Sécuriser ses trades : une méthode contre les krachs

Suite à une réaction d’Arnaud Félix sur mon article sur le trading à haute fréquence et les risques de flash krach, je lui ai proposé de mettre plus en avant son commentaire. Il en résulte un article complet de sa part 🙂 Je ne suis donc pas l’auteur de ce texte.
Attention cependant, les techniques décrites demandent énormément d’expériences, de technicités et une capitalisation que 99 % des traders particuliers n’ont pas pour couvrir chaque trade. Il m’envoie son article avec un avertissement : « Je tiens seulement à préciser qu’il s’agit d’une méthode qui peut être éprouvante, vu la volatilité des cours actuellement et il vaut mieux la tester sur papier avant de se lancer dans le réel. Au moins pour l’aspect psychologique. »
Personnellement, je vous recommande de ne pas utiliser cette méthode à moins d’être un Hedge Fund lol car c’est le principe de la martingale… et une mauvaise série qui dure peut arriver ce qui vous enverra au tapis (une alternative sure est d’utiliser les stops garantis si vous êtes chez IG pour sécuriser une position swing par exemple) mais le principe est intellectuellement intéressant et je pense qu’on peut y trouver matière à réflexions notamment avec l’utilisation de l’ATR.
L’article d’Arnaud Félix :
Sécuriser ses trades contre un flash krach !
Dans un sens général, il est toujours nécessaire de sécuriser ses trades avec des stops ! Nous sommes d’accord !
Seulement beaucoup de traders hésitent parce qu’ils ont peur de voir emporter leur trade avec une perte alors que quelques minutes ou heures plus tard, ils auraient été gagnants.
Je vais vous décrire une méthode qui peut vous éviter de vous retrouver avec des pertes importantes si une situation extrême se présente. Il s’agit d’une méthode de placement de trade, elle ne décrit pas le mode de positionnement à la hausse ou à la baisse. Il vous faudra pour cela adjoindre une méthode de positionnement qui vous convienne. Pour ma part, j’applique cette méthode aux CFD avec pour les devises des spread inférieurs ou égales à 2 ainsi que les indices avec des spread raisonnables.
On vous dira souvent qu’il est meilleur de se positionner lors des périodes de calme, juste avant que les marchés affichent leur détermination et agissent réellement. Les marchés vivent de plus en plus de périodes où il ne se passe rien et tout d’un coup un brusque mouvement se met en place dans un sens ou dans un autre. Avec l’habitude on peut voir venir le vent mais le plus difficile est de s’abstenir d’agir au mauvais moment. Je vous décris cela car cette méthode peut être éprouvante pour les nerfs si vous vous engagez dans une période sans tendance (consolidation par exemple) un peu trop tôt, même si vous avez raison au bout du compte sur le sens de la tendance.
Compréhension du principe de protection d’un flash krach
Le principe est simple. Vous avez déterminez un sens à l’achat. Vous placez votre trade avec 1 contrat, vous réglez immédiatement une limite à 60 points et un stop à 120 points. A partir de ce moment vous êtres déjà protégez contre un flash krach. Vous subirez une perte de 60 points mais ce n’est rien à côté de ce que vous auriez perdu autrement. Maintenant il est possible d’éviter cette perte en plaçant un ordre limité 60 points plus bas que l’ordre initial, mais cette fois-ci avec une position doublée à 2 contrats et toujours une limite à 60 points et un stop à 120. Vous obtenez donc le schéma suivant :
Compréhension du principe de protection d’un flash krach
Vous voyez donc que dans un cas extrême comme un flash krach vous ne perdrez aucun point sur votre position haussière qui s’est malheureusement retournée contre vous.
Vous pouvez bien sûr utiliser cette technique dans le sens inverse, mais les krachs à la hausse n’existent pas (lol). En revanche cela peut vous protéger d’un excès de volatilité comme on peut le voir de temps à autre. Mais en toute logique ces excès sont assez prévisibles.
Vous pouvez aussi remarquer que si vous aviez placé 3 contrats sur l’ordre limité, vous auriez terminé avec un gain de 60 points.
Principe de la martingale dite « pique mouche » avec un minimum de risque
Cette méthode est dérivée du principe de la martingale. Le problème de la martingale réside dans le volume de votre portefeuille pour pouvoir couvrir des enchaînements successifs dans une période d’attente avant d’atteindre l’objectif fixé. Un petit portefeuille ne peut souvent pas couvrir certains trades qui traînent en longueur et peut occasionner de lourdes pertes. (J’en ai malheureusement été la victime, mais il faut bien apprendre)
Comme je le précisais plus haut, les marchés ont actuellement une fâcheuse tendance à faire du surplace durant un certain nombre de temps et pour compliquer le tout, ces laps de temps sont parsemés de pique de volatilité à la baisse comme à la hausse. C’est relativement agaçant et très risqué si vous estimez mal la volatilité du cours. Je pense qu’actuellement quel que soit le marché, il n’est plus possible de se positionner sans avoir fait une étude de sa volatilité. Pour cela vous avez des indicateurs comme l’ATR et l’ATR dynamique dont nous verrons le principe peu après.
Nous voyons ci-dessous un schéma décrivant le parcours d’un trade avec une position acheteuse. Vous savez que le cours va finir par monter, vos indicateurs, RSI, MACD ou autre sont vraiment au plus bas, seulement le marché consolide durant un temps relativement important.
Principe de la martingale dite « pique mouche » avec un minimum de risqueLe principe de la martingale est de couvrir l’ordre limité qui a été activé par un nouvel ordre limité dans le sens inverse avec un nombre de contrats plus important. Ainsi quelques soit le sens dans lequel va le marché vous serez toujours soit gagnant soit à 0. Seulement le handicape de cette technique se trouve dans la quantité importante de contrats qu’il faut mettre en jeu lorsque le marché est très nerveux et s’éternise dans un canal restreint et emporte plusieurs fois de suite vos ordres limités.
La martingale « pique mouche » est la moins risquée car il est rare de voir une position emporter plus de 7 fois les ordres limités. En règle générale dans les cas extrême on atteint les 6 fois. La position initiale est l’étalon à 1 contrat (cela peut être plus suivant votre capital). Le premier ordre limité sera à 2x l’étalon, le suivant à 3x, soit :
1x ; 2x ; 3x ; 6x ; 12x ; 24x ; 48x
Si vous n’atteignez pas l’objectif au premier contrat, celui qui vous rend gagnant, les autres auront le mérite de vous protéger et de vous faire attendre l’objectif qui arrivera plus tard, seulement vous serez à 0 quel que soit le sens.
Il existe la martingale classique qui est plus risquée car elle emporte plus de contrats très rapidement, seulement avec celle-ci vous être toujours gagnant :
1x ; 3x ; 6x ; 12x ; 24x ; 48x ; 96x
Vous devez être capable de calculer votre couverture en fonction du prix du contrat initial et des potentiels ordres limités qui seront emportés par la suite.
Par exemple sur le DOW JONES avec un mini contrat en étalon à 76 €, vous pourrez monter à une couverture allant jusqu’à 7296 € pour la martingale la moins risquée, à laquelle il faudra ajouter la perte maximale potentielle environ 3000 € avant d’atteindre votre objectif. Autrement dit, si vous voulez utiliser cette technique il vous faut au moins un capital de 12.000 € pour ne prendre aucun risque.
En d’autres termes cette technique n’est pas adaptée à de petits capitaux de départ inférieur à 10.000 €, exit les débutants. Mais il y a une solution à tout et nous allons le voir dans la partie suivante.
Le calcul de l’écart type suivant la détermination de la volatilité du cours
Dans mes descriptions précédentes nous sommes partis sur un écart type de 60/120 points. Il s’agit bien sûr d’un exemple. Cet écart type doit être calculé à chaque lancement de trade.
Pour cela j’utilise l’indicateur ATR (Average True Range) réglé sur 10 périodes dans un contexte intraday avec une échelle de temps à 1h. Si vous voulez l’utiliser à d’autres échelles, il vous faudra faire vos tests pour déterminer la bonne période de l’ATR.
Juste avant le lancement du trade, je note la valeur de l’ATR et je multiplie cette valeur par un facteur de 5. J’obtiens donc un résultat qui me donne la première valeur de l’écart type, il suffit ensuite de multiplier par deux pour obtenir la seconde valeur.
Exemple : Lors d’un marché en faible volatilité, l’ATR peut se trouver à une valeur de 10 donc je pourrais partir sur un trade ayant un écart type de 50/100. 50 points sera mon objectif de gains et 100 points sera mon stop de protection. Avec une volatilité plus importante, vous pourrez avoir des écarts plus forts, il faudra juste faire attention de voir si vous avez les reins assez solides pour supporter des couvertures plus importantes. Sinon il ne faudra pas se lancer et attendre une période plus propice et adaptée à l’échelle de votre capital.
Dans un contexte de martingale, le calcul de cet écart vous évitera de voir emporter vos ordres limités au moindre pique de volatilité et ainsi rester serein sur l’évolution de vos trade jusqu’à atteindre votre objectif.
Benoist Rousseau
Sièges CME & CBOT · Maîtrise d’histoire (Sorbonne)
Historien de formation (Paris-Sorbonne), je lis les marchés avec le recul de l’histoire : trader actif depuis 1994, enseignant depuis 1998, entrepreneur depuis 2004. En 2010, je fonde andlil.com, communauté lauréate en 2024 du Grand Prix d’Excellence « Meilleur Blog et Forum Boursier » ; en 2022, l’École de Trading.
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