Pourquoi les marchés grimpent et comment y voir plus clair

Salut à tous ! Si vous suivez les marchés, vous avez sûrement remarqué la journée d’hier. Une sorte de « boucherie haussière » où tout montait sans arrêt. Vous connaissez ce sentiment ? On a l’impression d’acheter au plus haut à 650, puis on se dit la même chose à 700, et le marché continue de grimper. On a peur d’être le dernier à acheter juste avant que tout ne s’effondre. C’est une sensation typique de ces journées que, franchement, je n’aime pas trop. Dans cet article, je vais vous expliquer les trois facteurs qui, selon moi, ont rassuré les marchés et causé cette hausse. Ensuite, on fera un tour d’horizon technique des principaux indices.
Les 3 raisons de cette confiance retrouvée
Alors, pourquoi cet optimisme ? À mon avis, ça tient à trois choses principales qui ont créé un climat d’apaisement.
1. Les taux américains
Première chose qui a vraiment rassuré tout le monde : les taux américains sont passés sous les 5 %. C’est un signal fort qui a été très bien accueilli.
2. Le calme du pétrole
Deuxièmement, le prix du baril de pétrole est resté stable autour des 101 $, sans accélérer vers les 110 $ ou 120 $. Et pourtant, les nouvelles n’étaient pas bonnes ! On a appris que les Iraniens avaient tiré sur un supertanker. Il y a six ou sept mois, une telle nouvelle aurait fait paniquer la Bourse. Là ? Rien. Le cours n’a pas bougé. Ça montre que le marché est en quelque sorte saturé de mauvaises nouvelles sur le pétrole et que ça ne fait plus paniquer personne.
3. La communication de la Fed
Le troisième point, et c’est ce qui me passionne le plus, c’est la psychologie des marchés. La Fed a augmenté ses taux d’un quart de point, comme prévu. Pas de surprise. Mais ce qui est intéressant, c’est ce qui s’est passé en coulisses. Les 12 membres qui votent à la Fed (oui, ils sont 12, maintenant vous pourrez frimer au prochain repas de famille) ont tous voté pour cette hausse, y compris leur président. Ça, c’est un bon signe, ça montre qu’il y a un pilote dans l’avion.
En plus, leur président, Kevin Warsh, que j’appelle affectueusement Kevin, a été très cash. Il a dit en gros : « Écoutez, sur les prix de l’énergie, je ne peux rien faire. Ça ne dépend pas de moi. » Cette franchise a été très appréciée. Il n’a pas essayé de noyer le poisson. Cette transparence renforce la confiance, et la confiance, c’est le moteur des marchés.
Mon analyse technique des principaux indices
Maintenant, regardons concrètement ce que ça donne sur les graphiques. C’est bien de comprendre le contexte, mais trader, c’est aussi observer les niveaux clés.
Le CAC 40 : le yoyo continue
Sur le CAC 40, on est toujours dans la même dynamique que je vous décris depuis une semaine. L’indice fait du yoyo dans sa zone de range. Hier, on a touché la résistance vers les 8200 points, puis on est redescendu. La zone fonctionne parfaitement. Pour l’instant, c’est notre première vraie journée haussière depuis plus d’un mois, ce qui est déjà pas mal !
Le DAX : la discipline allemande
Le DAX allemand se porte un peu mieux. Il est connu pour être un indice assez discipliné. On a franchi une résistance importante, et ce qui est intéressant, c’est qu’on a rebondi dessus. Cette ancienne résistance est devenue un support. Tant qu’on reste au-dessus des 25 750 points environ, c’est un très bon signe.
Le NASDAQ : la star indétrônable
Ah, le NASDAQ… C’est lui, le coquin ! C’est le plus fort en ce moment. Il a bien rebondi et se retrouve sur ses plus hauts récents. Ce qui le rend solide, c’est qu’il a un support très fort autour des 29 700 points. Pourquoi une telle force ? Parce que tout l’argent va vers la tech : IA, puces, cartes graphiques… C’est le secteur à la mode. Tout le monde en parle, du coiffeur au chauffeur de bus, donc ça achète en masse.
Les autres indices américains (Dow Jones & S&P 500)
Le Dow Jones a monté, mais on sent qu’il a plus de difficultés. Le S&P 500, lui aussi, est un peu plus freiné car il arrive rapidement sur une zone de résistance. La situation est donc plus simple pour le NASDAQ, qui a plus de soutien derrière lui en cas de baisse.
Un œil sur l’or, le Bitcoin et le pétrole
- L’or : Pour l’instant, ça ne bouge pas des masses. On est dans un range depuis une semaine, actuellement dans la partie haute. A priori un peu positif, mais rien de fou. Pas encore le moment de revendre votre alliance !
- Le Bitcoin : Il reste très volatil, bloqué entre 75 000 et 80 000. Il y a de moins en moins de monde sur les cryptos, c’est un effet de mode qui s’estompe un peu. Méfiez-vous toujours des produits qui vous font rêver de devenir riche rapidement sans rien faire.
- Le pétrole : Comme on l’a vu, il est stable. Il se maintient au contact des 100 $ et de sa résistance mensuelle. Le fait qu’il ne s’envole pas est l’un des signes d’apaisement pour les marchés.
Conclusion
Pour résumer, les marchés veulent monter et plusieurs signaux sont au vert. Pourtant, comme je le disais au début, c’est difficile d’acheter sur des plus hauts comme ça. On a toujours peur de la correction qui va arriver juste après. C’est là que la patience est importante. Il ne faut pas se laisser dévorer par le regret de ne pas avoir pris position.
Le plus important reste de protéger son capital. Le but du jeu, ce n’est pas de faire le coup du siècle, mais de ne pas être ruiné pour pouvoir continuer à trader le lendemain. Et ne vous inquiétez pas, même quand on ne sera plus là, la Bourse, elle, continuera de tourner !
Pour aller plus loin
- Fed : pourquoi la hausse des taux n’est pas le vrai sujet, écrit la veille de la décision, sur la conférence de presse qui comptait plus que la hausse attendue
- Qu’est-ce qu’une résistance en analyse technique ?, et comment elle devient un support, comme celle que le DAX a franchie avant de rebondir dessus
- L’indice Nasdaq 100, dominé par les grandes valeurs technologiques, ce qui explique qu’il mène la hausse quand l’argent va vers l’IA et les puces
- La peur de manquer, qui pousse à entrer tard dans un mouvement déjà engagé, comme sur les plus hauts d’une séance de forte hausse
- L’aversion au regret, ou pourquoi le regret de ne pas avoir pris position pèse si lourd quand les marchés grimpent sans vous
Sur le forum
- La décision de la Fed de septembre 2026 et la réaction de Wall Street, avec la hausse d’un quart de point votée à l’unanimité et le discours très direct du président de la Fed
- Comment lutter contre la peur de rater un mouvement, où les membres conseillent des règles fixes, une unité de temps plus longue et des ordres à cours limité
- Acheter un actif qui a dépassé son plus haut, une question de 2018 sur les repères qui restent quand aucune résistance ne se trouve au-dessus du cours
Benoist Rousseau est trader depuis 1994 et membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), où il détient deux sièges de membre individuel. Fondateur d'Andlil.com en 2010 et auteur de Devenez Trader Pro (2016), il a formé des centaines de traders dans son école de trading. Dans la rubrique Analyses de séance, il prépare la séance avant l'ouverture américaine : niveaux clés des futures, or, pétrole et agenda macroéconomique, sans signaux ni promesses.
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