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Hauts revenus en 2026 : contribution exceptionnelle et taux minimum de 20 %

Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et contribution différentielle de 20 % : seuils, calcul, exemple chiffré et acompte de décembre 2026.

Les hauts revenus, fiche du guide fiscal 2026 d’andlil sur fond bleu nuit

Deux contributions s’ajoutent à l’impôt sur le revenu des foyers les plus aisés. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) prélève 3 % puis 4 % sur le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € pour une personne seule et de 500 000 € pour un couple. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), créée pour les revenus de 2025 et prolongée pour 2026 et au-delà, garantit une imposition minimale de 20 % au-dessus des mêmes seuils ; elle donne lieu à un acompte de 95 % à verser entre le 1er et le 15 décembre de l’année même.

La première existe depuis les revenus de 2011. La seconde ne joue que si l’impôt sur le revenu et la CEHR réunis restent sous 20 % du revenu : en pratique, elle touche surtout les foyers dont les revenus sont taxés à des taux proportionnels, comme les dividendes et les plus-values au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %.

Qui paie la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ?

La CEHR, prévue à l’article 223 sexies du Code général des impôts, est due par tout foyer soumis à l’impôt sur le revenu dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne célibataire, veuve, séparée ou divorcée, ou 500 000 € pour un couple marié ou pacsé imposé en commun. Le revenu fiscal de référence, qui figure sur l’avis d’impôt, comprend les revenus imposés au barème, mais aussi les dividendes et plus-values au prélèvement forfaitaire unique et certains revenus exonérés.

Le barème est progressif par tranches :

Revenu fiscal de référencePersonne seuleCouple imposé en commun
Jusqu’à 250 000 €0 %0 %
De 250 001 € à 500 000 €3 %0 %
De 500 001 € à 1 000 000 €4 %3 %
Au-delà de 1 000 000 €4 %4 %

Les seuils ne varient pas avec le nombre d’enfants. Exemples de Service-Public.fr : pour un célibataire dont le revenu fiscal de référence est de 400 000 €, la CEHR est de (400 000 − 250 000) × 3 % = 4 500 € ; à 550 000 €, elle est de (250 000 × 3 %) + (50 000 × 4 %) = 9 500 €.

Le lissage des revenus ponctuels. Un foyer qui franchit le seuil une seule année peut bénéficier d’un calcul atténué. Pour la CEHR sur les revenus de 2025, trois conditions cumulatives s’appliquent : le revenu fiscal de référence de 2025 atteint au moins une fois et demie la moyenne de ceux de 2023 et 2024 ; ceux de 2023 et de 2024 n’ont pas dépassé 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ; les revenus passibles de l’impôt sur le revenu en France ont représenté plus de la moitié du revenu fiscal de référence mondial de chacune de ces deux années. On divise alors par deux la part du revenu de 2025 qui dépasse la moyenne des deux années précédentes, on l’ajoute à cette moyenne, on calcule la contribution sur cette base et on la multiplie par deux.

Comment fonctionne la contribution différentielle (taux minimum de 20 %) ?

La CDHR, codifiée à l’article 224 du CGI, a été créée par l’article 10 de la loi de finances pour 2025 et modifiée par l’article 2 de la loi de finances pour 2026, qui l’a prolongée. Elle concerne les contribuables domiciliés fiscalement en France, au-dessus des mêmes seuils, dont l’impôt reste sous 20 % du revenu de référence. Les non-résidents n’y sont pas soumis, sauf les non-résidents dits « Schumacker », qui tirent de France l’essentiel de leurs revenus, et seulement sur leurs revenus de source française.

Elle est égale à la différence, quand elle est positive, entre deux montants :

  • le plancher : 20 % du revenu de référence, diminué d’une décote pour les revenus proches du seuil ;
  • ce qui est déjà payé : l’impôt sur le revenu (au barème et aux taux proportionnels), la CEHR et certains prélèvements libératoires, majorés de 12 500 € pour un couple et de 1 500 € par personne à charge.

Le revenu de référence. C’est le revenu fiscal de référence, calculé sans le système du quotient, diminué de certains éléments : notamment l’abattement de 40 % sur les dividendes imposés au barème, les revenus exonérés par une convention fiscale internationale, certains bénéfices exonérés des zones d’aménagement du territoire et les produits de brevets taxés à 10 %. Un revenu exceptionnel par sa nature et par son montant, c’est-à-dire qui n’est pas perçu chaque année et dépasse la moyenne des revenus nets des trois années précédentes, n’est retenu que pour le quart de son montant, sur demande du contribuable dans la déclaration n° 2042-C. Selon le BOFiP, une plus-value de cession d’actions peut entrer dans ce cas si elle provient d’une opération ponctuelle, mais pas si le contribuable réalise des opérations de même nature les années précédentes ou suivantes.

La décote d’entrée. Pour éviter un effet de seuil, le plancher de 20 % est réduit tant que le revenu de référence ne dépasse pas 330 000 € (personne seule) ou 660 000 € (couple). Le plancher devient alors 82,5 % de la part du revenu qui dépasse 250 000 € ou 500 000 €. Pour un célibataire à 300 000 € : 20 % × 300 000 = 60 000 € ; 82,5 % × (300 000 − 250 000) = 41 250 € ; le plancher retenu est de 41 250 €.

Les réductions d’impôt ne font pas descendre sous le plancher. Pour calculer ce qui est déjà payé, l’impôt sur le revenu est majoré de l’avantage procuré par certaines réductions et certains crédits d’impôt liés à des investissements (outre-mer, souscriptions au capital de PME, dispositifs Pinel et Denormandie, Malraux, location meublée…) réalisés jusqu’au 31 décembre 2025, et, à partir de l’imposition des revenus de 2026, par la réduction d’impôt pour dons. La CDHR reprend donc ce que ces avantages ont fait gagner.

Exemple chiffré : un célibataire qui vend des titres

Paul, célibataire sans enfant, déclare au printemps 2026 ses revenus de 2025 : 50 000 € de salaires nets imposables (après la déduction de 10 %) et une plus-value mobilière de 350 000 € imposée au prélèvement forfaitaire unique. Il n’a ni réduction d’impôt ni revenu exonéré. On suppose qu’il ne demande pas le traitement des revenus exceptionnels.

  1. Impôt au barème des revenus de 2025 sur les salaires. (29 579 − 11 600) × 11 % = 1 977,69 € ; (50 000 − 29 579) × 30 % = 6 126,30 €. Total arrondi : 8 104 €.
  2. Impôt forfaitaire sur la plus-value. 350 000 × 12,8 % = 44 800 €.
  3. Impôt sur le revenu total. 8 104 + 44 800 = 52 904 €.
  4. CEHR. Revenu fiscal de référence : 50 000 + 350 000 = 400 000 €. (400 000 − 250 000) × 3 % = 4 500 €.
  5. Plancher de la CDHR. Le revenu de référence de 400 000 € dépasse 330 000 € : pas de décote. 400 000 × 20 % = 80 000 €.
  6. CDHR. 80 000 − (52 904 + 4 500) = 80 000 − 57 404 = 22 596 €.

Paul paie au total 52 904 + 4 500 + 22 596 = 80 000 € d’impôt sur le revenu et de contributions, soit exactement 20 % de son revenu de référence, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux sur la plus-value, qui n’entrent pas dans ce calcul. Sans la CDHR, son taux moyen aurait été de 57 404 / 400 000 = 14,4 % environ.

Si la CDHR porte sur des revenus de 2025, l’acompte de 95 % aurait dû être versé en décembre 2025 : ici 95 % × 22 596 = 21 466 €, arrondi à l’euro. Le solde, ou le remboursement de l’excédent, apparaît sur l’avis d’impôt de l’été 2026.

Comment déclarer et payer : l’acompte de décembre

La CEHR ne demande aucune démarche : l’administration la calcule d’après la déclaration et l’ajoute à l’avis d’impôt. Elle se paie avec le solde de l’impôt ; voyez la fiche sur l’avis d’imposition.

La CDHR, elle, comporte un acompte autoliquidé, c’est-à-dire calculé par le contribuable lui-même, qui n’est pas intégré au prélèvement à la source. Pour les revenus de 2026, il se déclare et se paie entre le 1er et le 15 décembre 2026 dans l’espace Finances publiques sur impots.gouv.fr, rubrique « Prélèvement à la source », où un simulateur est disponible. Il est égal à 95 % de la contribution estimée, en tenant compte des revenus réalisés au 1er décembre et d’une estimation de ceux du mois de décembre.

La contribution définitive est calculée au printemps suivant. L’acompte versé en décembre 2025 figure en cases 8HR et 8HS de la déclaration des revenus de 2025 ; il est déduit de la contribution due, et l’excédent éventuel est restitué. Les revenus exceptionnels hors barème à retenir pour un quart se déclarent en cases 8KD et 8KE de la 2042-C, et les revenus étrangers exonérés par une convention en case 8CD. Les règles de déclaration et de contrôle sont celles de l’impôt sur le revenu, y compris le délai de reprise de l’administration, présenté dans la fiche sur le contrôle fiscal.

La pénalité de l’acompte. Une majoration de 20 % s’applique si l’acompte n’est pas versé, est versé en retard, ou est inférieur de plus de 20 % à l’acompte réellement dû (95 % de la contribution finale). Exemple du BOFiP : un contribuable verse 5 000 € alors que la contribution s’avère de 10 000 €. L’acompte dû était de 9 500 € ; l’insuffisance de 4 500 € dépasse 20 % ; la majoration est de 4 500 × 20 % = 900 €.

Les erreurs à éviter

Croire que la CDHR s’est arrêtée en 2025. La loi de finances pour 2026 l’a prolongée tant que le déficit budgétaire ne repasse pas sous 3 % du PIB. Elle s’applique aux revenus de 2026, avec un acompte en décembre 2026.

Confondre revenu imposable et revenu fiscal de référence. Les seuils de 250 000 € et 500 000 € portent sur le revenu fiscal de référence, qui inclut les plus-values et dividendes au prélèvement forfaitaire unique. Un foyer au revenu imposable modeste peut donc être concerné l’année d’une forte plus-value.

Compter sur les réductions d’impôt. L’avantage de nombreuses réductions et de certains crédits d’impôt liés à des investissements réalisés jusqu’au 31 décembre 2025, et celui de la réduction pour dons à partir des revenus de 2026, est réintégré dans le calcul de la CDHR : ces avantages ne permettent pas de passer sous le plancher de 20 %. Le plafonnement global des avantages fiscaux continue en outre de s’appliquer ; voyez la fiche sur le plafond des niches fiscales.

Sous-estimer l’acompte. Il repose sur une estimation faite avant la fin de l’année ; une insuffisance de plus de 20 % coûte une majoration de 20 %. Une cession réalisée en décembre doit y être intégrée.

Ce que la loi permet d’aménager

La loi prévoit elle-même plusieurs atténuations : le lissage de la CEHR pour un revenu qui franchit ponctuellement le seuil, que Service-Public.fr invite à demander au centre des finances publiques (selon la brochure officielle de 2026, une réclamation contentieuse est exigée en cas de divorce, de séparation ou de décès du conjoint pendant la période, ou de mariage ou de Pacs avec option pour des déclarations séparées) ; la prise en compte pour un quart des revenus exceptionnels dans la CDHR, à demander dans la déclaration n° 2042-C ; et le système du quotient pour l’impôt sur le revenu au barème, présenté dans la fiche sur les revenus exceptionnels. Le choix entre prélèvement forfaitaire et barème pour les revenus du capital modifie aussi l’impôt pris en compte ; voyez la fiche flat tax ou barème.

Le projet de loi de finances pour 2027 contient des modifications de la CDHR pour les revenus de 2027. Il n’est pas voté au 23 octobre 2026 : rien n’en est applicable à ce jour.

Questions fréquentes

À partir de quel revenu paie-t-on la contribution sur les hauts revenus ?

À partir d’un revenu fiscal de référence de plus de 250 000 € pour une personne seule et de plus de 500 000 € pour un couple marié ou pacsé imposé en commun. Ces seuils valent pour la CEHR comme pour la CDHR, sur les revenus de 2025 et de 2026.

Quelle est la différence entre la CEHR et la CDHR ?

La CEHR est un supplément de 3 % ou 4 % sur la part du revenu fiscal de référence au-delà des seuils, payé par tous les foyers concernés. La CDHR n’est due que si l’impôt sur le revenu et la CEHR réunis restent sous 20 % du revenu de référence ; elle comble l’écart.

Quand faut-il payer l’acompte de CDHR en 2026 ?

Entre le 1er et le 15 décembre 2026, dans l’espace Finances publiques sur impots.gouv.fr. Il est égal à 95 % de la contribution estimée sur les revenus de 2026 et il est régularisé sur l’avis d’impôt de l’été 2027.

La CDHR s’applique-t-elle aux non-résidents ?

Non, sauf aux non-résidents dits « Schumacker », assimilés à des résidents parce qu’ils tirent de France l’essentiel de leurs revenus ; pour eux, seuls les revenus de source française sont pris en compte.

Les prélèvements sociaux comptent-ils dans les 20 % ?

Non. Le minimum de 20 % se compare à l’impôt sur le revenu, à la CEHR et à certains prélèvements libératoires. Les prélèvements sociaux s’ajoutent en sus.

Pour aller plus loin

Sources officielles

Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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