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Bourses, chambres de compensation, régulateurs : les métiers des infrastructures de marché

Travailler à l’AMF, dans une Bourse ou une chambre de compensation : missions, métiers, chiffres 2025 de l’AMF et de CME Group, regard d’un membre du CME.

Bourses et régulateurs, fiche du guide des métiers du trading d’andlil
· 10 min de lecture

Travailler à l’AMF, c’est travailler pour le régulateur des marchés financiers français : selon son rapport annuel 2025, publié le 28 mai 2026, l’Autorité des marchés financiers comptait 529 collaborateurs en équivalent temps plein, et avait ouvert dans l’année 36 enquêtes et 59 contrôles. Elle recrute chaque année des enquêteurs, des contrôleurs, des juristes et des spécialistes des données et des marchés. L’AMF n’est qu’une pièce d’un ensemble plus large, celui des infrastructures de marché : les Bourses, les chambres de compensation et les autres régulateurs, français, européens et américains.

Cette fiche décrit ce que fait chacun de ces acteurs et les métiers qu’on y exerce. Pour situer l’auteur : je suis membre individuel du CME (division IOM) et du CBOT (division IDEM) depuis mai 2024, avec droits de vote, et je suis devenu en 2025 consultant pour une place boursière internationale.

Que fait une Bourse, et qui y travaille ?

Une Bourse (on dit aussi « entreprise de marché ») organise la rencontre des ordres d’achat et de vente : elle fixe les règles de cotation, fait tourner le moteur qui apparie les ordres, publie les prix, admet les sociétés et les produits à la cote, et surveille ce qui se passe sur ses marchés. Les principales pour un trader européen sont Euronext, qui exploite notamment la Bourse de Paris, Eurex, la Bourse de dérivés du groupe Deutsche Börse, et CME Group, qui réunit à Chicago et New York le CME, le CBOT, le NYMEX et le COMEX.

Ce sont aujourd’hui des entreprises technologiques autant que financières. CME Group indiquait dans son rapport annuel (formulaire 10-K) environ 3 875 salariés au 31 décembre 2025, dont environ 58 % aux États-Unis, les autres répartis dans quinze pays, dont la France. Les métiers se rangent en quelques familles :

  • La technologie : développeurs et ingénieurs des moteurs d’appariement, des réseaux et de la diffusion des données de marché, où la panne se compte en millisecondes.
  • Les produits : ceux qui conçoivent les contrats (taille, échéances, règles de livraison) et vont chercher les utilisateurs, banques, fonds, courtiers.
  • La surveillance de marché : des équipes qui examinent les ordres et les transactions pour repérer les manipulations et les erreurs, et qui font respecter le règlement de la Bourse par ses membres.
  • Les opérations de marché : ceux qui suivent la séance en direct, gèrent les incidents, les suspensions de cotation et les coupe-circuits.
  • Le juridique, la conformité et les relations avec les membres.

À quoi sert une chambre de compensation ?

Quand deux traders concluent une transaction sur un contrat à terme, ni l’un ni l’autre ne connaît son vis-à-vis. La chambre de compensation s’interpose : elle devient l’acheteur de chaque vendeur et le vendeur de chaque acheteur. CME Group décrit sa chambre comme « the counterparty to every trade », la contrepartie de chaque transaction, ce qui limite le risque que le défaut de l’un emporte l’autre. Le mécanisme est expliqué dans la fiche sur la compensation boursière.

Pour tenir cette promesse, la chambre exige de chacun un dépôt de garantie (la marge initiale), recalcule les gains et les pertes de toutes les positions (la marge de variation), au moins deux fois par jour ouvré chez CME Group selon son rapport annuel, et appelle les fonds manquants. Si un membre ne peut pas payer, elle utilise ses dépôts, puis un fonds de défaillance alimenté par l’ensemble des membres, et liquide ses positions. En Europe, le règlement EMIR (règlement (UE) n° 648/2012) a rendu obligatoire, après la crise de 2008, la compensation centrale de nombreux dérivés négociés auparavant de gré à gré.

Les métiers de la chambre sont ceux du risque : calcul des marges, modèles de stress, suivi des membres, gestion des défauts, gestion des garanties reçues. Ils sont proches de ceux du risk manager d’une banque, avec une différence : ici, une erreur ne fait pas perdre une maison, elle met en danger tout le marché.

Que font l’AMF, l’ACPR, l’ESMA et la CFTC ?

Régulateur Ce qu’il surveille
AMF (France) Les marchés financiers, l’information des sociétés cotées, les sociétés de gestion, les conseillers en investissements financiers, la protection des épargnants, les abus de marché
ACPR (France) Les banques et les assureurs : solidité financière, agréments, pratiques commerciales ; adossée à la Banque de France
ESMA (Union européenne, Paris) La cohérence des règles de marché entre pays européens ; supervision directe de certains acteurs, comme les agences de notation et les référentiels centraux
SEC (États-Unis) Les actions, les obligations, les sociétés cotées et les Bourses d’actions américaines
CFTC (États-Unis) Les contrats à terme et les options sur contrats à terme, donc le CME et le CBOT

Selon sa page « Nos équipes » (août 2025), l’AMF s’organise autour de directions qui sont autant de métiers. La direction des enquêtes travaille surtout sur les abus de marché : opérations d’initiés, manipulations de cours, fausses informations. La direction des contrôles vérifie que les professionnels régulés respectent leurs obligations. La direction des affaires juridiques prépare notamment les notifications de griefs transmises à la commission des sanctions. Et la direction des données et de la surveillance « examine quotidiennement l’ensemble des opérations réalisées sur les marchés », avec sa plateforme d’analyse ICY, des outils d’intelligence artificielle et des spécialistes des marchés et de la science des données.

Le rapport annuel 2025 donne la mesure de l’activité : 36 enquêtes et 59 contrôles ouverts, et 13 décisions de sanction pour un montant total de 14,5 millions d’euros. Le fonctionnement général des autorités est présenté dans la fiche sur l’autorité de régulation.

Comment travailler à l’AMF ou chez un régulateur ?

L’AMF indique recruter chaque année et chercher, au-delà des compétences techniques, des qualités d’intégrité, d’adaptabilité, d’écoute et de pédagogie. Les profils vont du juriste en droit financier à l’ancien opérationnel de marché, en passant par l’ingénieur en données et l’économiste. Pour un ancien de banque, c’est une façon de passer de l’autre côté de la table ; pour un jeune diplômé, c’est une école exigeante, où l’on voit les dossiers de toute la place.

Les Bourses et les chambres de compensation recrutent sur les mêmes profils, avec une part plus forte d’informaticiens. Les postes de surveillance de marché, dans une Bourse comme chez un régulateur, demandent de comprendre comment pense un trader : reconnaître un ordre qui cherche à tromper le carnet suppose de savoir à quoi ressemble un ordre normal.

La règle de la maison suit le salarié : les collaborateurs d’un régulateur et d’une Bourse sont soumis à des restrictions sur leurs propres transactions, et à des obligations de confidentialité sur ce qu’ils voient. La fiche sur la conformité décrit ces règles côté banques.

Membre du CME et du CBOT : ce que cela veut dire

Être membre d’une Bourse, c’est être admis par elle selon ses règles, avec des droits et des obligations écrits dans son règlement. Je suis membre individuel du CME (division IOM, Index and Option Market) et du CBOT (division IDEM, Index, Debt and Energy Market) depuis mai 2024, avec droits de vote ; les bulletins de CME Group à ses membres qui l’ont annoncé portent les références 24-MB-058 pour le CME et 24-MB-056 pour le CBOT. Ce statut, ce qu’il implique et ce qu’il n’implique pas, est détaillé dans la fiche sur le membre d’une Bourse.

Une Bourse est d’abord une machine à fabriquer de la confiance. Ses règles, sa chambre de compensation, sa surveillance existent pour qu’un trader seul derrière son écran puisse acheter un contrat à un inconnu, sans se demander si celui-ci paiera.

Ce que j’en dis sur la page « À propos »

« 2025 Je deviens consultant pour une place boursière internationale, tout en continuant à trader et à enseigner chaque jour. »

Benoist Rousseau, page « À propos » d’andlil.com, 2026, dans la chronologie de son parcours

Questions fréquentes sur les métiers des Bourses et des régulateurs

Combien de personnes travaillent à l’AMF ?

Selon son rapport annuel 2025, publié le 28 mai 2026, l’AMF comptait 529 collaborateurs en équivalent temps plein travaillé moyen. Sa page de présentation des équipes, datée d’août 2025, parlait d’environ 500 collaborateurs.

Quels métiers exerce-t-on à l’AMF ?

Enquêteurs (abus de marché), contrôleurs (respect des obligations des professionnels), juristes, spécialistes de la surveillance des marchés et des données, mais aussi analystes des sociétés cotées et des produits, et fonctions de support. L’AMF recrute chaque année et publie ses offres sur son site.

Quelle différence entre l’AMF et l’ACPR ?

L’AMF surveille les marchés financiers, l’information des sociétés cotées, les sociétés de gestion et la protection des épargnants. L’ACPR, adossée à la Banque de France, surveille la solidité des banques et des assureurs. Les deux partagent un pôle commun pour les questions de protection de la clientèle.

Une chambre de compensation peut-elle faire faillite ?

Elle est conçue pour résister au défaut de ses plus gros membres : dépôts de garantie, appels de marge quotidiens, fonds de défaillance alimenté par tous les membres, capital propre. Son risque n’est pas nul, ce qui explique qu’elle soit elle-même strictement régulée, en Europe par le règlement EMIR.

Qui régule le CME ?

Aux États-Unis, les marchés de contrats à terme comme le CME et le CBOT relèvent de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), tandis que les actions relèvent de la SEC. La Bourse elle-même surveille ses membres et fait respecter son règlement.

Sources de référence utilisées

5

Pour aller plus loin

Fiche à jour au 6 novembre 2026, chiffres vérifiés à cette date. Elle décrit des métiers et des institutions et ne constitue pas un conseil d’investissement ni d’orientation adapté à votre situation.

L’auteur

Benoist Rousseau

Trader indépendant · Membre du CME et du CBOT

Benoist Rousseau est trader depuis 1994 et membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), où il détient deux sièges de membre individuel. Fondateur d'Andlil.com en 2010 et auteur de Devenez Trader Pro (2016), il a formé des centaines de traders à relever les défis du financement avec sa formation prop firm. Dans la rubrique Grands traders, il retrace les méthodes et les paris de Livermore, Soros, Paul Tudor Jones ou Druckenmiller, et ce qu'ils enseignent encore.

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