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Fiscalité de l’or en 2026 : taxe de 11,5 % ou régime des plus-values

Lingots, pièces, bijoux, trackers : taxe de 11,5 % du prix ou option pour les plus-values à 19 % plus prélèvements sociaux, exonérée après 22 ans.

L’or et les métaux précieux, fiche du guide fiscal 2026 d’andlil sur fond bleu nuit

En 2026, la vente par un particulier résident fiscal de France de lingots ou de pièces d’or, d’argent ou de platine frappées après 1800 est soumise par défaut à une taxe forfaitaire de 11,5 % du prix de vente (11 % de taxe sur les métaux précieux et 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale), même en cas de perte. Le vendeur qui prouve la date et le prix d’achat peut opter pour le régime des plus-values sur biens meubles : 19 % d’impôt plus les prélèvements sociaux sur la seule plus-value, avec un abattement de 5 % par an à partir de la troisième année et une exonération totale après 22 ans de détention.

L’or se détient de bien des façons, et la fiscalité dépend de la forme plus que du métal. Un lingot, une pièce de 20 francs, une bague, un tracker coté, un contrat à terme : cinq objets, trois régimes. Cette fiche commence par le métal physique, qui obéit à des règles propres, puis passe aux produits financiers.

Qu’est-ce qui est un « métal précieux » pour le fisc ?

La taxe de l’article 150 VI du Code général des impôts vise les métaux précieux définis par le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) :

  • l’or, y compris l’or platiné ;
  • l’argent, y compris l’argent doré (vermeil) et platiné ;
  • le platine, mais pas le palladium, le rhodium, l’iridium, l’osmium ni le ruthénium ;
  • les déchets et débris de ces métaux ;
  • les monnaies d’or et d’argent postérieures à 1800.

Peu importe la forme : lingots, barres, plaques, poudre, grenaille. Les monnaies d’or et d’argent antérieures à 1800 sont des objets de collection. Les objets d’or et d’argent travaillés (bagues, colliers, couverts, montres) sont rangés parmi les bijoux, avec leur propre taux. Le palladium, lui, n’est pas un métal précieux au sens de la taxe : sa vente relève du régime général des plus-values sur biens meubles.

La taxe ne frappe que les résidents fiscaux de France. Elle vise les ventes de biens situés en France ou dans un autre État de l’Union européenne, et les exportations définitives hors de l’Union. Une donation ou une succession n’est pas une vente : aucune taxe forfaitaire n’est due.

Taxe forfaitaire ou option pour les plus-values : comment ça marche ?

Le régime par défaut : 11,5 % du prix

La taxe forfaitaire se calcule sur le prix de vente, sans déduire le prix d’achat ni les commissions. Elle est de 11 % pour les métaux précieux, à quoi s’ajoute la CRDS de 0,5 %, soit 11,5 % du prix. Elle « tient lieu » d’imposition de la plus-value : il n’y a rien d’autre à payer, ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux. Revers de la simplicité, elle est due même si vous vendez à perte.

L’option : l’impôt sur la plus-value réelle

L’article 150 VL du CGI permet d’opter pour le régime des plus-values sur biens meubles. La plus-value est alors la différence entre le prix de vente, diminué des frais justifiés, et le prix d’achat. Elle est réduite d’un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, ce qui l’exonère totalement d’impôt sur le revenu au bout de 22 ans. Elle est imposée à 19 % d’impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux. Une vente à perte, sous option, ne coûte rien, mais la déclaration 2092 doit tout de même être déposée.

L’option a deux conditions strictes. Il faut d’abord prouver la date et le prix d’acquisition par un document : facture d’un négociant, bordereau d’une vente aux enchères, reçu d’un particulier, ou acte de succession ou de donation qui mentionne le bien. Il faut ensuite que le métal puisse être identifié : le BOFiP exige que l’objet soit « individualisé de manière suffisante », par un numéro, une gravure, un emballage scellé ou une inscription sur un compte ouvert auprès d’un établissement financier. Une facture de dix napoléons sans moyen de rattacher les pièces vendues à celles achetées ne suffit pas, selon l’administration. À défaut de facture, une détention de plus de 22 ans peut se prouver par un écrit qui mentionne distinctement le bien, jamais par un témoignage.

Quel taux de prélèvements sociaux sous option ?

Le point n’est pas tranché en 2026. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %, mais a maintenu à 17,2 % certaines plus-values, dont, d’après la rédaction du texte, celles des articles 150 U à 150 UC du CGI, qui englobent les biens meubles. La fiche de Service-Public.fr consacrée aux prélèvements sociaux ne cite pourtant que les plus-values immobilières parmi les exceptions à 17,2 %. Les calculs ci-dessous donnent donc les deux taux. Le sort de l’abattement de 5 % sur l’assiette des prélèvements sociaux n’a pas non plus été vérifié sur une source officielle à jour.

Exemple chiffré : vendre un lingot d’or

Paul, résident fiscal français, vend en 2026 à un comptoir établi en France un lingot d’un kilo numéroté, pour 100 000 €. Il l’avait acheté moins de deux ans plus tôt, facture à l’appui. L’abattement pour durée de détention ne joue donc pas.

Acheté 60 000 €Acheté 90 000 €
Taxe forfaitaire : 100 000 × 11,5 %11 500 €11 500 €
Plus-value sous option100 000 − 60 000 = 40 000 €100 000 − 90 000 = 10 000 €
Impôt à 19 %7 600 €1 900 €
Prélèvements sociaux à 17,2 %6 880 €1 720 €
Total sous option (17,2 %)14 480 €3 620 €
Prélèvements sociaux à 18,6 %7 440 €1 860 €
Total sous option (18,6 %)15 040 €3 760 €
Régime le moins coûteuxTaxe forfaitaireOption

Vérifications : 40 000 × 19 % = 7 600 € ; 40 000 × 17,2 % = 6 880 € ; 40 000 × 18,6 % = 7 440 €. 10 000 × 19 % = 1 900 € ; 10 000 × 17,2 % = 1 720 € ; 10 000 × 18,6 % = 1 860 €.

La règle qui s’en dégage, pour une détention courte : en ajoutant 19 % d’impôt et 17,2 % ou 18,6 % de prélèvements sociaux, l’option coûte entre 36,2 % et 37,6 % de la plus-value. Elle devient intéressante dès que la plus-value représente moins d’environ 30 % du prix de vente (11,5 ÷ 37,6 ≈ 30,6 %, 11,5 ÷ 36,2 ≈ 31,8 %). Au-delà de deux ans, l’abattement de 5 % par an fait pencher la balance vers l’option, et après 22 ans de détention prouvée la plus-value est exonérée d’impôt sur le revenu. Pour une vente à perte, l’option l’emporte toujours, à condition d’avoir les justificatifs.

Ce que la loi permet d’optimiser

Le choix entre la taxe forfaitaire et l’option est expressément prévu par la loi et se fait vente par vente. Il dépend de trois éléments : la plus-value rapportée au prix, la durée de détention et la capacité à prouver l’achat. La seule « préparation » utile se fait le jour de l’achat : garder une facture nominative et un métal identifiable (lingot numéroté, pièces sous scellé). Un fractionnement artificiel des ventes de bijoux pour rester sous 5 000 € par objet est neutralisé par le BOFiP, qui traite comme une seule cession la vente au même acheteur, à des dates rapprochées, des éléments d’un même ensemble.

Comment déclarer la vente d’or ?

Vente à un professionnel établi en France. C’est le cas le plus courant : comptoir, banque, négociant, bijoutier. Le professionnel qui participe à la transaction, ou l’acheteur assujetti à la TVA, remplit le formulaire 2091, paie la taxe sous sa responsabilité et vous verse le prix net. Si vous optez pour les plus-values, vous le lui indiquez et lui remettez vos justificatifs : c’est lui qui dépose alors la déclaration 2092.

Vente entre particuliers. Le vendeur dépose lui-même le formulaire 2091 au service des impôts dont il relève, dans le mois qui suit la vente, et paie la taxe en même temps. En cas d’option, il dépose la 2092 dans le même délai et acquitte l’impôt sur la plus-value lors du dépôt.

La taxe comme l’impôt sous option se paient au dépôt de ces formulaires, sans attendre la déclaration annuelle de revenus. Un retard ou un défaut de paiement entraîne l’intérêt de retard de l’article 1727 du CGI et une amende égale à 25 % des droits éludés (article 1761 du CGI). Conservez dans tous les cas la facture d’achat, le certificat du lingot et le bordereau de vente : ce sont les seules preuves qui ouvrent l’option.

Bijoux, pièces anciennes, trackers et contrats à terme : les autres régimes

Bijoux en or et objets de collection. Ils relèvent de la même taxe forfaitaire, mais au taux de 6 %, plus 0,5 % de CRDS, et sont exonérés lorsque le prix de vente ne dépasse pas 5 000 €, objet par objet (une paire de boucles d’oreilles ou un collier compte pour un seul objet). Ce seuil ne s’applique jamais aux métaux précieux : un lingot de 3 000 € est taxé. L’option pour les plus-values reste possible dans les mêmes conditions de preuve. Les monnaies d’or et d’argent frappées avant 1800 suivent ce régime des objets de collection.

Trackers, certificats et fonds adossés à l’or. Un titre coté qui réplique le cours de l’or, un fonds investi dans des mines d’or ou un certificat n’est pas un métal précieux : la taxe forfaitaire ne s’applique pas. Vendus sur un compte-titres, ils relèvent en principe du régime des plus-values de valeurs mobilières, à 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) ou au barème sur option, avec des moins-values imputables dix ans. Aucune doctrine officielle propre aux trackers sur l’or n’a toutefois été trouvée. Les produits qui répliquent le cours du métal ne sont pas éligibles au PEA, réservé aux actions européennes et aux fonds investis à plus de 75 % en actions éligibles ; un fonds de mines d’or ne l’est que s’il respecte ce quota, ce qui est rare. Voir les fiches fonds indiciels cotés et compte-titres, et notre définition du tracker.

Contrats à terme, options et CFD à risque limité sur l’or. Le BOFiP range les contrats à terme sur matières premières réglés en espèces, ceux qui présentent les caractéristiques d’autres instruments financiers à terme, et les « contrats financiers avec paiement d’un différentiel » parmi les instruments financiers à terme de l’article 150 ter du CGI. Leurs gains sont imposés à 31,4 % en 2026, en case 3VG, et les pertes s’imputent dix ans sur les gains de même nature. Voir les fiches contrats à terme et CFD à risque limité.

Les erreurs à éviter

Croire qu’une vente à perte ne coûte rien. Sans option, la taxe de 11,5 % est due sur le prix, même si vous avez acheté plus cher.

Perdre la facture. Sans preuve de la date et du prix d’achat, l’option est impossible, même après 30 ans de détention, sauf à prouver la détention depuis plus de 22 ans par un écrit (inventaire, contrat d’assurance, acte de succession qui mentionne distinctement le bien).

Appliquer le seuil de 5 000 € aux lingots. Il ne vaut que pour les bijoux, objets d’art, de collection et d’antiquité.

Confondre bijou et métal. Une chaîne ou une bague en or est, pour le BOFiP, un bijou : taux de 6 % + 0,5 %, et exonération jusqu’à 5 000 €. Les pièces postérieures à 1800, elles, sont du métal précieux.

Croire qu’une vente entre particuliers échappe à la taxe. Sans intermédiaire établi en France ni acheteur assujetti à la TVA, la taxe reste due : c’est au vendeur de déposer la 2091 et de payer dans le mois.

Questions fréquentes

Quel est le taux de taxe sur la vente d’or en 2026 ?

11,5 % du prix de vente par défaut : 11 % de taxe forfaitaire sur les métaux précieux et 0,5 % de CRDS. Sur option, avec justificatifs, 19 % d’impôt plus les prélèvements sociaux sur la seule plus-value, après un abattement de 5 % par an au-delà de deux ans.

Faut-il payer une taxe si on vend de l’or à perte ?

Sous le régime forfaitaire, oui : la taxe porte sur le prix, pas sur le gain. Sous l’option pour les plus-values, une vente à perte n’entraîne aucun impôt, à condition de prouver le prix et la date d’achat.

Après combien d’années la vente d’or est-elle exonérée ?

Sous l’option pour les plus-values, après 22 ans de détention prouvée, la plus-value est exonérée d’impôt sur le revenu. Le régime forfaitaire ne connaît, lui, aucune exonération liée à la durée.

La vente de bijoux en or est-elle taxée ?

Oui, au taux de 6 % plus 0,5 % de CRDS, sauf si le prix de vente de l’objet ne dépasse pas 5 000 €. Les objets d’or travaillés ne sont pas des métaux précieux au sens fiscal.

Qui déclare la vente d’or à un comptoir ?

Le comptoir, s’il est établi en France : il remplit le formulaire 2091, paie la taxe et vous verse le prix net. Sans intermédiaire, le vendeur déclare et paie lui-même dans le mois de la vente.

Un tracker sur l’or est-il soumis à la taxe sur les métaux précieux ?

Non. C’est un titre financier, pas du métal : sa vente sur un compte-titres relève en principe du régime des plus-values de valeurs mobilières, à 31,4 % en 2026.

Pour aller plus loin

Sources officielles

Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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