Rénovation énergétique en 2026 : du crédit d’impôt à MaPrimeRénov’
Le crédit d’impôt pour la transition énergétique a disparu : ce qu’il était, pourquoi il a pris fin, et MaPrimeRénov’, l’éco-PTZ et la TVA à 5,5 % en 2026.


Quel était le crédit d’impôt pour la qualité environnementale de l’habitation principale ?
Ce crédit d’impôt n’existe plus : remplacé par la prime MaPrimeRénov’ pour les ménages modestes en 2020, il l’a été pour tous les propriétaires occupants en 2021. Quand cet article a été écrit, en 2013, si votre logement principal était situé en France et qu’il avait été construit il y a plus de 2 ans, vous pouviez bénéficier d’un crédit d’impôt sur vos travaux en faveur des économies d’énergie. Ce crédit s’appliquait de la même manière si vous étiez propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit.
En 2026, aucun crédit d’impôt général ne récompense plus l’isolation ou le changement de chauffage. L’aide passe par trois canaux : la prime MaPrimeRénov’ versée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) selon vos revenus, l’éco-prêt à taux zéro, accordé sans condition de ressources, et un taux réduit de TVA de 5,5 % appliqué directement sur la facture.
Les dépenses en travaux qui ouvraient droit à ce crédit d’impôt étaient les suivantes :
- Économies d’énergie
- Isolation thermique
- Équipements de production d’énergie utilisant une source d’énergie renouvelable
- Les équipements de récupération et de traitement des eaux pluviales
- Les diagnostics de performance énergétique
Le taux du crédit d’impôt variait selon la nature des dépenses et le nombre de travaux effectués : si vous aviez effectué plus d’une dépense en faveur des économies d’énergie, vous disposiez parfois d’un taux majoré appelé « bouquet de travaux ». Le tableau ci-dessous donne les taux des dépenses payées en 2012 ; il n’a plus qu’une valeur historique.
| Nature des dépenses | Taux, dépenses payées en 2012 | Taux majoré (bouquet de travaux), dépenses payées en 2012 |
|---|---|---|
| Chaudières à condensation | 10 % | 18 % |
| Appareils de régulation de chauffage, matériaux de calorifugeage | 15 % | |
| Matériaux d’isolation thermique des parois vitrées, volets isolants, portes d’entrée donnant sur l’extérieur | 10 % (en maison individuelle, le crédit d’impôt n’était ouvert qu’en cas de bouquet de travaux) | 18 % (la majoration en cas de bouquet de travaux concernait uniquement les matériaux d’isolation thermique des parois vitrées) |
| Matériaux d’isolation thermique des parois opaques | 15 % | 23 % |
| Équipement de raccordement à un réseau de chaleur | 15 % | |
| Appareil de chauffage au bois ou autres biomasses (en remplacement d’un appareil équivalent) | 26 % | 34 % |
| Appareil de chauffage au bois ou autres biomasses (ne venant pas en remplacement d’un appareil équivalent) | 15 % | 23 % |
| Pompes à chaleur autres que air/air et non géothermiques | 15 % | 23 % |
| Pompes à chaleur géothermiques | 26 % | 34 % |
| Pompe à chaleur dédiée à la production d’eau chaude sanitaire | 26 % | 34 % |
| Pose de l’échangeur de chaleur souterrain des pompes à chaleur géothermiques | 26 % | 34 % |
| Équipement de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil | 11 % | |
| Autres équipements utilisant une source d’énergie renouvelable (éolien, hydraulique, chauffe-eau solaire, etc.) | 32 % | 40 % |
| Chaudière à micro-cogénération gaz | 17 % | 26 % |
| Équipements de récupération et de traitement des eaux pluviales | 15 % | |
| Diagnostic de performance énergétique | 32 % |
Quel était le plafond du crédit d’impôt pour la rénovation énergétique ?
Ce crédit d’impôt était plafonné à 8 000 € de dépenses par personne (donc 16 000 € pour un couple soumis à imposition commune), plus 400 € par personne à charge (cette somme étant divisée par deux en cas de résidence alternée), sur une période de cinq années consécutives.
Les critères de sélection des équipements considérés comme améliorant la qualité environnementale étaient assez stricts ; ils figuraient chaque année dans la brochure pratique de l’impôt sur le revenu.
Pour plus d’information sur les réductions, crédits d’impôt et niches fiscales, vous pouvez consulter la page du Guide fiscal.
Pourquoi le crédit d’impôt a-t-il disparu ?
Le crédit d’impôt pour la transition énergétique, nom qu’avait pris dans ses dernières années ce crédit codifié à l’article 200 quater du Code général des impôts, n’arrivait qu’après coup : les travaux payés une année ouvraient droit au crédit l’été de l’année suivante, au calcul de l’impôt. Le ménage devait donc avancer toute la facture.
La loi de finances pour 2020 (loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019) a créé une prime, MaPrimeRénov’, versée au moment des travaux et non plus un an après. La réforme s’est faite en deux temps, selon la réponse du ministre publiée au Journal officiel le 7 juillet 2020 : en 2020, la prime a été réservée aux ménages modestes et très modestes, tandis que le crédit d’impôt subsistait pour les autres sous la forme d’un montant forfaitaire par type de travaux ; en 2021, la prime a été ouverte à tous les propriétaires occupants, « achevant ainsi de remplacer » le crédit d’impôt.
Ce qui reste pour les anciens bénéficiaires. Le crédit d’impôt était acquis l’année du paiement de la facture et remboursé une fois pour toutes ; il ne comportait ni engagement de durée ni étalement. Il n’en reste donc rien à déclarer en 2026, et l’administration ne peut en principe plus remettre en cause un crédit aussi ancien, son délai de reprise étant expiré.
MaPrimeRénov’ en 2026 : qui y a droit et pour quels travaux ?
MaPrimeRénov’ est une aide de l’Anah, pas un avantage fiscal : elle ne passe pas par la déclaration de revenus. Elle est versée aux propriétaires, occupants ou bailleurs, et aux titulaires d’un droit réel comme un usufruitier. Le logement doit avoir au moins 15 ans à la date de la décision d’octroi (2 ans seulement, dans le parcours par geste, pour une pompe à chaleur géothermique ou air/eau ou un raccordement à un réseau de chaleur) et être occupé, ou loué, à titre de résidence principale. Un propriétaire bailleur s’engage à louer au moins 6 ans.
Les ressources sont celles de toutes les personnes du logement, mesurées par le revenu fiscal de référence (le revenu qui figure sur l’avis d’imposition et sert de base aux aides) de l’année précédant la demande. Hors Île-de-France, pour une personne seule, les plafonds en vigueur en 2026 sont de 17 363 € (ménage très modeste), 22 259 € (modeste) et 31 185 € (intermédiaire) ; pour un foyer de quatre personnes, de 35 676 €, 45 735 € et 64 550 €. Ils sont plus élevés en Île-de-France.
Il existe deux parcours :
- Le parcours par geste finance un équipement isolé. En métropole, en 2026, il ne couvre plus que les pompes à chaleur géothermiques ou air/eau, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose d’une cuve à fioul et l’audit énergétique. Les ménages aux ressources supérieures n’y ont pas accès en métropole. Les travaux doivent être confiés à un professionnel reconnu garant de l’environnement (RGE) et ne commencer qu’après l’accusé de réception de la demande par l’Anah.
- La rénovation d’ampleur finance un ensemble de travaux qui fait gagner au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique (DPE), dans un logement classé E, F ou G, avec au moins deux postes d’isolation. Le rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ et l’accompagnement par Mon Accompagnateur Rénov’ sont obligatoires. Depuis le 1er septembre 2026, elle n’est plus accordée si une maison individuelle garde un chauffage au gaz.
| Rénovation d’ampleur (métropole) | Très modestes | Modestes | Intermédiaires | Supérieures |
|---|---|---|---|---|
| Gain de 2 classes (plafond 30 000 € HT) | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % |
| Gain de 3 classes ou plus (plafond 40 000 € HT) | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % |
| Total des aides plafonné à | 100 % du TTC | 90 % du TTC | 80 % du TTC | 50 % du TTC |
Éco-prêt à taux zéro et TVA à 5,5 % : les deux aides sans condition de revenus
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) est un prêt sans intérêts, distribué par les banques, pour des travaux dans une résidence principale achevée depuis plus de 2 ans, réalisés par une entreprise RGE. Il est accordé sans condition de ressources et se cumule avec MaPrimeRénov’. Son montant dépend des travaux : 7 000 € pour une action sur les parois vitrées, 15 000 € pour une autre action, 25 000 € pour deux travaux, 30 000 € pour trois et plus, et jusqu’à 50 000 € pour une rénovation globale. Il se rembourse en 15 ans au plus (20 ans pour une rénovation globale). Jusqu’au 31 décembre 2027, un éco-prêt complémentaire peut s’ajouter au premier dans les 5 ans, sans que les deux dépassent 50 000 € (30 000 € pour certaines combinaisons de travaux). Tant qu’il n’est pas remboursé, le logement ne peut devenir ni une résidence secondaire ni une location saisonnière.
La TVA réduite, elle, s’applique d’office sur la facture : 5,5 % pour l’isolation, les pompes à chaleur, la régulation du chauffage, la ventilation performante ou les petites installations solaires, au lieu de 20 % ; 10 % pour les autres travaux d’amélioration et d’entretien. Le logement doit être achevé depuis plus de 2 ans et vous devez certifier sur le devis ou la facture que les conditions sont remplies. Depuis le 1er mars 2025, les chaudières au gaz ou au fioul, même très performantes, sont taxées à 20 % en métropole.
Exemple chiffré : une pompe à chaleur air/eau en 2026
Un couple avec deux enfants, hors Île-de-France, a un revenu fiscal de référence 2025 de 60 000 €. Il remplace en 2026 sa chaudière au fioul par une pompe à chaleur air/eau facturée 14 000 € TTC, plus la dépose de la cuve, facturée 1 500 € TTC.
- Catégorie de revenus : pour quatre personnes, 60 000 € est au-dessus du plafond modeste (45 735 €) et en dessous du plafond intermédiaire (64 550 €). Le foyer est « intermédiaire ».
- TVA : la pompe à chaleur relève du taux de 5,5 %. Le prix hors taxes est de 14 000 / 1,055 = 13 270 €, et la TVA de 730 €. Au taux normal de 20 %, la même prestation coûterait 13 270 × 1,20 = 15 924 € : la TVA réduite vaut 1 924 € d’économie, déjà intégrée au prix.
- MaPrimeRénov’ par geste, ménage intermédiaire : 3 000 € pour la pompe à chaleur (dépense retenue dans la limite de 12 000 €) et 400 € pour la dépose de la cuve (limite de 4 000 €), soit 3 400 €.
- Reste à financer : 14 000 + 1 500 − 3 400 = 12 100 €, qui peuvent être couverts par un éco-PTZ de 15 000 € au plus pour une seule action.
Le même couple, avec un revenu de 70 000 €, serait classé « supérieur » : il n’aurait droit à aucune prime par geste en métropole, mais garderait la TVA à 5,5 % et l’éco-PTZ. D’autres aides, comme les certificats d’économies d’énergie versés par les fournisseurs d’énergie ou les aides des collectivités, peuvent s’ajouter ; leur montant varie selon l’offre et le lieu.

Ce que la loi permet aussi : donner pour financer des travaux
Jusqu’au 31 décembre 2026, un parent, un grand-parent ou un arrière-grand-parent (à défaut, un oncle ou une tante) peut donner jusqu’à 100 000 € sans droits de donation à un descendant (ou à un neveu ou une nièce) qui consacre la somme, au plus tard le dernier jour du 6e mois, à des travaux éligibles à MaPrimeRénov’ dans sa résidence principale ou à l’achat d’un logement neuf. Le logement doit rester 5 ans sa résidence principale ou être loué comme telle. Un même bénéficiaire peut recevoir au total 300 000 € de plusieurs donateurs. Les conditions détaillées sont dans la fiche sur le don familial de sommes d’argent. Aucune prolongation n’a été votée au 23 octobre 2026.
Pour un logement loué, les travaux de rénovation énergétique ne donnent plus de crédit d’impôt mais se déduisent des loyers au régime réel et peuvent créer un déficit foncier imputable sur le revenu global. Ce qu’est devenu l’ancien crédit propre aux logements loués est expliqué dans la fiche sur les travaux dans les logements loués.
Les erreurs à éviter
Commencer les travaux avant la demande. Les travaux ne peuvent commencer qu’après l’accusé de réception de la demande par l’Anah, sauf urgence ou catastrophe naturelle, et le devis se signe une fois la prime attribuée. Un chantier lancé trop tôt fait perdre la prime.
Choisir un artisan non RGE. Sans la qualification « reconnu garant de l’environnement », ni prime ni éco-PTZ, sauf exceptions limitées (raccordement à un réseau de chaleur).
Chercher une case sur la déclaration de revenus. Il n’y en a plus pour l’isolation ou le chauffage. Les cases encore présentes sur la 2042-RICI concernent d’autres dispositifs, comme les bornes de recharge pilotables de véhicules électriques.
Répondre à un démarchage. L’administration ne démarche jamais par téléphone ou par courriel. Le service public de référence est France Rénov’ ; les promesses de « travaux à 1 € » relèvent de la même prudence que celle décrite dans la fiche sur les promesses de défiscalisation.
Attester à tort la TVA réduite. Si vous certifiez que les conditions du taux de 5,5 % sont remplies alors qu’elles ne le sont pas, vous pouvez devoir payer vous-même le complément de TVA.
Questions fréquentes
Existe-t-il encore un crédit d’impôt pour l’isolation en 2026 ?
Non. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique a été remplacé par MaPrimeRénov’, entièrement depuis 2021. En 2026, les aides à l’isolation passent par MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur, l’éco-PTZ et la TVA à 5,5 %.
MaPrimeRénov’ se déclare-t-elle aux impôts ?
MaPrimeRénov’ se demande sur le site de l’Anah, pas sur la déclaration de revenus, et elle est versée par virement après les travaux. Un propriétaire bailleur au régime réel doit vérifier dans la notice de la déclaration des revenus fonciers (formulaire 2044) comment la traiter, car elle finance des travaux qu’il déduit de ses loyers.
Peut-on cumuler MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ ?
Oui. L’éco-PTZ peut financer le reste à charge des travaux aidés par MaPrimeRénov’, et les deux se cumulent aussi avec la TVA réduite et les aides locales.
Un locataire peut-il obtenir MaPrimeRénov’ ?
Non, elle est réservée aux propriétaires et titulaires d’un droit réel. L’ancien crédit d’impôt, lui, était ouvert aux locataires et aux occupants à titre gratuit.
Les ménages aisés ont-ils encore droit à une aide ?
En métropole, ils n’ont plus droit à la prime par geste, mais ils peuvent obtenir 10 % du montant hors taxes d’une rénovation d’ampleur, l’éco-PTZ sans condition de ressources et la TVA à 5,5 %.
Sources de référence utilisées
6
- Service-Public.fr — MaPrimeRénov’ : rénovation d’ampleur et parcours par geste
- Service-Public.fr — Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
- Entreprendre.Service-Public.fr — Taux réduits de TVA sur les travaux de rénovation
- BOFiP — BOI-IR-RICI-280-40, crédit d’impôt pour la transition énergétique
- Assemblée nationale — Question écrite n° 25777 et réponse du ministre (JO du 7 juillet 2020)
- Service-Public.fr — Don familial de sommes d’argent
Pour aller plus loin
- Location nue : micro-foncier ou régime réel, l’imposition des loyers d’une location vide, au micro-foncier jusqu’à 15 000 € ou au régime réel avec la déclaration 2044
- Taxe foncière et résidences secondaires, la taxe foncière, la taxe d’habitation qui demeure sur les résidences secondaires, sa majoration et la taxe sur les logements vacants
- La location meublée non professionnelle, l’imposition des loyers d’un meublé en bénéfices industriels et commerciaux, au micro ou au réel, et la revente
- La plus-value immobilière, l’imposition à 36,2 % d’un bien qui n’est pas la résidence principale, les abattements pour durée de détention et la surtaxe
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Benoist Rousseau est trader depuis 1994, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), et titulaire d'une maîtrise d'histoire de Paris IV-Sorbonne. Ancien historien d'entreprise pour un groupe du CAC 40, il figure dans le Top 10 des influenceurs économiques du magazine Challenges. Il aborde aussi la fiscalité du trader dans son école de trading, au sein d'une formation trading complète. Dans la rubrique Fiscalité, il explique l'imposition de l'épargne, de la bourse et du trading en France, avec les chiffres de l'année et les sources officielles, sans conseil fiscal personnalisé.
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