de récupération et de traitement des eaux pluviales | 15 % | |
| Diagnostic de performance énergétique | 32 % |
Pour plus d’information sur les réductions, crédits d’impôt et niches fiscales, vous pouvez consulter la page du guide de la fiscalité.
En 2026, un propriétaire bailleur ne peut donc plus obtenir de crédit d’impôt pour ses travaux. Les dépenses de rénovation énergétique d’un logement loué nu se déduisent de ses revenus fonciers ; si elles créent un déficit, celui-ci s’impute sur le revenu global jusqu’à 21 400 € par an lorsque les travaux font sortir le logement des classes E, F ou G, pour les dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2027. Le bailleur peut aussi demander MaPrimeRénov’ et un éco-prêt à taux zéro.
Comment fonctionnait le crédit d’impôt des bailleurs ?
Le crédit d’impôt « développement durable » (article 200 quater du Code général des impôts) visait d’abord l’habitation principale. Il a été étendu aux propriétaires bailleurs pour les dépenses payées à partir de 2009, aux conditions suivantes :
- être fiscalement domicilié en France et louer le logement nu, à usage d’habitation principale, à une personne autre qu’un membre du foyer fiscal ;
- louer pendant au moins cinq ans, à compter des travaux si le logement était déjà loué, ou de la mise en location, qui devait intervenir dans les douze mois ;
- respecter un plafond de 8 000 € de dépenses par logement sur la période, indépendant de la situation de famille et distinct du plafond de l’habitation principale ;
- ne pas dépasser trois logements par an et par foyer.
Comme tout crédit d’impôt, il était remboursé si l’impôt était insuffisant (voir la fiche sur la différence entre réduction et crédit d’impôt). En contrepartie, la dépense retenue pour le crédit ne se déduisait pas des revenus fonciers ; seule la fraction au-delà du plafond restait déductible.
Quand et pourquoi le crédit a-t-il pris fin ?
L’article 74 de la loi n° 2013-1278 du 29 décembre 2013 de finances pour 2014 a supprimé le crédit d’impôt pour les dépenses des propriétaires bailleurs payées à compter du 1er janvier 2014. La même loi a réservé le crédit de l’habitation principale aux « bouquets » d’au moins deux travaux, sauf pour les ménages modestes.
L’administration a précisé que ces dépenses peuvent désormais être déduites des revenus fonciers selon le droit commun. Le crédit de l’habitation principale, devenu crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) en 2014, a ensuite été remplacé par MaPrimeRénov’, une prime de l’Agence nationale de l’habitat (voir la fiche sur la rénovation énergétique).
Que reste-t-il pour ceux qui en ont bénéficié ?
Les dernières dépenses éligibles ont été payées en 2013 : l’engagement de location de cinq ans, que l’administration demandait de respecter jusqu’à son terme, est échu, et le délai dont elle disposait pour reprendre un crédit en cas de rupture aussi.
Reste un point pratique : les dépenses qui avaient ouvert droit au crédit n’ont pas pu être déduites des revenus fonciers, et ne peuvent pas l’être après coup. Pour le calcul d’une plus-value à la revente, la prise en compte de travaux dans le prix d’acquisition obéit à des règles propres (voir la fiche sur la plus-value immobilière).
Que peut faire un bailleur en 2026 pour ses travaux ?
Déduire les travaux de ses revenus fonciers. Au régime réel, les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration, dont la rénovation énergétique, se déduisent des loyers ; pas ceux de construction, d’agrandissement ou de transformation. Sous 15 000 € de loyers bruts, il faut renoncer au micro-foncier, qui ne permet aucune déduction, par une option pour le réel irrévocable pendant trois ans (voir la fiche sur les revenus fonciers).
Imputer le déficit sur le revenu global. La part du déficit qui vient de charges autres que les intérêts d’emprunt s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Ce plafond passe à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique qui font passer le logement d’une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D du diagnostic de performance énergétique, avec un devis accepté à partir du 5 novembre 2022 et des dépenses payées du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2027. L’imputation est remise en cause si le logement cesse d’être loué dans les trois ans qui suivent (voir la fiche sur le déficit foncier).
Un exemple. En 2026, un bailleur touche 9 000 € de loyers d’un appartement loué nu, classé F. Il paie 3 000 € de charges (taxe foncière, assurance, gestion) et 21 000 € de travaux d’isolation et de chauffage qui le font passer en classe D, sans emprunt.
- Résultat foncier : 9 000 € − 3 000 € − 21 000 € = −15 000 €.
- Imputation sur le revenu global : le déficit de 15 000 € est inférieur au plafond de 21 400 € ; il s’impute en totalité sur les revenus de 2026.
- Économie d’impôt sur le revenu au taux marginal de 30 % : 15 000 € × 30 % = 4 500 €.
- Sans le relèvement à 21 400 €, seuls 10 700 € auraient été imputés (3 210 € d’économie) et 4 300 € reportés sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
À titre de comparaison, sous l’ancien crédit d’impôt, des travaux d’isolation des parois opaques payés en 2012, hors bouquet de travaux, auraient donné au plus 8 000 € × 15 % = 1 200 €. Le barème des revenus de 2026 n’est pas encore voté au 23 octobre 2026 ; l’exemple retient les taux du barème des revenus de 2025, et l’économie réelle dépend de votre tranche.

Demander MaPrimeRénov’. L’aide de l’Agence nationale de l’habitat est ouverte aux propriétaires bailleurs, en fonction de leurs propres revenus. Le logement doit avoir été construit depuis au moins 15 ans (2 ans pour certains équipements du parcours par geste), être loué en résidence principale dans l’année suivant la demande de solde et le rester au moins 6 ans. La rénovation d’ampleur vise les logements classés E, F ou G. Côté impôt, l’article 29 du Code général des impôts, tel que le commente l’administration, prévoit qu’une subvention, notamment de l’Anah, qui finance des travaux déductibles s’ajoute aux loyers de l’année où elle est encaissée, et que les travaux se déduisent alors en totalité ; une aide qui finance des travaux non déductibles (agrandissement, construction) n’est pas imposable. Le Bulletin officiel des finances publiques ne cite pas MaPrimeRénov’ par son nom, mais cette prime versée par l’Anah relève a priori de cette règle.
Financer par l’éco-prêt à taux zéro. Il est ouvert aux bailleurs sans condition de ressources, pour un logement de plus de 2 ans loué en résidence principale dans les 6 mois suivant les travaux ; de 7 000 € à 30 000 € selon les travaux.
Acheter pour rénover. Pour un logement acquis depuis le 21 février 2026 avec de lourds travaux, puis loué nu, voir le dispositif « Relance logement » dans la fiche sur l’investissement locatif aidé.
Questions fréquentes
Existe-t-il encore un crédit d’impôt pour les travaux d’un logement loué en 2026 ?
Non. Le crédit d’impôt des propriétaires bailleurs a été supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2014. Les travaux se déduisent désormais des revenus fonciers, au régime réel.
Un propriétaire bailleur peut-il toucher MaPrimeRénov’ ?
Oui, sous conditions de ressources du bailleur : le logement doit être loué en résidence principale au moins 6 ans et, en règle générale, construit depuis au moins 15 ans.
Peut-on déduire des revenus fonciers des travaux financés par MaPrimeRénov’ ?
Oui, en totalité. En contrepartie, une subvention de l’Anah qui finance des travaux déductibles s’ajoute aux loyers de l’année où vous l’encaissez, selon l’article 29 du Code général des impôts tel que le commente l’administration ; MaPrimeRénov’, versée par l’Anah, relève a priori de cette règle, sans que l’administration l’ait commentée nommément.
Les travaux en location meublée suivent-ils les mêmes règles ?
Non. En location meublée non professionnelle au régime réel, les travaux sont des charges ou s’amortissent, et le déficit ne s’impute que sur les revenus de location meublée, jamais sur le revenu global.
Sources de référence utilisées
6
- BOFiP — Crédit d’impôt pour la transition énergétique, bénéficiaires et suppression du volet bailleurs (BOI-IR-RICI-280-10-10)
- BOFiP — Plafonds du crédit d’impôt développement durable, version de 2012 (BOI-IR-RICI-280-20-20)
- BOFiP — Revenus fonciers, dépenses de travaux financées par une subvention (BOI-RFPI-BASE-20-30-30, § 60)
- Service-Public.fr — Revenus locatifs (location non meublée) et déficit foncier
- Service-Public.fr — MaPrimeRénov’
- Service-Public.fr — Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
Pour aller plus loin
- Le plafonnement global des niches fiscales, la limite de 10 000 € par an et par foyer, portée à 18 000 € pour certains avantages, et les dispositifs qui y échappent
- Taux moyen et taux marginal d’imposition, ce que coûte un euro de revenu en plus, et pourquoi le taux réellement payé est bien plus bas
- Qu’est-ce qu’un abattement fiscal ?, une somme fixe ou un pourcentage retranché d’un revenu, d’une plus-value ou d’un patrimoine transmis avant le calcul de l’impôt
- Taxe foncière et résidence secondaire, la taxe foncière, la taxe d’habitation qui demeure sur les résidences secondaires, sa majoration et la taxe sur les logements vacants
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Benoist Rousseau est trader depuis 1994, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), et titulaire d'une maîtrise d'histoire de Paris IV-Sorbonne. Ancien historien d'entreprise pour un groupe du CAC 40, il figure dans le Top 10 des influenceurs économiques du magazine Challenges. Il aborde aussi la fiscalité du trader dans son école de trading, au sein d'une formation trading complète. Dans la rubrique Fiscalité, il explique l'imposition de l'épargne, de la bourse et du trading en France, avec les chiffres de l'année et les sources officielles, sans conseil fiscal personnalisé.
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