DeutschEnglishEspañolFrançaisItalianoPortuguês
Rejoindre le forum

Histoire de Goldman Sachs : de la boutique de Pine Street au sommet de Wall Street

Histoire de Goldman Sachs

Banque d’affaires, salle de marchés et gestionnaire de fortune, Goldman Sachs est née en 1869 dans une pièce de Pine Street, à New York, où un immigré bavarois achetait des billets à ordre. Société d’associés plusieurs fois au bord du gouffre, elle a fini par se croire indispensable, non sans raison.

Goldman Sachs en bref

  • Fondation : 1869, à New York, par Marcus Goldman ; son gendre Samuel Sachs devient son associé en 1882.
  • Siège : 200 West Street, à Manhattan, ouvert en novembre 2009.
  • Dirigeants : David Solomon, directeur général depuis octobre 2018 et président du conseil depuis janvier 2019 ; John Waldron, président et directeur des opérations (numéro deux) depuis octobre 2018.
  • Activités : banque d’affaires, activités de marché, gestion d’actifs et de fortune.
  • Effectifs : environ 47 400 salariés fin 2025, avec des bureaux dans plus de 35 pays.
  • Cotation : Bourse de New York (code GS) depuis le 4 mai 1999, membre du Dow Jones depuis septembre 2013.
  • Revenus nets 2025 : 58,3 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 17,2 milliards.

Quelle est l’histoire de Goldman Sachs ?

1869-1905 : le marchand d’effets de Pine Street

Marcus Goldman naît en 1821 en Bavière, dans une famille juive, et émigre aux États-Unis après les révolutions de 1848. Colporteur à Philadelphie, il ouvre en 1869 une boutique d’une pièce sur Pine Street, à New York. Il rachète au rabais les billets à ordre des commerçants pour les revendre aux banques.

En 1882, il prend pour associé Samuel Sachs, mari de sa fille cadette : la maison devient M. Goldman & Sachs. Son fils Henry entre en 1885 et, en janvier 1888, la firme prend le nom de Goldman, Sachs & Co. Elle entre en 1896 à la Bourse de New York. Marcus Goldman meurt en 1904.

1906-1929 : Henry Goldman invente une façon de compter, Catchings la ruine

Les émissions des chemins de fer étant gardées par J.P. Morgan & Co. et Kuhn, Loeb, Henry Goldman se tourne vers des entreprises qui ont des ventes plutôt que des usines à hypothéquer. En 1906, avec son ami Philip Lehman, de Lehman Brothers, il introduit en Bourse United Cigar Manufacturers, puis Sears, Roebuck, qui lève 40 millions de dollars. L’idée est neuve : évaluer une entreprise sur ce qu’elle gagne, pas seulement sur ce qu’elle possède.

La Grande Guerre brise la famille. Henry Goldman soutient ouvertement l’Allemagne quand ses associés placent des emprunts pour les Alliés. En octobre 1917, il se retire avec son capital et ne reparlera jamais à son beau-frère Samuel Sachs. Waddill Catchings, entré en 1918, devient l’homme fort. En décembre 1928, il lance la Goldman Sachs Trading Corporation, société d’investissement cotée, placée à 104 dollars l’action ; en 1929, il y empile deux autres fonds, Shenandoah et Blue Ridge, imbriqués et financés à crédit. Après le krach, à la mi-1932, l’action vaut 1,75 dollar, divisions comprises. John Kenneth Galbraith en fera l’exemple vedette de son livre sur le krach de 1929.

1930-1969 : Sidney Weinberg, « Mr. Wall Street »

Catchings part en mai 1930. Lui succède Sidney Weinberg, entré en novembre 1907, à 16 ans, comme aide du concierge, pour 5 dollars par semaine : il nettoyait les crachoirs. Il dirige la maison jusqu’en 1969, année de sa mort, et la ramène vers le conseil aux entreprises. Son chef-d’œuvre date de 1956 : ami de la famille Ford, il conçoit le montage de l’entrée en Bourse de Ford Motor, 657 millions de dollars, la plus grosse introduction d’actions jamais vue aux États-Unis. Gus Levy, pionnier des échanges de gros blocs d’actions, lui succède en 1969.

1970-1989 : un client en faillite, puis le monde

Le 21 juin 1970, le chemin de fer Penn Central fait faillite en laissant 87 millions de dollars d’effets de commerce impayés, placés pour l’essentiel par Goldman Sachs. Les acheteurs l’accusent d’avoir continué à vendre ce papier alors que la situation se dégradait ; les pertes possibles dépassent le capital des associés, qui transigent et survivent.

John Weinberg, fils de Sidney, et John Whitehead dirigent ensemble la maison à partir de 1976. En 1979, Whitehead couche sur un bloc-notes quatorze principes qui placent l’intérêt des clients au-dessus de tout ; la suite les mettra à l’épreuve. En novembre 1981, Goldman rachète J. Aron & Company, négociant en café fondé en 1898 à La Nouvelle-Orléans et passé aux métaux précieux : la banque entre sur les marchés des matières premières et des devises. Lloyd Blankfein y entre en 1982.

Pour renforcer un capital que les associés emportent en partant, la firme accueille en août 1986 la Sumitomo Bank, qui apporte 500 millions de dollars contre un droit à 12,5 % des bénéfices, sans droit de vote. La même année, Goldman introduit Microsoft en Bourse.

1990-1999 : de la tempête de 1994 à l’entrée en Bourse

Robert Rubin et Stephen Friedman prennent la tête de la firme en 1990 ; Rubin part en 1992 auprès de Bill Clinton, qui en fera son secrétaire au Trésor. En 1994, la hausse brutale des taux fait perdre beaucoup d’argent sur les obligations et les devises, et un nombre inhabituel d’associés partent avec leur capital. Jon Corzine succède à Friedman en septembre, avec Henry Paulson pour numéro deux. Les associés finissent par voter l’entrée en Bourse. Le 4 mai 1999, Goldman Sachs place 69 millions d’actions à 53 dollars et lève 3,66 milliards de dollars ; le titre gagne 33 % dans la journée. En 2000, elle rachète Spear, Leeds & Kellogg, premier spécialiste de la Bourse de New York, pour environ 6,5 milliards de dollars.

2000-2009 : la crise et le « calmar vampire »

En 2006, Henry Paulson devient secrétaire au Trésor et Lloyd Blankfein lui succède. Goldman vend des titres adossés à des crédits immobiliers, puis réduit son exposition avant l’effondrement et parie en partie contre ce marché. Le 21 septembre 2008, six jours après la faillite de Lehman Brothers, Goldman Sachs et Morgan Stanley deviennent des holdings bancaires pour accéder aux prêts de la Réserve fédérale. Le 23, Warren Buffett apporte 5 milliards de dollars par Berkshire Hathaway ; le 27 octobre, le Trésor y ajoute 10 milliards au titre du TARP, le plan de sauvetage des banques. Goldman rembourse ces 10 milliards en juin 2009, puis rachète en juillet pour 1,1 milliard de dollars les bons de souscription détenus par l’État.

L’image, elle, ne se rembourse pas. En juillet 2009, Matt Taibbi décrit dans Rolling Stone « un grand calmar vampire enroulé autour du visage de l’humanité ». En novembre, Blankfein se présente dans le Sunday Times comme un banquier qui fait « le travail de Dieu » ; il dira avoir parlé par ironie.

2010-2020 : le temps des amendes

En avril 2010, la SEC, le gendarme boursier américain, poursuit Goldman et l’un de ses vice-présidents, le Français Fabrice Tourre, pour un produit nommé Abacus 2007-AC1 : la banque avait tu que le fonds de John Paulson, qui pariait sur la chute de ces titres, avait aidé à en choisir le contenu. Le 15 juillet 2010, Goldman paie 550 millions de dollars, record pour la SEC face à une société financière, en reconnaissant une « erreur ». En 2016, elle verse encore 5,06 milliards de dollars au ministère de la Justice pour ses titres hypothécaires de 2005 à 2007. La crise grecque exhume aussi des swaps montés en 2001, qui avaient permis à Athènes de masquer environ 2,8 milliards d’euros de dette, en toute légalité et en toute discrétion.

Le pire vient de Malaisie. En 2012 et 2013, Goldman place 6,5 milliards de dollars d’obligations pour le fonds souverain 1MDB et touche environ 600 millions de commissions. L’argent est largement détourné par l’entourage du Premier ministre Najib Razak, avec l’aide de banquiers de Goldman, dont Tim Leissner. En 2020, la banque conclut un accord de 3,9 milliards de dollars avec la Malaisie et paie plus de 2,9 milliards aux autorités américaines et étrangères ; sa filiale malaisienne plaide coupable de complot en vue de violer la loi américaine contre la corruption à l’étranger. Le conseil parle d’« échec institutionnel ».

2016-2026 : l’aventure du grand public, puis le retour aux sources

En octobre 2016, Goldman lance Marcus, du prénom du fondateur, banque en ligne de prêts personnels. David Solomon, entré en 1999, succède à Blankfein en octobre 2018 et pousse le projet : Apple Card en 2019, rachat de GreenSky conclu en 2022 pour 1,73 milliard de dollars. Les pertes s’accumulent, la banque recule ; la revente de GreenSky est annoncée en octobre 2023 et, le 7 janvier 2026, Goldman annonce le transfert de l’Apple Card, plus de 20 milliards de dollars de crédits, à JPMorgan Chase, sur environ deux ans.

Elle achète désormais dans la gestion d’actifs : Industry Ventures et Innovator Capital Management en 2026 ; le rachat de NEOS est annoncé en août. Fin septembre 2026, le Wall Street Journal écrit que le conseil prépare l’arrivée de John Waldron à la direction générale dès 2027 ou 2028 ; la banque répond qu’aucun calendrier n’est arrêté.

Que fait Goldman Sachs aujourd’hui ?

En 2025, les revenus nets du groupe se répartissaient ainsi :

  • Banque d’affaires et marchés : 41,5 milliards de dollars, dont 9,3 milliards de commissions de conseil et d’émissions, 14,5 milliards sur les marchés de taux, de crédit, de devises et de matières premières, 16,5 milliards sur les actions.
  • Gestion d’actifs et de fortune : 16,7 milliards de dollars.
  • Solutions de plateforme (l’Apple Card en cours de transfert) : 0,15 milliard de dollars, après 2,26 milliards de dépréciations et de frais liés à la cession.

Qui dirige Goldman Sachs ?

  • Marcus Goldman (1869-1904) : fondateur, en retrait à partir de 1893.
  • Samuel Sachs et Henry Goldman (1893-1914), puis Henry Goldman seul (1914-1917).
  • Waddill Catchings (homme fort des années 1920, jusqu’en 1930).
  • Sidney Weinberg (1930-1969), puis Gus Levy (1969-1976).
  • John Weinberg et John Whitehead (1976-1984), puis John Weinberg seul (jusqu’en 1990).
  • Robert Rubin et Stephen Friedman (1990-1992), puis Stephen Friedman (1992-1994).
  • Jon Corzine (1994-1999), avec Henry Paulson à partir de juin 1998.
  • Henry Paulson (1999-2006), puis Lloyd Blankfein (2006-2018).
  • David Solomon (depuis octobre 2018).

Comment Goldman Sachs se comporte-t-il en Bourse ?

Dernière grande société d’associés de Wall Street, Goldman Sachs entre à la Bourse de New York le 4 mai 1999, sous le code GS. Le 23 septembre 2013, elle entre au Dow Jones à la place de Bank of America, en même temps que Visa et Nike.

Quels sont les chiffres clés de Goldman Sachs depuis 2021 ?

Exercice Revenus nets Bénéfice net Total du bilan
2021 59,34 21,64 1 464,0
2022 47,37 11,26 1 441,8
2023 46,25 8,52 1 641,6
2024 53,51 14,28 1 676,0
2025 58,28 17,18 1 809,3

En milliards de dollars, comptes publiés par Goldman Sachs. Le bénéfice net s’entend avant dividendes des actions de préférence.

Questions fréquentes sur Goldman Sachs

Qui a fondé Goldman Sachs ?

Marcus Goldman, immigré bavarois, en 1869, à New York. Son gendre Samuel Sachs devient son associé en 1882, d’où le nom de la maison.

Depuis quand Goldman Sachs est-elle cotée en Bourse ?

Depuis le 4 mai 1999. Elle appartenait jusque-là à ses associés.

Qui dirige Goldman Sachs ?

David Solomon, directeur général depuis octobre 2018 et président du conseil depuis janvier 2019, avec John Waldron pour numéro deux.

Qu’est-ce que l’affaire 1MDB ?

Le détournement d’une large part des 6,5 milliards de dollars d’obligations placées par Goldman pour un fonds souverain malaisien, avec la complicité de certains de ses banquiers. En 2020, Goldman a payé plus de 2,9 milliards de dollars aux autorités américaines et étrangères et conclu un accord de 3,9 milliards avec la Malaisie.

Goldman Sachs est-elle une banque comme les autres ?

Non : elle n’a pas d’agences et se retire du crédit aux particuliers. Mais depuis 2008, elle est une holding bancaire contrôlée par la Réserve fédérale.

Pour la stratégie, les forces et les faiblesses du groupe aujourd’hui, lisez notre analyse SWOT de Goldman Sachs.

Toutes nos analyses sont réunies sur la page des analyses SWOT des grandes entreprises.

Sources

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

Découvrir mon parcours
À lire ensuite
Trader, ça s’apprend
2 étapes pour progresser
1ProRealTime —
La formation complète Gratuit

Le trading commence par les bons outils.

  • La formation complète à la plateforme
  • Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
  • Configuration guidée, pas à pas
2Mon École de Trading —
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin

Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.

Découvrir l’École
Excellentsur Trustpilot · 590+ avis

2 commentaires

La discussion se poursuit sur le forum andlil.com.
S
stochastic4 décembre 2015
très bon article de la Goldman Sachs !
L
Lison Nadjar2 octobre 2019
Hello Please could you give me the email of Elishal Wiesel who is directed of formantion at goldman Sacks in New Yordk. Thank you Best regards Elisabeth
Laisser un commentaire

Votre nom et votre commentaire seront publiés après relecture ; votre adresse e-mail ne le sera jamais. Votre adresse IP est conservée un an, comme la loi l’exige. Pour en savoir plus ou exercer vos droits : charte de confidentialité. Le formulaire est protégé contre les robots par Cloudflare Turnstile.

Restez au contact des marchés et du monde.

Recevez mes analyses par e-mail, et rejoignez la discussion avec la communauté du forum.