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Larry Williams : biographie, méthode et record du championnat de 1987

Créateur du Williams %R et vainqueur du championnat Robbins de 1987 avec 11 376 % de rendement net, Larry Williams est le plus populaire des traders de contrats à terme à court terme, et l’un des plus discutés.

Larry Williams : Le recordman de 1987, entre oscillateurs et fisc

Qui est Larry Williams ?

Larry Richard Williams, né le 6 octobre 1942 à Miles City, dans le Montana, est un trader américain de contrats à terme, auteur d’une dizaine de livres de trading et créateur de plusieurs indicateurs, dont le Williams %R, connu pour avoir remporté en 1987 le World Cup Championship of Futures Trading avec un rendement net de 11 376 % en un an.

C’est le plus populaire des traders de cette famille, et le plus discuté. Ses indicateurs figurent dans tous les logiciels ; ses séminaires ont fait le tour du monde ; sa performance de concours est publiée par l’organisateur. Son parcours comprend aussi deux candidatures au Sénat des États-Unis et un long conflit avec l’administration fiscale américaine, réglé en 2010.

Larry Williams en résumé

Diplômé de journalisme, Larry Williams a fait du trading à court terme sur contrats à terme une matière d’enseignement, avec des règles simples, des indicateurs maison et un sens de la formule qui se lit jusque dans ses titres de livres.

  • Famille : Chicago, futures et tendance
  • Naissance : 6 octobre 1942, Miles City (Montana)
  • Nationalité : américaine
  • Marchés : contrats à terme sur indices, obligations, matières premières, et actions
  • Style : trading à court terme, cassures de volatilité, oscillateurs, saisonnalité, rapports sur les positions des opérateurs
  • Coup le plus célèbre : le championnat Robbins de 1987, remporté avec 11 376 % de rendement net
  • Livres : notamment How I Made One Million Dollars… Last Year… Trading Commodities (1979), The Definitive Guide to Futures Trading (1988), Long-Term Secrets to Short-Term Trading (1999), Trade Stocks and Commodities with the Insiders (2005), Confessions of a Radical Tax Protestor (2011)

La vie de Larry Williams : du journalisme au championnat

Larry Williams naît en 1942 à Miles City, dans l’est du Montana. Bachelier du lycée de Billings en 1960, il obtient en 1964 son diplôme de l’école de journalisme de l’université de l’Oregon. Il se tourne ensuite vers les marchés et s’oriente vers les contrats à terme, qu’il traite à court terme et qu’il commence à enseigner par l’écrit.

En 1979, il publie chez Windsor Books How I Made One Million Dollars… Last Year… Trading Commodities, où il expose notamment l’usage du Williams %R. Il crée ensuite d’autres indicateurs, dont l’Ultimate Oscillator, qui combine trois horizons de temps, et des indices construits sur les rapports de la Commodity Futures Trading Commission, l’autorité américaine des marchés à terme, qui publie chaque semaine les positions des grandes catégories d’opérateurs.

La politique l’occupe aussi. Candidat républicain au Sénat dans le Montana, il est battu en 1978 par Max Baucus, avec 44 % des voix, puis en 1982 par le sénateur sortant John Melcher, avec 42 %. Il a également soutenu une initiative populaire qui a fait du Montana le premier État à indexer ses tranches d’impôt sur l’inflation.

En 1987, il remporte le championnat de Robbins Trading. Les années 2000 sont celles du conflit avec le fisc américain, raconté plus bas. Il a continué ensuite à publier et à donner des conférences sur le trading à court terme.

Quelle est la méthode de Larry Williams ?

Larry Williams est un trader de court terme, comme Linda Bradford Raschke : ses positions durent de quelques heures à quelques jours. Son outil le plus connu, le Williams %R, mesure où se situe la clôture par rapport à l’amplitude des N dernières séances : proche de 0, le cours clôture près du plus haut de la période ; proche de −100, près du plus bas. C’est un oscillateur de surachat et de survente, cousin de la stochastique, qu’il utilise moins comme un signal autonome que comme un filtre.

Le cœur de sa méthode, exposé dans Long-Term Secrets to Short-Term Trading, est la cassure de volatilité : acheter quand le cours dépasse l’ouverture du jour d’une fraction de l’amplitude de la veille, vendre dans le cas inverse. L’idée est qu’un mouvement inhabituel par rapport à la volatilité récente a des chances de se prolonger quelques séances. À cela s’ajoutent des configurations de prix sur quelques barres, des biais saisonniers et la lecture des positions des opérateurs commerciaux, ceux qui couvrent une activité réelle et que Williams considère comme les mieux informés.

Ses livres insistent sur la protection de chaque position par un stop fixé à l’avance. Reste l’effet de levier, propre aux contrats à terme : avec un dépôt de garantie réduit, on engage une exposition bien supérieure à son capital. C’est lui qui rend possibles des rendements de concours comme le sien, et des pertes de même ampleur.

Quel est le coup le plus célèbre de Larry Williams ?

Le World Cup Championship of Futures Trading, organisé par la société de courtage Robbins Trading, oppose des traders qui engagent leur propre argent, sur des comptes réels, pendant douze mois ; les résultats sont publiés par l’organisateur. En 1987, Larry Williams y inscrit un compte dont la mise de départ généralement citée est de 10 000 dollars.

L’année est l’une des plus violentes de l’histoire moderne des marchés : le contrat à terme sur le S&P 500, lancé en 1982 par le Merc de Leo Melamed, s’effondre le 19 octobre, lors du krach de 1987, et les marchés de taux connaissent des mouvements extrêmes. À la fin de l’année, Williams affiche un rendement net de 11 376 %, selon le chiffre que l’organisateur continue de publier. Sur une mise de 10 000 dollars, cela représente plus de 1,1 million de dollars, chiffre repris par la plupart des récits.

Il le cite comme sa performance de référence, et pour montrer la dispersion des résultats : en 2001, rappelle-t-il, un rendement de 53 % a suffi pour gagner. Le parcours détaillé du compte au fil de l’année, les montants engagés et les pertes intermédiaires ne sont pas publiés sous une forme vérifiable ; seul le résultat final l’est. Marty Schwartz, l’autre champion de concours de cette famille, s’est illustré dans une compétition différente, les championnats de quatre mois organisés par Norman Zadeh.

Quelle a été la pire erreur de Larry Williams ?

La pire erreur documentée de Larry Williams n’est pas une position, c’est une conviction fiscale. Il adhère aux thèses des « protestataires fiscaux » : avec l’aide d’un avocat de ses amis, il se déclare citoyen souverain de Californie, dispensé à ce titre de l’impôt fédéral, et fait transiter l’essentiel de ses revenus par une fiducie. Il cesse de payer l’impôt fédéral sur le revenu.

En mai 2006, il est arrêté à Sydney au début d’une tournée de conférences, à la demande des États-Unis, qui l’accusent de fraude fiscale ; l’Associated Press évoque alors environ 1,5 million de dollars d’impôts qui n’auraient pas été payés sur des droits d’auteur et des séminaires entre 1990 et 2001. Il est libéré sous caution, conteste son extradition, perd, et rentre se défendre aux États-Unis.

Le 5 février 2010, selon son propre récit, que confirme pour l’essentiel l’émission Planet Money de la radio publique NPR, les accusations de fraude fiscale sont abandonnées ; il plaide coupable de trois délits (des misdemeanors, la catégorie d’infractions la moins grave du droit pénal fédéral américain) pour défaut de dépôt de ses déclarations de revenus, celles de 1999, 2000 et 2001 selon son livre. Selon Planet Money, il avait accepté avant le procès de régler 600 000 dollars d’arriérés et d’intérêts, et a payé une amende de 50 000 dollars. Sa défense soutenait qu’il ignorait le caractère illégal de son montage et que des pertes subies dans des escroqueries à l’investissement réduisaient fortement son revenu imposable sur la période. Il a tiré de l’affaire un livre au titre sans ambiguïté, Confessions of a Radical Tax Protestor.

Qu’a ajouté la légende à l’histoire de Larry Williams ?

Le chiffre de 1987 est solide, mais il circule sous plusieurs formes : 11 376 %, 11 300 %, 10 900 %, « 10 000 dollars devenus 1,1 million ». La référence est le rendement net publié par l’organisateur, 11 376 %. Les récits d’un compte qui aurait atteint un sommet bien plus haut en cours d’année avant de reculer circulent aussi ; ils ne reposent sur aucun document public consultable.

Les titres de ses livres ont nourri la légende. Comment j’ai gagné un million de dollars l’année dernière annonce un résultat sans dire ce qu’il a coûté en risque, ni ce que fut l’année suivante. C’est l’éternel problème des performances exceptionnelles isolées : elles prouvent qu’un résultat est possible, pas qu’il est reproductible.

Le public ignore souvent, enfin, que le créateur du Williams %R a été deux fois candidat au Sénat, et que l’actrice Michelle Williams est sa fille. Il ignore aussi, parfois, la nuance juridique de son affaire fiscale : les accusations de fraude ont été abandonnées, et il a plaidé coupable de délits de défaut de déclaration de revenus.

Que peut apprendre un trader de Larry Williams ?

Williams enseigne d’abord qu’on peut gagner beaucoup en peu de temps sur les contrats à terme, et en creux pourquoi c’est dangereux : le levier qui produit 11 376 % produit aussi des pertes totales. Ses méthodes sont publiques ; ce qui ne l’est pas, c’est la tolérance au risque qu’elles ont exigée.

  • Mesurer chaque signal par rapport à la volatilité récente plutôt qu’en points fixes.
  • Utiliser un oscillateur comme le Williams %R comme filtre de contexte, pas comme ordre d’achat ou de vente automatique.
  • Ne pas juger une méthode sur une seule année exceptionnelle : le biais du résultat fait prendre une performance de concours pour une preuve de méthode.
  • Distinguer le levier d’un concours de celui d’un compte qu’on ne peut pas se permettre de perdre.
  • Lire les rapports hebdomadaires de la CFTC sur les positions des opérateurs : c’est une information publique et gratuite, que peu de particuliers consultent.

Quels livres lire sur Larry Williams ?

  • Larry Williams, Long-Term Secrets to Short-Term Trading, John Wiley & Sons, 1999 ; en français, Secrets de long terme pour du trading à court terme, Valor, 2008 : son livre de méthode le plus complet.
  • Larry Williams, How I Made One Million Dollars… Last Year… Trading Commodities, Windsor Books, 1979 : le livre qui l’a fait connaître et où il expose le Williams %R.
  • Larry Williams, Trade Stocks and Commodities with the Insiders, John Wiley & Sons, 2005 : la lecture des rapports de positions des opérateurs commerciaux.
  • Larry Williams, Confessions of a Radical Tax Protestor, John Wiley & Sons, 2011 : son récit de l’affaire fiscale, à lire comme un plaidoyer.
  • Planet Money, NPR, épisode 685, « Larry vs. The IRS », 2016 : un récit radiophonique de l’affaire, avec le point de vue de spécialistes de la fiscalité.

Questions fréquentes sur Larry Williams

Combien Larry Williams a-t-il gagné au championnat de 1987 ?

Il a obtenu un rendement net de 11 376 % en douze mois au World Cup Championship of Futures Trading de Robbins Trading, selon l’organisateur. Sur la mise de départ de 10 000 dollars généralement citée, cela représente plus de 1,1 million de dollars. L’organisateur le cite toujours comme sa performance de référence.

Qu’est-ce que le Williams %R ?

C’est un oscillateur créé par Larry Williams qui situe la clôture dans l’amplitude des N dernières séances, sur une échelle de 0 à −100. Près de 0, le marché est jugé en zone de surachat ; près de −100, en zone de survente. Il s’emploie surtout comme filtre, en complément d’une analyse de tendance.

Larry Williams est-il le père de Michelle Williams ?

Oui, l’actrice Michelle Williams, nommée aux Oscars en 2006 pour Le Secret de Brokeback Mountain, est sa fille, comme l’a rappelé l’Associated Press lors de son arrestation à Sydney.

Larry Williams a-t-il été condamné pour fraude fiscale ?

Non. Poursuivi pour fraude fiscale, il a vu ces accusations abandonnées le 5 février 2010, selon son propre récit, et a plaidé coupable de trois délits (misdemeanors) de défaut de dépôt de déclarations de revenus. Il avait accepté de régler environ 600 000 dollars d’arriérés et d’intérêts et a payé une amende de 50 000 dollars, selon NPR.

Pour aller plus loin

L’auteur

Benoist Rousseau

Sièges CME & CBOT · Trader depuis 1994

Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.

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