Les grands traders et investisseurs : le guide en 52 biographies

Cinquante-deux traders et investisseurs, de la Bourse d’Amsterdam en 1688 aux fonds quantitatifs d’aujourd’hui. Chaque fiche raconte une vie, explique une méthode, chiffre le plus beau coup et la pire erreur, puis sépare ce que disent les documents de ce que la légende a ajouté. Les sources sont vérifiées ; pour les vivants et les affaires judiciaires, rien de plus que ce que les jugements et les documents publics ont établi.
Ils sont rangés en huit familles, des pionniers à ceux qui ont tout fait sauter. Les erreurs de jugement qui les ont perdus ou servis ont leur fiche dans le guide des biais cognitifs, et les krachs qu’ils ont traversés dans le guide des krachs boursiers.
Par où commencer
Huit fiches, à lire dans l’ordre : deux écoles, trois façons de spéculer, une expérience, une méthode et une catastrophe.
Le point de départ : le spéculateur dont la vie tient tout le métier, ses gains et ses ruines.
L’autre école : acheter avec une marge de sécurité, et laisser parler le temps.
L’élève de Graham, devenu l’investisseur le plus suivi du monde.
La spéculation sur les monnaies, et le pari contre la livre sterling en 1992.
La macroéconomie au jour le jour, et le krach de 1987 vu de l’intérieur.
Peut-on apprendre à trader ? L’expérience des Tortues.
Des casinos aux marchés : les probabilités, la taille des positions et le critère de Kelly.
Comment un seul opérateur a pu ruiner la plus ancienne banque d’affaires de Londres.
Les huit familles
Chaque fiche renvoie aux traders de sa famille et à ceux qui ont croisé sa route.
Les pionniers
Avant Wall Street, il y avait déjà des spéculateurs : un marchand d’Amsterdam qui décrit la Bourse en 1688, un négociant de riz d’Osaka, un Écossais qui réinvente la monnaie de la France, un banquier qui finance la guerre contre Napoléon. Leurs noms traînent derrière eux plus de légendes que de documents ; ces fiches font le tri.
Joseph de la Vegav. 1650-1692 · AmsterdamLe poète qui a décrit la Bourse avant qu’elle ait un nom.
Munehisa Homma1724-1803 · Dōjima, OsakaLe père supposé des chandeliers, qui n’en a peut-être jamais tracé.
John Law1671-1729 · Paris, VeniseLe joueur qui voulait payer la dette de la France en actions.
Richard Cantillon1680?-1734 · Paris, LondresLe spéculateur du Mississippi qui inventa l’économie politique.
Nathan Mayer Rothschild1777-1836 · la City, LondresLe banquier que Waterloo faillit ruiner, et que la légende enrichit.
Jay Gould1836-1892 · Wall StreetLe géomètre qui voulait accaparer tout l’or de New York.
Hetty Green1834-1916 · Wall StreetLa femme la plus riche d’Amérique, et la plus mal habillée.Wall Street avant 1945
L’âge des opérateurs : un journaliste qui invente l’indice, un banquier qui sauve le marché en 1907, des spéculateurs qui lisent la bande du téléscripteur et parient seuls contre tout le monde. C’est l’époque de Jesse Livermore et du krach de 1929, et celle où naît le gendarme de la Bourse.
Charles Dow1851-1902 · Wall StreetLe journaliste qui a appris à Wall Street à se mesurer.
J. P. Morgan1837-1913 · Wall StreetLe banquier qui servait de banque centrale, faute de mieux.
Jesse Livermore1877-1940 · Wall StreetLe spéculateur qui énonçait ses règles mieux qu’il ne les suivait.
Richard Wyckoff1873-1934 · Wall StreetL’éditeur qui imaginait un seul homme derrière tout le marché.
William D. Gann1878-1955 · Wall StreetLe prophète des prix qui ne montrait jamais ses comptes.
Bernard Baruch1870-1965 · Wall StreetLe spéculateur qui a appris à perdre peu et à vivre longtemps.
Joseph Kennedy1888-1969 · Wall StreetLe spéculateur chargé d’interdire ce qui l’avait enrichi.La valeur et le long terme
Acheter une entreprise pour moins qu’elle ne vaut, et attendre. De Benjamin Graham à Warren Buffett, de John Templeton à John Bogle, ceux qui ont gagné le plus sont souvent ceux qui ont le moins traité. Leur méthode est simple à énoncer ; la patience qu’elle demande l’est moins.
Benjamin Graham1894-1976 · Wall StreetLe professeur qui a appris à Wall Street à compter avant d’acheter
Philip Fisher1907-2004 · San FranciscoL’homme qui achetait des entreprises pour ne presque jamais les vendre
Thomas Rowe Price1898-1983 · BaltimoreLe père des valeurs de croissance, qui les a quittées le premier
John Templeton1912-2008 · Wall Street, NassauLe contrarien qui achetait quand le monde entier vendait
Warren Buffettné en 1930 · OmahaL’élève de Graham qui a appris à payer pour la qualité
Charlie Munger1924-2023 · Los AngelesL’avocat qui collectionnait les erreurs humaines pour les éviter
Walter Schloss1916-2012 · Wall StreetLe gérant sans secrétaire qui achetait ce que personne ne regardait
Peter Lynchné en 1944 · BostonLe gérant qui trouvait ses idées en ville et les vérifiait au bureau
John Bogle1929-2019 · Valley ForgeLe fondateur qui a rendu Wall Street moins cher, et moins richeMacroéconomie et hedge funds
Le premier hedge fund naît en 1949 ; ses héritiers parient sur les monnaies, les taux et les matières premières du monde entier. George Soros contre la livre sterling, Paul Tudor Jones devant le krach de 1987, Ray Dalio et ses principes : le marché vu d’en haut, avec un effet de levier qui ne pardonne pas.
Alfred Winslow Jones1900-1989 · Wall StreetLe sociologue qui a inventé le fonds spéculatif sans le dire.
George Sorosné en 1930 · New York, LondresLe philosophe contrarié qui a fait plier la livre sterling.
Stanley Druckenmillerné en 1953 · Wall StreetL’architecte discret du pari contre la livre sterling.
Julian Robertson1932-2022 · Wall StreetLe tigre qui a préféré rendre l’argent que suivre la bulle.
Michael Steinhardtné en 1940 · Wall StreetLe gérant qui ne gagnait qu’en pensant contre tout le monde.
Jim Rogersné en 1942 · New York, SingapourL’analyste de Soros qui a troqué Wall Street contre la route.
Paul Tudor Jonesné en 1954 · New York, GreenwichLe trader du coton qui a vu venir le lundi noir.
Bruce Kovnerné en 1945 · New York, PrincetonLe professeur qui jouait aux échecs avec les banques centrales.
Ray Dalioné en 1949 · ConnecticutLe gérant qui a transformé sa pire erreur en règlement intérieur.Chicago, futures et tendance
Le Chicago Mercantile Exchange et le Chicago Board of Trade ont fait naître une autre famille : celle des contrats à terme, de la corbeille et du suivi de tendance. Leo Melamed y lance les contrats sur devises, Richard Dennis y forme ses Tortues, et des règles écrites remplacent l’intuition.
Leo Melamedné en 1932 · ChicagoL’avocat qui a fait coter les monnaies à côté du porc.
Richard Donchian1905-1993 · New YorkLe vendeur de tapis qui a mis la tendance en règles.
Richard Dennisné en 1949 · ChicagoLe prince du parquet qui voulait élever des traders.
William Eckhardttrader depuis 1974 · ChicagoLe logicien qui ne croit qu’à 51 % de certitude.
Ed Seykotané en 1946 · lac TahoeL’ingénieur qui a confié la tendance à l’ordinateur.
Larry Williamsné en 1942 · MontanaLe recordman de 1987, entre oscillateurs et fisc.
Linda Bradford Raschkedébuts en 1981 · PhiladelphieLa trader de court terme qui a fait une soupe des Tortues.
Marty Schwartzné en 1945 · New YorkL’analyste qui a cessé d’avoir raison pour gagner.Les quantitatifs
Un professeur de mathématiques bat les casinos de Las Vegas, puis le marché ; un autre, briseur de codes, crée le fonds le plus rentable connu. Les quantitatifs remplacent l’opinion par la statistique et l’intuition par l’ordinateur, et gardent leurs méthodes pour eux.
Edward Thorpné en 1932 · Las Vegas, NewportLe mathématicien qui a compté les cartes avant les cours.
Jim Simons1938-2024 · Long IslandLe géomètre qui a confié la Bourse à des chercheurs.
David Shawné en 1951 · New YorkL’informaticien qui a fait de Wall Street un centre de calcul.
Cliff Asnessné en 1966 · GreenwichL’élève de Fama qui a parié contre l’efficience, avec méthode.
Ken Griffinné en 1968 · Chicago, MiamiL’étudiant qui spéculait sous une antenne parabolique à Harvard.Contre la foule
Parier sur la baisse quand tout le monde achète : Jim Chanos voit tomber Enron, John Paulson et Michael Burry voient venir la crise des subprimes. Avoir raison trop tôt est la façon la plus élégante d’avoir tort ; ils ont eu raison à temps.
Ceux qui ont tout fait sauter
La plus ancienne banque d’affaires de Londres ruinée par un seul opérateur, un fonds de prix Nobel repris par un consortium de banques réuni par la Réserve fédérale de New York, une perte de près de cinq milliards d’euros à la Société Générale, un fonds familial qui s’effondre en quelques jours. Ces fiches s’en tiennent à ce que les rapports officiels et les jugements ont établi.
Nick Leesonné en 1967 · SIMEX, SingapourLe compte d’erreur qui a coûté une banque de 233 ans.
John Meriwetherné en 1947 · Wall StreetLe cerveau de l’arbitrage qui a manqué de temps pour avoir raison.
Jérôme Kervielné en 1977 · La DéfenseCoupable au pénal, la banque jugée fautive au civil.
Bill Hwangné en 1964 · New YorkLe gérant invisible dont la chute a coûté dix milliards aux banques.Les traders et leurs biais
Chaque fiche renvoie au biais cognitif qui éclaire la carrière du trader, celui qui l’a perdu ou celui dont il a su profiter chez les autres.
Questions fréquentes sur les grands traders
Qui est le plus grand trader de l’histoire ?
Il n’y a pas de réponse unique : tout dépend de ce que l’on mesure. Par le rendement publié, le fonds Medallion de Jim Simons n’a pas d’équivalent connu ; par la richesse accumulée et la durée, Warren Buffett ; par un seul pari, George Soros en 1992 ou John Paulson en 2007. Jesse Livermore reste le plus lu.
Quelle est la différence entre un trader et un investisseur ?
L’horizon et la méthode. Le trader cherche à profiter des mouvements des prix, souvent sur des jours ou des semaines, parfois moins ; l’investisseur achète une part d’entreprise pour des années. Le guide réunit les deux, parce que les meilleurs de chaque camp ont souvent emprunté à l’autre.
Quels livres lire pour commencer ?
Mémoires d’un spéculateur d’Edwin Lefèvre, sur Jesse Livermore ; L’Investisseur intelligent de Benjamin Graham ; et les entretiens de Jack Schwager réunis dans Les magiciens des marchés, où parlent Paul Tudor Jones, Ed Seykota et Bruce Kovner. Chaque fiche donne la liste de ses livres, avec leurs éditions françaises.
Peut-on apprendre à trader comme les grands traders ?
C’est le pari que firent Richard Dennis et William Eckhardt en 1983 avec les Tortues : des débutants formés en quelques semaines à des règles écrites. Plusieurs ont gagné beaucoup, d’autres ont été écartés. Le guide montre aussi l’autre face : la plupart des méthodes célèbres sont connues par ceux qui les ont pratiquées, rarement par des relevés audités.
Pourquoi tant de grands traders ont-ils fini ruinés ?
Pas tant que cela, mais ceux qui ont tout perdu ont souvent commis la même erreur : une position trop grosse au mauvais moment, alors que la confiance était au plus haut. Jesse Livermore l’a raconté lui-même ; les fiches de John Meriwether et de Bill Hwang en donnent les versions modernes. Le guide des biais cognitifs a une fiche sur cet excès de confiance.
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