Fiscalité des futures en 2026 : gains, pertes et déclaration
Contrats à terme : régime de l’article 150 ter, taux de 31,4 % en 2026, calcul du profit net de frais, pertes sur 10 ans, déclaration et courtier étranger.

En 2026, un particulier qui trade des contrats à terme (futures) à titre occasionnel est imposé selon le régime des plus-values mobilières : son profit net de l’année subit par défaut le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, ou le barème progressif sur option. Ce taux de 31,4 % vaut déjà pour les profits réalisés en 2025 et déclarés au printemps 2026. Les pertes s’imputent sur les gains de même nature de l’année et des dix années suivantes, jamais sur le revenu global.
Ce régime est celui de l’article 150 ter du Code général des impôts, qui vise tous les « instruments financiers à terme » : contrats à terme, options, contrats d’échange, contrats financiers avec paiement d’un différentiel. Il s’applique depuis le 1er janvier 2014, et depuis le 1er janvier 2015 aux opérations réalisées à l’étranger, ce qui couvre le Chicago Mercantile Exchange comme l’Eurex. Il ne concerne que la gestion occasionnelle d’un patrimoine privé ; le trader qui en fait une véritable profession relève d’un autre régime, examiné plus bas.
Comment est calculé le profit imposable sur des futures ?
Un contrat à terme engage à acheter ou à vendre un actif à un prix fixé, à une date donnée. Pour ouvrir une position, on verse un dépôt de garantie, puis la chambre de compensation ajuste chaque jour le compte du gain ou de la perte latente : ce sont les appels de marge. Ces mouvements quotidiens ne sont pas des événements fiscaux. L’impôt naît au dénouement, c’est-à-dire à la clôture définitive de la position : revente ou rachat d’un contrat de sens inverse, arrivée à l’échéance, ou liquidation d’office faute d’avoir reconstitué la marge.
Le profit (ou la perte) de chaque contrat est égal, selon l’article 150 ter, à la différence entre les sommes reçues et les sommes versées. Quand plusieurs contrats identiques ont été achetés ou vendus à des prix différents, on retient leur prix moyen pondéré. Une position ouverte en décembre et fermée en janvier est imposée l’année de sa clôture.
Le profit imposable est net des frais et taxes payés par le donneur d’ordre, pour leur montant réel et justifié. Le BOFiP cite :
- les commissions de la chambre de compensation, à l’ouverture et à la clôture de chaque contrat ;
- les commissions de négociation et courtages ;
- les commissions de commercialisation ;
- les frais indirects, comme les frais de tenue de compte, déductibles l’année de leur paiement ;
- la TVA éventuellement due sur ces courtages et commissions.
Les abonnements aux données de marché et aux plateformes ne figurent pas dans cette liste. Aucun texte ne tranche leur sort ; les déduire comporte un risque de redressement que le contribuable doit mesurer.
Quand un contrat se dénoue par livraison (une obligation, des devises, une marchandise), le profit sur le contrat est calculé à la date de livraison ; la revente ultérieure de l’actif livré constitue une opération distincte, imposée selon le régime propre à cet actif.
Comment les futures sont-ils imposés en 2026 ?
Le profit net de l’année, c’est-à-dire la somme des profits et des pertes de tous les contrats dénoués, s’ajoute aux autres plus-values mobilières du foyer et suit leur sort :
- au PFU par défaut : 12,8 % d’impôt sur le revenu ;
- ou au barème progressif si le foyer coche la case 2OP, option globale qui vaut aussi pour les dividendes, intérêts et plus-values d’actions ;
- plus 18,6 % de prélèvements sociaux dans les deux cas.
Les profits sur instruments financiers à terme sont des revenus du patrimoine au sens du Code de la sécurité sociale : les prélèvements sociaux sont calculés par l’administration sur la déclaration, et non retenus par le courtier. C’est pourquoi la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 %, votée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, frappe dès les profits réalisés en 2025. L’abattement pour durée de détention n’existe pas pour ces contrats, quelle que soit l’option choisie.
Une exception sévère : si le teneur de compte, ou à défaut le cocontractant, est établi dans un État ou territoire non coopératif, le profit est imposé à 50 %, sauf si le contribuable prouve que l’opération est réelle et n’a pas été localisée là dans un but de fraude. Les pertes restent imputables normalement.
Exemple chiffré : une année de trading sur futures
Un salarié trade le soir des contrats sur indices chez un courtier établi en France. En 2026, ses positions clôturées dégagent 18 000 € de gains bruts et 9 500 € de pertes brutes. Il a payé 1 200 € de commissions et frais de compensation. Il lui reste 2 000 € de moins-values sur actions subies en 2024, jamais imputées. Il reste au PFU.
Étape 1, résultat brut. 18 000 − 9 500 = 8 500 €.
Étape 2, frais déductibles. 8 500 − 1 200 = 7 300 € de profit net de l’année.
Étape 3, moins-values antérieures. Les moins-values d’actions sont de même nature que les profits sur instruments financiers à terme : 7 300 − 2 000 = 5 300 € imposables.
Étape 4, impôt. Impôt sur le revenu : 5 300 × 12,8 % = 678,40 €. Prélèvements sociaux : 5 300 × 18,6 % = 985,80 €. Total : 1 664,20 €, payé en 2027 après la déclaration des revenus de 2026.
Et si l’année avait été perdante ? Avec 9 500 € de gains et 18 000 € de pertes, le résultat est de −8 500 €, puis −9 700 € après frais. Aucun impôt n’est dû, la perte ne réduit pas l’impôt sur le salaire, mais elle est reportable : elle viendra en déduction des profits sur futures ou des plus-values d’actions des dix années suivantes, les plus anciennes pertes d’abord. Les 2 000 € de moins-values de 2024 restent, eux aussi, en réserve.
Comment déclarer ses gains sur futures ?
Le teneur de compte établi en France adresse chaque année à l’administration l’imprimé fiscal unique (IFU, formulaire 2561), qui mentionne les profits et pertes sur instruments financiers à terme. Le contribuable reporte ensuite :
- le profit net en case 3VG de la déclaration complémentaire 2042-C, ou la perte nette en case 3VH ;
- le détail sur la déclaration n° 2074 des plus ou moins-values, que le BOFiP impose aux opérateurs occasionnels sur instruments financiers à terme, sauf dispense prévue par sa notice, avec les pertes reportées année par année ;
- en case 3PI, les profits soumis au taux de 50 % (État non coopératif).
Il faut pouvoir produire, à la demande du service, les avis d’opéré et les relevés de positions ouvertes et fermées. Un courtier qui ne remet pas d’IFU français, ce qui est fréquent hors de France, n’exonère de rien : c’est alors au contribuable de reconstituer son résultat à partir des relevés annuels (voir la fiche courtier étranger).
Un compte chez un courtier établi hors de France, même utilisé quelques semaines, doit être déclaré chaque année sur le formulaire 3916, joint à la déclaration de revenus. L’oubli coûte 1 500 € par compte, 10 000 € si l’État n’a pas conclu de convention d’assistance avec la France. Voir la fiche comptes à l’étranger.
Pour les contrats libellés en dollars, la doctrine propre aux instruments financiers à terme ne précise pas la méthode de conversion en euros. La règle prévue pour les valeurs mobilières négociées à l’étranger, le taux de change du jour de l’opération, est la référence la plus proche ; faute de texte précis, mieux vaut une méthode constante et documentée. Les gains ou pertes de change sur le solde en dollars laissé chez le courtier posent une question distincte, traitée dans la fiche forex.
Particulier ou professionnel : quand le régime change
L’article 150 ter ne vise que les opérations occasionnelles. Les profits sur instruments financiers à terme réalisés à titre habituel relèvent des bénéfices non commerciaux (article 92, 2, 5° du CGI), sauf option pour les bénéfices industriels et commerciaux (article 35, I, 8°), irrévocable et à exercer dans les quinze jours du début du premier exercice. Pour les opérations de bourse en général, le BOFiP rappelle que l’imposition dans les bénéfices non commerciaux « revêt un caractère exceptionnel » : ni un usage même fréquent du courtage en ligne, ni des gains supérieurs aux revenus professionnels ne suffisent à la déclencher. Aucun texte ne précise si ces critères, conçus pour les opérations de bourse, valent tels quels pour les instruments financiers à terme ; ils restent la référence la plus proche. Les critères retenus par l’administration et le juge sont exposés dans la fiche particulier ou professionnel.
Deux situations voisines sortent aussi de ce régime. Les sommes versées par une prop firm à un trader qui opère sur un compte qui ne lui appartient pas ne relèvent pas, selon l’analyse dominante des praticiens, de l’article 150 ter ; aucune doctrine officielle ne les qualifie, et ces praticiens retiennent en général les bénéfices non commerciaux (fiche prop firms). Les futures traités par une société soumise à l’impôt sur les sociétés entrent dans son résultat imposable (fiche société à l’impôt sur les sociétés).
Ce que la loi permet d’optimiser
Compenser les pertes et les gains. Les profits et pertes sur futures, options et CFD à risque limité, et les plus-values et moins-values d’actions du compte-titres, forment un seul ensemble. Une perte sur futures réduit l’impôt dû sur une plus-value d’actions, et inversement.
Choisir entre PFU et barème. Le barème est plus favorable aux foyers non imposables ou imposés à 11 % ; au-delà, le PFU l’emporte. L’option vaut pour l’ensemble des revenus mobiliers et des plus-values du foyer. Pour les revenus de 2026, il sera possible d’y renoncer dans le délai de réclamation. Voir la fiche flat tax ou barème.
Ce qui n’existe pas. Les contrats à terme ne figurent pas parmi les titres éligibles au PEA : aucune enveloppe exonérée ne les accueille.
Les erreurs à éviter
Déclarer au taux de 30 % pour 2025. Les profits sur instruments financiers à terme réalisés en 2025 supportent déjà 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total.
Imputer une perte sur le revenu global. Une année perdante ne diminue jamais l’impôt sur le salaire. Elle se reporte, dix ans au plus.
Oublier les pertes reportables. Elles ne sont pas reprises d’office : il faut les indiquer chaque année sur la 2074 ou la fiche 2074-CMV.
Ne pas déclarer le compte du courtier étranger. L’amende de 1 500 € par compte non déclaré s’ajoute à l’impôt dû, même quand le trading est perdant.
Confondre appels de marge et gains réalisés. Le solde du compte au 31 décembre n’est pas la base imposable : seules comptent les positions clôturées dans l’année.
Jeter les relevés. L’administration peut demander les avis d’opéré et les relevés de positions. Sans eux, le calcul des pertes reportées ne tient pas.
Questions fréquentes
Les futures sont-ils imposés comme les actions ?
Presque : depuis 2014, les profits occasionnels sur contrats à terme suivent le régime des plus-values mobilières, au PFU de 31,4 % en 2026 ou au barème sur option. La différence est qu’aucun abattement pour durée de détention ne s’applique.
Une perte sur futures peut-elle compenser une plus-value d’actions ?
Oui. Les profits et pertes occasionnels sur instruments financiers à terme sont de même nature que les plus-values de valeurs mobilières : ils se compensent dans l’année, et l’excédent de perte se reporte sur dix ans.
Faut-il déclarer des gains sur futures chez un courtier américain ?
Oui. Un résident fiscal français est imposable sur ses profits, quel que soit le lieu de l’opération. Il doit aussi déclarer le compte sur le formulaire 3916 et calculer lui-même son résultat si le courtier ne fournit pas d’IFU français.
Une position ouverte au 31 décembre est-elle imposée ?
Non. L’impôt naît au dénouement du contrat. Une position ouverte en 2026 et clôturée en 2027 entre dans les revenus de 2027, déclarés en 2028.
À partir de combien de trades devient-on trader professionnel ?
Aucun seuil n’existe. Pour les opérations de bourse, le BOFiP retient un faisceau de critères (techniques spécialisées, organisation, opérations nombreuses et sophistiquées réalisées personnellement) et souligne que l’imposition dans les bénéfices non commerciaux reste exceptionnelle. Aucun texte ne dit si ces critères s’appliquent tels quels aux contrats à terme.
Les gains d’une prop firm sur futures relèvent-ils de ce régime ?
Probablement pas. Aucune position officielle n’existe ; selon l’analyse dominante des praticiens, le trader ne réalise pas d’opération pour son propre compte, et ces sommes sont le plus souvent rattachées aux bénéfices non commerciaux. Faites valider votre cas par un professionnel.
Pour aller plus loin
- Débuter sur les futures : le guide pas à pas
- Lire ses relevés de trades sur futures
- Les contrats micro sur les marchés à terme
- ProRealTime Trading Futures avec Interactive Brokers
Sources officielles
- BOFiP — Instruments financiers à terme réalisés à titre occasionnel (BOI-RPPM-PVBMI-70)
- BOFiP — Champ d’application de l’article 150 ter (BOI-RPPM-PVBMI-70-10)
- BOFiP — Calcul du profit, imputation des pertes et déclaration (BOI-RPPM-PVBMI-70-20)
- BOFiP — Opérations de bourse à titre professionnel (BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-10)
- Service-Public.fr — Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement
- Service-Public.fr — Déclarer les comptes ouverts à l’étranger
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
Découvrir mon parcours









La formation complète Gratuit
Le trading commence par les bons outils.
- La formation complète à la plateforme
- Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
- Configuration guidée, pas à pas
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin
Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.
Découvrir l’École