Prélèvement à la source en 2026 : taux, acomptes, modulation et solde
Comment l’impôt est prélevé à la source en 2026 : calcul du taux, taux individualisé ou neutre, acomptes, modulation et régularisation de septembre.

Depuis le 1er janvier 2019, l’impôt sur le revenu est payé l’année même où les revenus sont perçus : l’employeur ou la caisse de retraite retient chaque mois un pourcentage du salaire ou de la pension, et l’administration prélève des acomptes sur le compte bancaire pour les revenus des indépendants, les loyers ou les pensions alimentaires. Le taux appliqué à partir du 1er septembre 2026 est calculé sur la déclaration des revenus de 2025 faite au printemps 2026. La déclaration annuelle reste obligatoire : elle fixe l’impôt définitif et entraîne, l’été ou l’automne suivant, un remboursement ou un complément à payer.
Le prélèvement à la source ne change pas le calcul de l’impôt, seulement son paiement. Le barème, les parts, la décote, les réductions et crédits d’impôt restent ceux de l’impôt sur le revenu ; voyez la fiche sur le barème de l’impôt sur le revenu.
Comment fonctionne le prélèvement à la source ?
Le prélèvement prend deux formes, selon que vos revenus passent ou non par un tiers qui vous les verse.
La retenue à la source. Elle s’applique aux salaires, pensions de retraite, allocations de chômage, indemnités journalières de maladie et à la fraction imposable des indemnités de licenciement. Le « collecteur » (employeur, caisse de retraite, France Travail, Assurance maladie) applique au montant versé le taux que lui transmet l’administration. Le prélèvement figure sur la fiche de paie et suit les variations du salaire.
Les acomptes. Pour les revenus que personne ne vous verse en retenant l’impôt, l’administration prélève elle-même des acomptes sur votre compte : bénéfices des indépendants (industriels et commerciaux, non commerciaux, agricoles), revenus fonciers, pensions alimentaires reçues, rentes viagères à titre onéreux, salaires et pensions versés par un payeur établi à l’étranger. Ils sont calculés sur la dernière déclaration. Sur les revenus fonciers et certains autres revenus du patrimoine, ils comprennent aussi un acompte de prélèvements sociaux.
Ce qui n’y entre pas. Les dividendes et intérêts, les plus-values de cession de valeurs mobilières et gains assimilés, les gains de levée d’options et d’actions gratuites, les revenus des non-résidents soumis à une retenue spécifique et les revenus étrangers ouvrant droit à un crédit d’impôt égal à l’impôt français. Les dividendes et intérêts versés par une banque française subissent un autre acompte, de 12,8 %, décrit dans la fiche flat tax ou barème. Les plus-values et profits de trading ne donnent lieu à aucun prélèvement en cours d’année : l’impôt et les prélèvements sociaux correspondants sont réclamés avec le solde, à l’automne de l’année suivante. Un trader qui a bien gagné en 2025 doit donc prévoir la trésorerie pour l’automne 2026.
Comment est calculé votre taux de prélèvement ?
Le taux du foyer rapporte l’impôt correspondant aux revenus soumis au prélèvement à ces mêmes revenus. L’administration part de l’impôt calculé au barème sur tous les revenus du foyer, après décote mais avant réductions et crédits d’impôt, en garde la part qui correspond aux revenus entrant dans le champ du prélèvement, puis divise par ces revenus. Pour les salaires, le dénominateur retient le salaire déclaré, avant la déduction de 10 % pour frais professionnels.
Il en résulte que le taux ignore les réductions et crédits d’impôt (dons, emploi à domicile, garde d’enfants…), réglés à part : une avance de 60 % en janvier pour certains d’entre eux, le reste l’été suivant, comme l’explique la fiche réduction ou crédit d’impôt. Un foyer non imposable a un taux de 0 %. Par dérogation, le taux est aussi de 0 % lorsque l’impôt a été nul au titre de 2024 et de 2025, après réductions et crédits d’impôt, et que le revenu fiscal de référence de 2025 (le revenu qui figure sur l’avis d’impôt et sert de base à de nombreux droits) est inférieur à 29 574 € par part.
Le taux individualisé des couples
Depuis le 1er septembre 2025, chaque membre d’un couple marié ou pacsé imposé en commun se voit appliquer par défaut un taux individualisé sur ses revenus personnels : salaires, pensions, bénéfices professionnels, rémunérations de gérant. Celui qui gagne le moins a un taux plus faible, l’autre un taux plus élevé ; l’impôt total du foyer ne change pas. Les revenus communs, comme les revenus fonciers, restent au taux du foyer. Vous pouvez revenir au taux du foyer dans votre espace Finances publiques ; le changement s’applique au plus tard le troisième mois suivant la demande.
Le taux non personnalisé, ou taux neutre
Si vous ne souhaitez pas que votre employeur connaisse votre taux, vous pouvez opter pour le taux non personnalisé. Il s’applique aussi quand l’administration ne peut transmettre aucun taux, par exemple avant une première déclaration, et aux personnes à la charge fiscale de leurs parents, comme l’étudiant rattaché qui travaille l’été. Il ne dépend que du salaire mensuel, sans tenir compte de votre situation de famille. Extrait de la grille de métropole en vigueur depuis le 1er mai 2026 :
| Base mensuelle de prélèvement | Taux neutre |
|---|---|
| Moins de 1 635 € | 0 % |
| De 2 738 € à moins de 3 135 € | 7,5 % |
| De 4 019 € à moins de 4 690 € | 13,8 % |
| De 8 789 € à moins de 12 200 € | 24 % |
| À partir de 55 558 € | 43 % |
La grille complète compte vingt tranches, et les départements d’outre-mer ont leurs propres grilles. Si le taux neutre dépasse votre taux personnalisé, le trop-prélevé vous est rendu lors de la régularisation de l’année suivante. S’il lui est inférieur, vous devez verser chaque mois la différence à l’administration.
Exemple chiffré : du taux au solde de septembre
Claire, célibataire sans enfant, a perçu en 2025 un salaire imposable de 33 000 €, soit 2 750 € par mois, sans autre revenu ni réduction d’impôt. Pendant toute l’année 2025, son employeur a appliqué un taux de 5 %, calculé sur des revenus plus anciens et plus faibles.
- Revenu imposable de 2025. Déduction forfaitaire de 10 % : 3 300 €. Revenu net imposable : 33 000 − 3 300 = 29 700 €.
- Impôt au barème des revenus de 2025. Tranche à 11 % : (29 579 − 11 600) × 11 % = 1 977,69 €. Tranche à 30 % : (29 700 − 29 579) × 30 % = 36,30 €. Total : 2 013,99 €, arrondi à 2 014 €. Il dépasse 1 982 € : pas de décote.
- Prélèvements subis en 2025. 33 000 × 5 % = 1 650 €.
- Solde. 2 014 − 1 650 = 364 €. Il dépasse 300 € : il est prélevé en quatre fois, les 25 septembre, 26 octobre, 25 novembre et 28 décembre 2026, soit 91 € par échéance s’il est réparti également.
- Nouveau taux. À partir du 1er septembre 2026 : 2 014 / 33 000 = 6,1 % environ. La retenue mensuelle passe de 137,50 € à 167,75 € environ.
Avec le taux neutre, l’employeur aurait appliqué 7,5 %, puisque 2 750 € se situe entre 2 738 € et 3 135 € : 206,25 € par mois au lieu de 167,75 €, l’écart de 38,50 € par mois étant remboursé l’été suivant. Avec un taux bien calibré, le solde de septembre tend vers zéro ; il réapparaît dès que les revenus changent sans que le taux suive.
Peut-on modifier son taux ou ses acomptes ?
Oui, dans l’espace Finances publiques sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». Vous indiquez votre revenu net imposable et vos charges estimés pour l’année en cours, et l’administration recalcule le taux et les acomptes, y compris ceux de prélèvements sociaux.
Modulation à la hausse. Elle est libre. Elle évite un solde important à l’automne suivant, par exemple après une augmentation ou si vous percevez des revenus non prélevés à la source.
Modulation à la baisse. Elle n’est acceptée que si le prélèvement estimé est inférieur de plus de 5 % au prélèvement sans modulation (le seuil était de 10 % jusqu’au 31 décembre 2022). Exemple de Service-Public.fr : un prélèvement annuel de 2 000 € ramené à 1 850 € baisse de 7,5 %, la demande est recevable. Le droit de moduler repose sur vos propres estimations ; selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP), qui rassemble la doctrine de l’administration, une modulation à la baisse excessive ou erronée est passible de pénalités.
Dans les deux cas, le nouveau taux s’applique au plus tard le troisième mois suivant la demande, et seulement jusqu’au 31 décembre : si vos revenus restent différents l’année suivante, il faut renouveler la demande.
Calendrier des acomptes. En 2026, ils sont prélevés les 15 janvier, 16 février, 16 mars, 15 avril, 15 mai, 15 juin, 15 juillet, 17 août, 15 septembre, 15 octobre, 16 novembre et 15 décembre. En trimestriel, les 16 février, 15 mai, 17 août et 16 novembre. Un indépendant peut reporter une échéance sur la suivante, trois fois par an en mensuel et une fois en trimestriel ; la dernière de l’année ne se reporte pas.
Revenus exceptionnels. Une prime exceptionnelle versée par l’employeur subit la retenue au taux en vigueur. L’impôt définitif, calculé l’année suivante, peut bénéficier du système du quotient, qui atténue la progressivité ; voyez la fiche sur les revenus exceptionnels. Pour les bénéfices des indépendants, les plus-values de cession d’éléments de l’actif professionnel (à court comme à long terme), les subventions d’équipement et les indemnités d’assurance pour perte d’un élément d’actif sont exclues de l’assiette des acomptes.
Que faire en cas de changement de situation ?
Un mariage, un Pacs, un divorce, une rupture de Pacs, le décès du conjoint ou du partenaire, une naissance, une adoption ou le recueil d’un enfant mineur se signalent dans les 60 jours, dans le même service en ligne : le taux est recalculé, par exemple avec les parts supplémentaires, sans attendre la déclaration suivante. Les règles de l’année du mariage ou du divorce sont détaillées dans la fiche mariage, Pacs et divorce. Un indépendant qui abandonne toutes ses activités d’une même catégorie de bénéfices, ou un bailleur qui ne perçoit plus aucun revenu foncier (après la vente de son seul bien loué, par exemple), peut faire arrêter les acomptes correspondants ; une vacance provisoire du logement relève seulement de la modulation. Un changement de compte bancaire se signale avant le 1er juillet pour le solde ou le remboursement de l’année.
Comment se fait la régularisation ?
La déclaration du printemps 2026 fixe l’impôt définitif sur les revenus de 2025. L’administration le compare aux prélèvements de 2025, que la déclaration récapitule (cases 8HV à 8KV pour la retenue à la source, 8HW à 8KW pour les acomptes d’impôt, 8HX à 8KX pour les acomptes de prélèvements sociaux), et à l’avance de réductions et crédits d’impôt reçue en janvier 2026 (case 8EA). Ces montants sont préremplis : vérifiez-les. Le trop-payé est remboursé au cours de l’été ; le complément figure sur l’avis d’impôt et il est prélevé de septembre à décembre selon les règles rappelées plus haut. Il s’ajoute au prélèvement de l’année en cours. En cas de difficulté, un délai de paiement peut être demandé ; voyez la fiche sur l’avis d’imposition.
Les erreurs à éviter
Croire que le prélèvement dispense de déclarer. La déclaration reste obligatoire chaque année ; seuls les foyers qui reçoivent une déclaration automatique et n’ont rien à corriger peuvent ne rien faire. Voyez la fiche déclarer ses revenus.
Oublier les revenus sans prélèvement. Plus-values de bourse, profits sur contrats à terme ou CFD à risque limité, plus-values de crypto-actifs : rien n’est retenu en cours d’année, et la facture arrive en bloc à l’automne suivant, prélèvements sociaux compris.
Moduler à la baisse sur une estimation optimiste. Si les revenus réels dépassent l’estimation, l’écart se paie au solde, et une modulation excessive expose à une pénalité.
Confondre taux de prélèvement et taux moyen. Le taux de prélèvement ignore les réductions et crédits d’impôt et les revenus taxés à part : il diffère du taux moyen indiqué sur l’avis d’impôt. Voyez la fiche taux moyen et taux marginal.
Questions fréquentes
Quand change le taux de prélèvement à la source ?
Chaque année au 1er septembre. Le taux appliqué à partir du 1er septembre 2026 est calculé sur la déclaration des revenus de 2025 déposée au printemps 2026. Entre-temps, il ne change que si vous le modulez ou signalez un changement de situation de famille.
Pourquoi ai-je un solde à payer en septembre ?
Parce que l’impôt définitif sur vos revenus de l’année précédente dépasse ce qui a été prélevé : revenus en hausse sans changement de taux, revenus non prélevés comme les plus-values, ou avance de crédits d’impôt de janvier trop élevée. Jusqu’à 300 €, le solde est prélevé en une fois ; au-delà, en quatre fois de septembre à décembre.
Quand le trop-perçu est-il remboursé ?
Au cours de l’été qui suit la déclaration : pour l’impôt sur les revenus de 2025, au cours de l’été 2026, sur le compte bancaire connu de l’administration.
Peut-on refuser de communiquer son taux à son employeur ?
Oui, en optant pour le taux non personnalisé, qui ne dépend que du salaire mensuel. S’il est plus élevé que votre taux réel, l’excédent vous est rendu l’année suivante ; s’il est plus faible, vous versez chaque mois la différence à l’administration.
Un étudiant qui travaille l’été est-il prélevé ?
S’il est rattaché au foyer de ses parents, son employeur applique le taux non personnalisé : 0 % tant que le salaire mensuel reste inférieur à 1 635 € en métropole, selon la grille en vigueur depuis le 1er mai 2026.
Pour aller plus loin
Sources officielles
- Service-Public.fr — Impôt sur le revenu : prélèvement à la source
- Service-Public.fr — Comment changer votre taux de prélèvement à la source ?
- Service-Public.fr — Quand doit-on payer ses impôts ?
- Service-Public.fr — Quand faut-il payer un supplément d’impôt sur le revenu ?
- BOFiP — BOI-IR-PAS-20-30-20-10, conditions du droit à modulation
- BOFiP — BOI-BAREME-000037, grilles des taux par défaut
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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