Meublé de tourisme et location courte durée en 2026 : impôt et démarches
Abattements depuis la loi Le Meur, meublé classé ou non, chambres d’hôtes, cotisations au-delà de 23 000 €, déclaration en mairie : la location de courte durée.

Depuis les revenus de 2025, la location d’un meublé de tourisme non classé ne bénéficie plus que d’un abattement de 30 %, dans la limite de 15 000 € de recettes par an ; un meublé de tourisme classé et des chambres d’hôtes gardent un abattement de 50 %, jusqu’à 77 700 € de recettes pour 2025 et 83 600 € pour 2026. Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles d’un meublé de tourisme, des cotisations sociales sont dues, même pour un loueur non professionnel. Avant la première location, il faut aussi s’immatriculer et déclarer le logement en mairie, sauf pour une résidence principale dans la plupart des communes.
Ces règles viennent pour l’essentiel de la loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme, dite loi Le Meur. Cette fiche couvre la location de courte durée d’un logement entier, d’une résidence secondaire ou de sa résidence principale, et les chambres d’hôtes ; les règles communes à toute location meublée sont dans la fiche location meublée non professionnelle.
Qu’est-ce qu’un meublé de tourisme, et qu’est-ce qui change s’il est classé ?
Un meublé de tourisme est une maison, un appartement ou un studio meublé loué à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, pour une location à la journée, à la semaine ou au mois. Le client a l’usage exclusif du logement, sans le propriétaire, et un même client ne peut pas y totaliser plus de 90 jours consécutifs par année civile. Le logement doit comporter un équipement minimal fixé par la réglementation (literie, cuisine équipée, vaisselle, rangements, matériel d’entretien…).
Le classement est facultatif et payant. Un organisme évaluateur accrédité visite le logement et propose un classement de 1 à 5 étoiles, acquis pour 5 ans sauf refus dans les 15 jours ; une note de plateforme ou un label privé n’en tient pas lieu. Fiscalement, il fait passer l’abattement du micro-BIC de 30 % à 50 % et le seuil de 15 000 € à 77 700 € ou 83 600 €. Il évite aussi le tarif majoré de taxe de séjour appliqué aux meublés non classés dans les communes qui la perçoivent.
Les chambres d’hôtes sont des chambres meublées situées chez l’habitant, louées à des touristes pour une ou plusieurs nuitées, avec des prestations comme le petit-déjeuner. Elles suivent, depuis 2025, les mêmes seuils et abattements que les meublés de tourisme classés.
Comment sont imposés les loyers d’une location de courte durée ?
Comme toute location meublée, les loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, imposés au barème de l’impôt sur le revenu. Les recettes se déclarent pour leur montant total, charges comprises ; au micro-BIC, aucun frais ne s’en déduit, l’abattement les couvrant forfaitairement.
| Type de location | Revenus 2024 | Revenus 2025 | Revenus 2026 |
|---|---|---|---|
| Meublé de tourisme classé | 188 700 € / 71 % | 77 700 € / 50 % | 83 600 € / 50 % |
| Chambres d’hôtes | 188 700 € / 71 % | 77 700 € / 50 % | 83 600 € / 50 % |
| Meublé de tourisme non classé | 77 700 € / 50 % | 15 000 € / 30 % | 15 000 € / 30 % |
Au-delà du seuil, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges réelles et l’amortissement du logement, sans que l’amortissement puisse créer un déficit. Le dépassement du seuil une première année n’entraîne pas tout de suite la sortie du micro-BIC : elle intervient après deux années consécutives de dépassement.
Un loueur de courte durée est le plus souvent non professionnel au sens fiscal : il ne devient loueur en meublé professionnel que si ses recettes dépassent 23 000 € et l’ensemble des autres revenus d’activité du foyer (voir la fiche LMP). Ses revenus supportent alors 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf s’ils sont soumis à cotisations sociales.
Exemple chiffré : classer ou ne pas classer
Une contribuable dont le taux marginal d’imposition est de 30 % loue sa résidence secondaire en meublé de tourisme et encaisse 12 000 € en 2026, sous le seuil des cotisations sociales.
- Non classé : 12 000 € × (1 − 30 %) = 8 400 € imposables. Impôt : 8 400 × 30 % = 2 520 €. Prélèvements sociaux : 8 400 × 18,6 % = 1 562,40 €. Total : 4 082,40 €.
- Classé : 12 000 € × (1 − 50 %) = 6 000 € imposables. Impôt : 6 000 × 30 % = 1 800 €. Prélèvements sociaux : 6 000 × 18,6 % = 1 116 €. Total : 2 916 €.
- Écart : 4 082,40 − 2 916 = 1 166,40 € par an en faveur du classement, à comparer au coût de la visite de classement, valable 5 ans.
Le calcul est simplifié : il applique le seul taux marginal et ignore la CSG déductible.
Quand faut-il payer des cotisations sociales ?
La location de courte durée suit une règle sociale propre, distincte du statut fiscal. Le loueur d’un meublé de tourisme dont les recettes annuelles de courte durée dépassent 23 000 € doit payer des cotisations sociales, même s’il reste loueur non professionnel pour l’impôt. Il choisit entre trois formules :
- le régime de micro-entrepreneur, si l’activité relève du micro-BIC : les cotisations sont un pourcentage des recettes, 6 % pour la location de meublés de tourisme en 2026, déclarées chaque mois ou chaque trimestre ; un meublé non classé qui dépasse 23 000 € de recettes a franchi le seuil de 15 000 € du micro-BIC et relève vite du régime réel ;
- le régime des travailleurs indépendants, où les cotisations sont calculées sur le bénéfice ;
- pour un meublé de tourisme non classé, le régime général de la sécurité sociale, sur option.
Les loueurs de chambres d’hôtes ne sont pas concernés par ce seuil de 23 000 € : ils paient des cotisations quand le revenu imposable de cette activité dépasse 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 6 123 € pour 2025. Leur taux micro-social est de 21,2 % des recettes depuis 2025.
Les revenus soumis à cotisations ne supportent pas, en plus, les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine : ils se déclarent dans des cases distinctes et l’administration fiscale ne leur applique pas les 18,6 %.
Exemple : 30 000 € de recettes d’un meublé classé
Un salarié qui gagne 45 000 € par an loue un appartement classé en meublé de tourisme pour 30 000 € de recettes en 2026. Il reste loueur non professionnel pour l’impôt, puisque ses recettes ne dépassent pas ses salaires. Mais ses recettes de courte durée dépassent 23 000 € : il doit payer des cotisations. Au micro-BIC, son bénéfice imposable est de 30 000 € × 50 % = 15 000 €, ajouté à ses salaires. S’il choisit le régime de micro-entrepreneur, ses cotisations s’élèvent à 30 000 € × 6 % = 1 800 €. À titre de comparaison, 18,6 % de prélèvements sociaux sur le même bénéfice de 15 000 € auraient représenté 2 790 €.
Quelles démarches en mairie et auprès des impôts ?
La déclaration en mairie
Une résidence secondaire louée en meublé de tourisme doit être déclarée à la mairie, selon l’une de deux procédures. Dans la plupart des communes, une déclaration simple sur le formulaire cerfa n° 14004, envoyée en recommandé avec accusé de réception ; l’omission est passible d’une amende pouvant atteindre 450 €. Dans les communes, souvent grandes, qui l’ont instaurée, une déclaration avec enregistrement : la mairie délivre un numéro d’enregistrement de 13 caractères, à faire figurer sur chaque annonce, y compris sur les plateformes ; l’absence de déclaration est passible d’une amende civile pouvant aller jusqu’à 5 000 €.
Dans les communes à enregistrement, louer une résidence secondaire suppose d’abord une autorisation de changement d’usage, qui transforme juridiquement le logement en local de location touristique. En métropole, elle suppose un diagnostic de performance énergétique classé de A à E, puis de A à D à partir de 2034. Louer sans cette autorisation expose à une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 €, avec remise en état et astreinte. Votre mairie vous dira quelle procédure s’applique.
La résidence principale
Louer sa résidence principale quand on part en vacances ne demande en général aucune démarche en mairie ; seules certaines grandes communes exigent une déclaration avec numéro d’enregistrement. Dans ces communes, la location est limitée à un nombre de jours par an fixé entre 90 et 120 selon la commune, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou force majeure ; le dépassement est passible d’une amende civile de 10 000 €. Un locataire doit obtenir l’accord écrit de son propriétaire, et un logement social ne peut jamais être loué en meublé de tourisme.
En copropriété, vérifiez le règlement : une clause d’habitation exclusivement bourgeoise interdit l’activité, et les règlements établis depuis le 21 novembre 2024 disent expressément si elle est permise.
Les impôts
Avant la première location, déclarez le début d’activité sur le site du guichet des formalités des entreprises, gratuitement : vous obtenez un numéro SIRET, à reporter sur la déclaration de revenus. Le service des impôts des entreprises du lieu du logement vous dira si une cotisation foncière des entreprises est due.
Les recettes de 2025 se déclarent au printemps 2026 sur la 2042-C-PRO, rubrique des locations meublées non professionnelles : case 5NG pour les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes, 5NH pour les meublés de tourisme non classés. Si les recettes sont soumises aux cotisations sociales, elles vont en cases 5NJ (classés et chambres d’hôtes) ou 5NK (non classés) ; l’administration fiscale ne leur applique alors pas les prélèvements sociaux, puisque les cotisations sont dues à l’Urssaf. Au régime réel, le résultat de la déclaration 2031 se reporte en case 5NA (bénéfice) ou 5NY (déficit), ou, pour les revenus soumis à cotisations, en case 5NM (bénéfice) ou 5WE (déficit).
Taxe de séjour et taxe d’habitation
Quand la commune perçoit une taxe de séjour, vous la collectez auprès du client et la reversez, sauf si la plateforme de paiement s’en charge. Une résidence secondaire louée de façon saisonnière reste soumise à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires dès lors que vous vous en réservez l’usage quelques jours par an. À partir de 2027, les communes pourront exonérer de cette taxe les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes, sur délibération prise avant le 1er octobre 2026.
Les erreurs à éviter
Se tromper de case. L’abattement est appliqué automatiquement selon la case remplie : déclarer un meublé non classé en case 5NG, réservée aux meublés classés, lui donne 50 % au lieu de 30 %, une insuffisance de déclaration que l’administration peut redresser. L’ancien abattement de 71 % a, lui, disparu pour les revenus perçus depuis le 1er janvier 2025.
Confondre le seuil fiscal et le seuil social. Les 23 000 € qui déclenchent les cotisations sociales d’un meublé de tourisme ne font pas de vous un loueur professionnel pour l’impôt : il faut aussi dépasser les autres revenus d’activité du foyer.
Ne pas rapprocher ses comptes du relevé des plateformes. La plateforme doit vous remettre en janvier le montant brut de vos transactions de l’année précédente. Vérifiez qu’il correspond à vos recettes et gardez le détail des réservations, annulations et remboursements pour expliquer tout écart.
Louer sans numéro d’enregistrement là où il est exigé. Il doit figurer sur chaque annonce ; l’absence de déclaration expose à une amende civile pouvant atteindre 5 000 €. Pour une résidence principale, la plateforme désactive l’annonce une fois atteint le nombre de jours autorisé.
Ce que la loi permet, et ce qui est seulement annoncé
Le classement du logement est l’arbitrage que la loi prévoit expressément pour retrouver l’abattement de 50 % et le seuil de 83 600 €. Le régime réel reste ouvert à tous : il devient avantageux quand les charges et l’amortissement dépassent l’abattement forfaitaire, ce qui arrive vite avec un abattement de 30 %. La location de pièces de sa propre résidence principale à des personnes de passage reste exonérée d’impôt tant que les recettes ne dépassent pas 760 € toutes taxes comprises par an, jusqu’au 31 décembre 2026 ; cette exonération ne se cumule pas avec le micro-BIC.
Le projet de loi de finances pour 2027 contiendrait, selon des éditeurs spécialisés, un plafonnement de l’amortissement des meublés de tourisme à 1,5 % par an et 5 000 € par foyer. Au 23 octobre 2026, cette mesure n’est pas votée.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer les revenus Airbnb aux impôts ?
Oui, sauf location de pièces de votre résidence principale à des personnes de passage pour 760 € par an au plus (des recettes inférieures à 305 € ne sont, en outre, pas imposées). Les recettes d’un meublé de tourisme se déclarent sur la 2042-C-PRO avec un numéro SIRET ; la plateforme vous remet en janvier le montant brut de vos transactions de l’année précédente.
Quel abattement pour un meublé de tourisme en 2026 ?
50 % pour un meublé de tourisme classé, jusqu’à 83 600 € de recettes, et 30 % pour un meublé non classé, jusqu’à 15 000 € de recettes. Pour les revenus de 2025, déclarés au printemps 2026, le seuil du classé était de 77 700 €.
À partir de quand paie-t-on des cotisations sociales sur une location de courte durée ?
Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles de location de meublés de tourisme. Pour des chambres d’hôtes, quand le revenu imposable de l’activité dépasse 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 6 123 € pour 2025.
Combien de jours peut-on louer sa résidence principale ?
Un même client ne peut pas y rester plus de 90 jours consécutifs par an. Dans les communes qui imposent l’enregistrement, la location de la résidence principale est en outre limitée à un total compris entre 90 et 120 jours par an, selon la décision de la commune.
Pour aller plus loin
- La plus-value immobilière à la revente
- L’entreprise individuelle au régime réel
- Déclarer ses revenus : calendrier et formulaires
- Qu’est-ce qu’un abattement fiscal ?
Sources officielles
- Service-Public.fr — Faire de sa résidence secondaire une location de vacances (meublé de tourisme)
- Service-Public.fr — Faire de sa résidence principale une location de vacances
- Service-Public.fr — Impôt sur le revenu : revenus d’une location meublée
- Service-Public.fr — Location meublée : cotisations sociales
- Entreprendre.Service-Public.fr — Hébergement touristique et micro-entreprise : règles applicables aux revenus 2025
- BOFiP — Location meublée et loi Le Meur (BOI-BIC-CHAMP-40-20)
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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