Analyse SWOT de Bank of America : forces, faiblesses, opportunités et menaces
Bank of America collecte les dépôts de millions d’Américains, prête aux ménages et aux entreprises, gère des fortunes sous l’enseigne Merrill et tient une grande salle de marchés à Wall Street. Le groupe ne publie pas de comptes semestriels mais trimestriels. Voici son analyse SWOT, mise à jour avec les comptes de 2025 et du deuxième trimestre 2026.
Quels sont les chiffres clés de Bank of America ?
- Produit net bancaire 2025 : 113,1 milliards de dollars.
- Bénéfice net 2025 : 30,5 milliards de dollars, soit 3,81 dollars par action.
- Rentabilité des fonds propres tangibles 2025 : 14,2 %.
- Effectifs : 211 304 salariés au 30 juin 2026.
- Taille : 3 410 milliards de dollars de bilan à fin 2025 et 2 025 milliards de dépôts au 30 juin 2026.
- Deuxième trimestre 2026 : 31,6 milliards de dollars de produit net bancaire (+15 %) et 9,1 milliards de bénéfice net (+27 %), soit 1,21 dollar par action (+34 %).
Quelles sont les forces de Bank of America ?
Une collecte de dépôts qui ne s’arrête pas. Les dépôts moyens ont progressé pour le douzième trimestre consécutif au printemps 2026, à 2 023 milliards de dollars, dont 957 milliards pour la seule banque de détail. Cet argent, peu ou pas rémunéré, est la matière première de sa marge d’intérêts.
Merrill, une deuxième jambe solide. La gestion de fortune affiche 4 934 milliards de dollars d’avoirs clients au 30 juin 2026, en hausse de 12 % sur un an. Ses revenus ont progressé de 16 % au deuxième trimestre, à 6,9 milliards.
Des marchés en pleine forme. La division marchés a rapporté 8,0 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, 34 % de plus qu’un an plus tôt. Les actions ont bondi de 70 %, et les commissions de banque d’investissement de 50 %, à 2,1 milliards.
Des coûts enfin tenus. Le coefficient d’exploitation, la part des revenus absorbée par les charges, est tombé à 59 % au deuxième trimestre 2026, contre 62,6 % un an plus tôt. La banque a rendu 8,0 milliards de dollars à ses actionnaires sur le trimestre, dont 6,0 milliards en rachats d’actions.
Quelles sont les faiblesses de Bank of America ?
Un portefeuille obligataire en moins-value. Pendant les années de taux nuls, la banque a placé une partie de ses dépôts en obligations à long terme. Au 30 juin 2026, les titres qu’elle déclare conserver jusqu’à l’échéance, achetés 505,8 milliards de dollars, n’en valent plus que 423,7 : 82,1 milliards de moins-values latentes. Elles ne touchent pas le résultat tant que rien n’est vendu, mais cet argent reste immobilisé à faible rendement.
Une forte dépendance aux taux. La marge d’intérêts, 60,1 milliards de dollars en 2025, représente plus de la moitié du produit net bancaire. Quand les taux montent, la banque en profite ; quand ils baissent, elle le sent tout de suite.
Une rentabilité longtemps en retrait. Au troisième trimestre 2025, la rentabilité des fonds propres tangibles atteignait 15,4 % (15,3 % après retraitement comptable), contre 20 % chez JPMorgan Chase. L’écart s’est réduit depuis, mais il a pesé des années sur la valorisation du titre.
Une succession lointaine. Brian Moynihan dirige la banque depuis 2010 et souhaite rester jusqu’à la fin de la décennie. En septembre 2025, Dean Athanasia et Jim DeMare ont été nommés coprésidents : deux candidats, aucun calendrier.
Quelles sont les opportunités pour Bank of America ?
Des objectifs plus ambitieux. Lors de sa journée investisseurs du 5 novembre 2025, la première depuis 2011, la banque a visé une rentabilité des fonds propres tangibles de 16 à 18 % à moyen terme, une marge d’intérêts en hausse de 5 à 7 % par an et un bénéfice par action en progression de plus de 12 %. Avec 17,0 % au deuxième trimestre 2026, la cible est déjà atteinte, au moins sur un trimestre.
De nouveaux territoires. La banque prévoit de s’implanter d’ici 2028 dans six nouveaux marchés, dont l’Alabama, la Louisiane et l’Ohio, où dorment plus de 222 milliards de dollars de dépôts.
Des parts de marché à prendre à Wall Street. Elle vise 9 % des revenus de marchés du secteur, contre 7,6 %, et 0,5 à 1 point de part de marché de plus en banque d’investissement d’ici trois à cinq ans.
Une marge d’intérêts attendue dans le haut de la fourchette. Lors de la conférence avec les analystes du 14 juillet 2026, la direction a dit attendre une progression de la marge d’intérêts dans le haut de sa fourchette de 6 à 8 % pour l’année, portée notamment par le renouvellement d’actifs à taux fixe arrivés à échéance.
Quelles menaces pèsent sur Bank of America ?
Berkshire Hathaway prend ses distances. Le conglomérat a vendu environ 30,2 millions d’actions au deuxième trimestre 2026, pour près de 1,6 milliard de dollars. Les ventes ont commencé à la mi-juillet 2024 ; au 30 juin 2026, il lui restait environ 483 millions d’actions.
Des taux qui changent de sens. La banque reconnaît que la baisse des taux a rogné une partie de la hausse de sa marge d’intérêts au deuxième trimestre 2026. La Réserve fédérale a ensuite relevé son taux directeur d’un quart de point le 16 septembre 2026 : bon pour la marge, moins pour le portefeuille obligataire et les emprunteurs fragiles.
Le crédit à la consommation. Les pertes sur les cartes de crédit ont atteint 919 millions de dollars au deuxième trimestre 2026. Elles reculent pour l’instant, mais une remontée du chômage se lirait d’abord dans ce chiffre.
Qui sont les principaux concurrents de Bank of America ?
- Banque de détail et cartes : JPMorgan Chase, Wells Fargo, Citigroup, Capital One, PNC.
- Gestion de fortune : Morgan Stanley, UBS, Charles Schwab, JPMorgan Chase.
- Banque d’investissement et marchés : JPMorgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup.
Comment un trader regarde-t-il Bank of America ?
Je ne trade pas Bank of America : je ne trade qu’un seul marché, le future sur le Nasdaq. Mais je regarde le titre, parce que la banque publie parmi les premières à chaque saison de résultats américaine et qu’elle est l’une des plus sensibles aux taux.
Trois choses le font bouger. D’abord la prévision de marge d’intérêts, plus que le bénéfice : le 14 juillet 2026, jour de la publication des résultats du deuxième trimestre, le titre a gagné 1,9 %. Ensuite les objectifs à moyen terme : le 5 novembre 2025, l’action reculait de 1,1 % avant l’ouverture, alors même que la banque relevait sa cible de rentabilité. Enfin les déclarations trimestrielles de Berkshire Hathaway, scrutées à chaque publication.
Fin juillet 2026, le titre gagnait 13,5 % depuis le début de l’année, pour une capitalisation de 440,9 milliards de dollars. Une banque reste une banque : son sort dépend du cycle du crédit et des taux, et les bonnes nouvelles déjà dans le cours protègent mal d’une mauvaise surprise.
Cette analyse est informative et ne constitue pas un conseil en investissement.
Sources
8
- Bank of America, communiqué de résultats du quatrième trimestre et de l’exercice 2025 (14 janvier 2026)
- Bank of America, informations complémentaires sur le quatrième trimestre et l’exercice 2025 (14 janvier 2026)
- Bank of America, informations complémentaires sur le deuxième trimestre 2026 (14 juillet 2026)
- Bank of America, communiqué de résultats du deuxième trimestre 2026 (14 juillet 2026)
- Reuters via Kitco, journée investisseurs et nouveaux objectifs (5 novembre 2025)
- Bloomberg Línea, nomination de deux coprésidents (12 septembre 2025)
- IBTimes UK, déclaration trimestrielle de Berkshire Hathaway (18 août 2026)
- Eco, actionnariat de Bank of America d’après le formulaire 13F de Berkshire Hathaway au 30 juin 2026 (septembre 2026)
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| Secteur | Analyses SWOT |
|---|---|
| Banque, assurance et marchés | BNP Paribas · Société Générale · Crédit Agricole · BPCE · Deutsche Bank · Commerzbank · AXA · Allianz · JPMorgan Chase · Goldman Sachs · American Express · Travelers |
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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