Impôt sur les salaires en 2026 : déduction de 10 % ou frais réels
Déduction forfaitaire de 10 % ou frais réels : trajets, barème kilométrique, repas, double résidence, télétravail, et comment les déclarer en case 1AK.

Pour les salaires de 2025 déclarés au printemps 2026, l’administration retire automatiquement 10 % de leur montant au titre des frais professionnels, avec un minimum de 509 € et un maximum de 14 555 € par membre du foyer. Si vos dépenses liées à l’emploi dépassent ce forfait, vous pouvez y renoncer et déduire vos frais réels (trajets, repas, double résidence, formation…), à condition de pouvoir les justifier. Le choix est individuel : dans un couple, chacun retient le régime qui lui est le plus favorable.
Le point de départ est le salaire net imposable : le salaire après cotisations sociales et après la part déductible de la CSG (contribution sociale généralisée), soit 6,8 points sur les 9,2 prélevés. C’est ce montant, transmis par l’employeur, qui apparaît prérempli sur votre déclaration. La déduction de 10 % ou les frais réels le diminuent ensuite, avant le calcul de l’impôt selon le barème progressif.
Comment fonctionne la déduction forfaitaire de 10 % ?
La déduction de 10 % s’applique d’office, sans aucune démarche. Elle est censée couvrir les dépenses professionnelles courantes que supportent la plupart des salariés : les trajets entre le domicile et le lieu de travail, le surcoût des repas pris sur le lieu de travail, la documentation personnelle nécessaire au métier. Ne la retranchez pas vous-même du salaire déclaré : l’administration la calcule.
Elle porte sur le total des revenus de la catégorie des traitements et salaires, allocations de chômage comprises, séparément pour chaque membre du foyer. Pour les revenus de 2025, elle ne peut être inférieure à 509 €, sauf si le salaire lui-même est plus faible : un salarié qui n’a perçu que 400 € dans l’année voit ainsi ces 400 € entièrement absorbés. Elle ne peut pas dépasser 14 555 € par personne, plafond atteint à partir de 145 550 € de salaire annuel déclaré. Les montants précédents étaient de 504 € et 14 426 € pour les revenus de 2024.
Ce plafond s’entend par personne, alors que celui de l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite (4 439 €) vaut pour tout le foyer.
Quels frais réels peut-on déduire ?
Pour être déductibles, les dépenses doivent être nécessitées par votre activité salariée, engagées dans le seul but d’acquérir ou de conserver votre salaire, payées au cours de l’année déclarée (2025 pour la déclaration de 2026) et justifiées par tout moyen : factures, quittances, attestations. Plus le montant paraît élevé au regard de votre emploi et de votre rémunération, plus les justificatifs doivent être précis.
Les trajets entre le domicile et le travail. Lorsque la distance entre votre domicile et votre lieu de travail ne dépasse pas 40 km, vous pouvez déduire vos frais de transport réels. Au-delà, la déduction est admise pour les 40 premiers kilomètres ; le surplus n’est déductible que si l’éloignement s’explique par des circonstances particulières et non par une convenance personnelle. L’administration cite notamment la difficulté à trouver un emploi près de chez soi (en zone rurale, ou après un licenciement pendant un délai raisonnable estimé à trois ans), la précarité de l’emploi, une mutation, l’emploi du conjoint près du domicile commun, la santé, la scolarité des enfants ou le prix des logements près du lieu de travail. Une note explicative doit alors accompagner la déclaration. En principe, un seul aller-retour par jour est retenu, sauf raison précise (santé, horaires coupés…).
Le véhicule. Vous pouvez évaluer vos frais avec le barème kilométrique publié par l’administration, qui couvre la dépréciation du véhicule, l’entretien, les pneumatiques, le carburant et l’assurance. Les frais de péage, de parking sur le lieu de travail et les intérêts d’un crédit automobile s’y ajoutent, au prorata de l’usage professionnel. Si vous préférez déduire vos dépenses exactes, elles sont plafonnées au montant que donnerait le barème pour un véhicule de 7 CV sur la même distance (hors péage, parking et intérêts). Le covoiturage domicile-travail est déductible pour la part des frais qui reste à votre charge.
Les repas. Si vos horaires ou l’éloignement vous empêchent de déjeuner chez vous et qu’il n’existe pas de restauration collective sur place ou à proximité, vous pouvez déduire la différence entre le prix payé et la valeur d’un repas pris au foyer, fixée à 5,45 € pour 2025. Sans justificatif détaillé, le surcoût est présumé égal à 5,45 € par repas. S’il existe une cantine, seule la différence entre son prix et ces 5,45 € est déductible, sur justificatif. Dans tous les cas, retirez la participation de votre employeur à vos titres-restaurant.
La double résidence. Le loyer et les charges d’un second logement, le surcoût de nourriture et les trajets entre les deux résidences sont déductibles lorsque vous devez résider près de votre travail pour des raisons professionnelles, notamment parce que votre conjoint, votre partenaire de Pacs ou votre concubin stable travaille près du domicile commun. Une double résidence prolongée par simple convenance personnelle n’est pas admise.
Les autres frais. Sont aussi déductibles, s’ils sont justifiés : le déménagement imposé par un nouvel emploi ; les vêtements propres à la profession (uniformes, bleus de travail) et leur entretien ; les formations, la préparation d’un diplôme pour améliorer sa situation ou changer de métier, et la documentation professionnelle ; les frais de recherche d’emploi d’un demandeur d’emploi ou d’un salarié qui change volontairement de poste ; la quote-part d’un bureau à domicile quand l’employeur ne fournit pas de local, au prorata de la surface (jamais le prix d’achat du logement) ; les cotisations syndicales, qui ne donnent alors plus droit au crédit d’impôt pour cotisations syndicales.
Le matériel. Un bien professionnel dont la valeur unitaire ne dépasse pas 500 € hors taxes est déductible en totalité l’année de l’achat. Au-delà, seule sa dépréciation annuelle l’est. L’administration donne l’exemple d’un ordinateur de 2 300 € acheté le 1er juillet 2025, utilisé à moitié pour le travail et amorti sur trois ans : 2 300 € × 33,33 % × 6/12 = 383 € pour 2025, dont 50 %, soit 192 €, sont déductibles.
Le télétravail. Les frais de télétravail à domicile peuvent être déduits forfaitairement pour 2,70 € par jour, dans la limite de 59,40 € par mois et de 626,40 € par an, ou pour leur montant exact s’il est plus élevé et justifié. L’allocation de télétravail versée par l’employeur est exonérée dans les mêmes limites.
Le barème kilométrique des revenus de 2025
Le barème applicable aux automobiles thermiques, hybrides et à hydrogène est le suivant, d étant la distance parcourue à titre professionnel dans l’année. Pour un véhicule 100 % électrique, le résultat est majoré de 20 %.
| Puissance administrative | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Les motos et cyclomoteurs ont leur propre barème, par tranches de 3 000 et 6 000 km. Le barème des revenus de 2026 n’est pas encore publié ; selon la presse spécialisée, un amendement au projet de loi de finances pour 2027, adopté en séance à l’Assemblée nationale, prévoit de le relever d’au moins 10 %, mais rien n’est voté au 23 octobre 2026.
Exemple chiffré : frais réels ou déduction de 10 % ?
Claire est célibataire, sans enfant, salariée toute l’année 2025 avec un salaire net imposable de 40 000 €. Elle habite à 30 km de son entreprise, s’y rend chaque jour avec sa voiture thermique de 5 CV et a travaillé sur place 215 jours. Il n’y a ni cantine ni restaurant d’entreprise, et elle ne reçoit pas de titres-restaurant.
- Distance professionnelle : 30 km × 2 × 215 jours = 12 900 km.
- Frais de voiture : tranche de 5 001 à 20 000 km pour un 5 CV, (12 900 × 0,357) + 1 395 = 4 605,30 + 1 395 = 6 000,30 €.
- Frais de repas : sans justificatif détaillé, 215 × 5,45 € = 1 171,75 €.
- Total des frais réels : 6 000,30 + 1 171,75 = 7 172,05 €, arrondis à 7 172 €.
- Déduction forfaitaire : 10 % × 40 000 € = 4 000 €.
Avec la déduction de 10 %, son revenu net imposable est de 36 000 €. L’impôt sur les revenus de 2025 est de (29 579 − 11 600) × 11 % = 1 977,69 €, plus (36 000 − 29 579) × 30 % = 1 926,30 €, soit 3 904 € après arrondi.
Avec les frais réels, son revenu net imposable tombe à 40 000 − 7 172 = 32 828 €. L’impôt devient 1 977,69 € + (32 828 − 29 579) × 30 % = 1 977,69 + 974,70 = 2 952 €.
L’économie est de 952 €, soit, à l’arrondi près, les 3 172 € de déduction supplémentaire multipliés par son taux marginal de 30 %. Les frais réels n’ont d’intérêt que si leur total dépasse la déduction forfaitaire (10 % du salaire, avec un minimum de 509 € et un maximum de 14 555 € pour les revenus de 2025), et cet intérêt croît avec le taux marginal.
Comment déclarer ses frais réels ?
Sur la déclaration de revenus n° 2042, laissez le salaire prérempli en case 1AJ (1BJ pour le second déclarant) tel quel, ou corrigez-le s’il est inexact, sans en retrancher vos frais. Portez le total de vos frais réels en case 1AK, 1BK, 1CK ou 1DK selon la personne concernée. L’administration fait elle-même la soustraction et n’applique plus la déduction de 10 % à cette personne.
Détaillez ensuite la nature et le montant de chaque frais dans une note annexe : dans la déclaration en ligne, un espace est prévu à cet effet ; sur papier, une feuille libre jointe. Ne joignez pas les justificatifs, mais conservez-les. Si vous dépassez 40 km, la note explique pourquoi.
Avec les frais réels, la totalité des indemnités et remboursements de frais versés par votre employeur, y compris la prise en charge des trajets domicile-travail, s’ajoute au salaire déclaré : une dépense remboursée en franchise d’impôt ne se déduit pas une seconde fois.
Si vous recevez une déclaration automatique, c’est-à-dire une déclaration préremplie qui vaut déclaration sans aucune démarche quand elle est exacte, vous devez intervenir pour demander les frais réels : sans action de votre part, la déduction de 10 % s’applique. Le choix se refait à chaque déclaration, et il a un effet sur votre taux de prélèvement à la source, recalculé chaque année à partir de septembre sur la dernière déclaration. Pour les dates de dépôt, voyez la fiche sur le calendrier de la déclaration.
Vous avez oublié vos frais réels ? Pour les revenus de 2025, la correction en ligne de la déclaration est ouverte jusqu’au 30 novembre 2026. Ensuite, il reste la réclamation, possible jusqu’au 31 décembre 2028 pour l’impôt mis en recouvrement en 2026.
Les erreurs à éviter
Déduire les frais du salaire déclaré. Le montant de la case 1AJ reste le salaire ; les frais vont en case 1AK. Les retrancher deux fois revient à une insuffisance de déclaration.
Oublier les remboursements de l’employeur. Avec les frais réels, tous les remboursements et indemnités de frais s’ajoutent au salaire. Les omettre fausse la comparaison et expose à un redressement.
Compter des trajets qui n’ont pas eu lieu. Les jours de congé, d’arrêt et de télétravail ne génèrent pas de trajet ; le kilométrage doit pouvoir être justifié, tout comme l’éloignement au-delà de 40 km.
Déduire des repas alors qu’il existe une cantine. Avec un restaurant collectif à proximité, seule la différence entre son prix et 5,45 € est déductible, et seulement sur justificatif.
Cumuler frais réels et crédit d’impôt syndical. Les cotisations syndicales passent soit en frais réels, soit en crédit d’impôt, jamais les deux.
Jeter les pièces trop tôt. L’administration peut contrôler les revenus de 2023, 2024 et 2025 en 2026. Gardez factures, relevés et la note de calcul au moins trois ans après l’année de la dépense.
Questions fréquentes
Peut-on choisir les frais réels pour un membre du couple et la déduction de 10 % pour l’autre ?
Oui. Le choix est individuel : chaque membre du foyer opte pour le régime qui lui est le plus favorable. En revanche, une même personne ne peut pas appliquer la déduction de 10 % à une partie de ses salaires et les frais réels à une autre.
Jusqu’à combien de kilomètres peut-on déduire ses trajets domicile-travail ?
Jusqu’à 40 km entre le domicile et le lieu de travail, sans justification de l’éloignement. Au-delà, les kilomètres supplémentaires ne sont déductibles que si l’éloignement s’explique par des circonstances particulières (emploi du conjoint, précarité, santé, coût du logement…) exposées dans une note jointe à la déclaration.
Quel est le barème kilométrique pour une voiture électrique ?
Le barème des véhicules thermiques majoré de 20 %. Pour les revenus de 2025, un véhicule électrique de 5 CV parcourant moins de 5 000 km donne d × 0,763 au lieu de d × 0,636. La recharge est déjà comprise dans le barème.
Faut-il joindre les justificatifs de frais réels à la déclaration ?
Non. On joint seulement le détail des frais (nature et montant) et, le cas échéant, l’explication d’un trajet de plus de 40 km. Les justificatifs se conservent au moins trois ans et se présentent si l’administration les demande.
Pour aller plus loin
- La décote de l’impôt sur le revenu
- Le droit à l’erreur : corriger sa déclaration
- Qu’est-ce qu’un abattement fiscal ?
Sources officielles
- Service-Public.fr — Frais professionnels : forfait ou frais réels (déduction)
- Service-Public.fr — Salaire et autres revenus d’activité salariée imposables
- Service-Public.fr — CSG et CRDS sur les revenus d’activité et de remplacement
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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