DeutschEnglishEspañolFrançaisItalianoPortuguês
Rejoindre le forum

Histoire de BNP Paribas : des comptoirs de 1848 au géant bancaire européen

De la révolution de 1848 à la fusion de 2000, l’histoire de BNP Paribas : CNEP, BNCI, Paribas, la bataille de 1999, Fortis, l’amende américaine.

Histoire de BNP Paribas

BNP Paribas est une banque française cotée au CAC 40, présente dans 64 pays, à la fois banque de détail, banque de marché, assureur et gérant d’épargne. Le groupe ne porte ce nom que depuis le 23 mai 2000, mais il additionne de nombreuses banques : deux nées de la révolution de 1848, une banque d’affaires fondée pour placer l’emprunt qui paya la rançon de la défaite de 1871 ; deux ont fait faillite avant de renaître.

BNP Paribas en bref

  • Fondation : le 23 mai 2000, par la fusion de la BNP (née en 1966) et de Paribas (née en 1872) ; le plus ancien ancêtre français date de 1848, la filiale belge de 1822.
  • Siège : 16, boulevard des Italiens, Paris (9e arrondissement).
  • Dirigeants : Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général depuis le 1er décembre 2011 ; Jean Lemierre, président du conseil d’administration depuis le 1er décembre 2014.
  • Activités : banque commerciale et services spécialisés, banque de financement et d’investissement, assurance, gestion d’actifs et gestion de fortune.
  • Marques principales : BNP Paribas, BNL, BNP Paribas Fortis, BGL BNP Paribas, Cetelem, Cardif, Arval, Nickel.
  • Effectifs : plus de 180 000 collaborateurs fin 2025.
  • Cotation : Euronext Paris, membre du CAC 40 et de l’Euro Stoxx 50.
  • Produit net bancaire 2025 : 51,2 milliards d’euros, pour 12,2 milliards d’euros de résultat net.

Quelle est l’histoire de BNP Paribas ?

1848-1913 : des libraires, des comptoirs et une rançon

En mars 1848, la jeune République affronte une crise du crédit. Le gouvernement provisoire crée, avec des intérêts privés, des comptoirs d’escompte dans les grandes villes. À Paris, les libraires et éditeurs, Pagnerre, Hachette, les frères Firmin-Didot, portent le Comptoir national d’escompte de Paris (CNEP) ; à Mulhouse, les industriels du textile fondent un comptoir jumeau. Ce sont les deux ancêtres de la BNP.

Libéré de la tutelle publique en 1853, le comptoir parisien ouvre fin 1860, sous l’impulsion d’Alphonse Pinard, des agences à Shanghai et à Calcutta, avant d’en ouvrir en province : jamais banque française n’avait créé de toutes pièces un réseau à l’étranger. Puis il se perd dans une spéculation sur le cuivre et s’effondre en 1889 ; son directeur, Eugène Denfert-Rochereau, se suicide. Il renaît aussitôt sous Alexis Rostand, banquier marseillais, compositeur à ses heures et oncle d’Edmond Rostand. En six ans, il quintuple le capital et fait de la prudence une marque de la maison.

L’autre lignée naît en 1872, quand la Banque de Paris fusionne avec la Banque de crédit et de dépôt des Pays-Bas. Fondée par des banquiers français et allemands de la haute banque, la Banque de Paris et des Pays-Bas place d’abord l’emprunt de libération du territoire, celui qui paie l’indemnité due à l’Allemagne victorieuse. Sans réseau d’agences, elle place des emprunts, prend des participations et devient au début du XXe siècle la première banque d’affaires de France. En 1899, elle finance le chemin de fer Pékin-Hankou avec le CNEP et la Société générale de Belgique, trois maisons que BNP Paribas réunira.

1913-1945 : faillites, guerres et nationalisation

Devenu allemand avec l’Alsace, le comptoir de Mulhouse loge en 1913 son réseau français dans une filiale, la Banque nationale de crédit (BNC). Elle absorbe une quarantaine de banques locales, lance en 1926 la construction d’un siège Art déco au 16, boulevard des Italiens, l’actuel siège du groupe. Sous André Vincent, ses comptes se mêlent à ceux d’une autre société qu’il dirige ; la crise l’emporte en 1932. Sur ses actifs sains naît la Banque nationale pour le commerce et l’industrie (BNCI), confiée à Alfred Pose, directeur général à 33 ans.

Chez Paribas, Horace Finaly, directeur général de 1919 à 1937, prend des participations dans le pétrole, la chimie, l’électricité et la communication (Havas, Hachette) ; ses positions en Europe centrale ne survivent ni à la crise ni à la guerre. L’Occupation a sa part d’ombre, comme la saisie en 1941 des tableaux du marchand Paul Rosenberg, déposés dans un coffre de la BNCI à Libourne, et ses résistants, comme Jacques Allier ou André Debray. La loi du 2 décembre 1945 nationalise le CNEP et la BNCI ; Paribas choisit le statut de banque d’affaires et y échappe.

1945-1966 : l’État banquier, Paribas bâtisseur

Nationalisée, la BNCI reste remuante : première banque à faire de la publicité à la radio, en 1954, elle lance le prêt personnel en 1959. Chez Paribas, Jean Reyre, directeur général de 1948 à 1966, finance les exportations d’équipements, comme l’aciérie colombienne de Paz del Río en 1950. Dans son orbite, Jacques de Fouchier crée Cetelem, société de crédit à la consommation, en 1953, puis la Compagnie bancaire en 1959.

1966-1993 : la BNP, ou la banque pour tous

Le 4 mai 1966, le ministère des Finances de Michel Debré, qui veut une « force de frappe financière », annonce la fusion de la BNCI et du CNEP. La Banque nationale de Paris devient la première banque française et la septième du monde par la taille du bilan.

Le 15 mars 1973, un banquier au sourire en coin lance sur les affiches : « Pour parler franchement, votre argent m’intéresse. » La campagne choque un pays qui ne parle pas d’argent ; les comptes passent de 2 millions en 1966 à 4,5 millions en 1974. Le partenariat avec Roland-Garros date aussi de 1973. En 1979, la BNP prend le contrôle complet de Bank of the West, en Californie.

En 1982, le gouvernement Mauroy achève de nationaliser la BNP et nationalise Paribas. La Banque de Paris et des Pays-Bas prend alors officiellement le nom de Paribas, son adresse télégraphique depuis le début du siècle. Privatisée dès 1987, la Compagnie financière de Paribas compte 3,8 millions d’actionnaires individuels, un record. En juillet 1993, Michel Pébereau, inspecteur des finances, prend la tête de la BNP pour la privatiser à son tour : l’offre recueille 2,8 millions de souscriptions en dix jours, et le bénéfice est multiplié par sept de 1993 à 1998.

1999-2000 : la bataille des trois banques

Pébereau discute avec la Société générale quand, le 1er février 1999, celle-ci annonce son mariage avec Paribas. Menacée d’être marginalisée, la BNP riposte le 9 mars par une double offre publique d’échange, non sollicitée, sur les deux promis à la fois, une première en France. Fin août, la BNP détient 65,2 % des droits de vote de Paribas, mais seulement 31,8 % de ceux de la Société générale, dont le personnel se mobilise contre elle. Le 27 août 1999, les autorités jugent qu’elle n’a pas de « contrôle clair » sur la Société générale et lui interdisent d’en prendre possession. La BNP voulait deux banques ; elle en a une. L’assemblée du 23 mai 2000 crée BNP Paribas, dont le logo, la « courbe d’envol », est dévoilé à Roland-Garros.

2000-2011 : l’Italie, la crise et la Belgique

En 2003, Pébereau garde la présidence et confie la direction générale à Baudouin Prot. Le groupe achète en 2006 la BNL, sixième banque italienne. Le 9 août 2007, il gèle trois fonds investis en crédits immobiliers américains titrisés : on date souvent de ce jour le début de la crise financière. Il la traverse sans exercice déficitaire et en sort acheteur. En mai 2009, il reprend 74,94 % de Fortis Banque, effondrée à l’automne 2008, et la luxembourgeoise BGL, en payant l’État belge en actions nouvelles : celui-ci détient alors 9,83 % du capital de BNP Paribas.

Depuis 2011 : l’amende américaine et le recentrage

Jean-Laurent Bonnafé, ingénieur des mines qui a conduit l’intégration de BNL puis de Fortis, devient directeur général le 1er décembre 2011 ; Baudouin Prot passe à la présidence. Le 30 juin 2014, la banque plaide coupable aux États-Unis d’avoir traité, de 2004 au moins à 2012, des paiements en dollars pour des clients soudanais, iraniens et cubains sous sanctions. Elle paie 8,97 milliards de dollars et se sépare de treize collaborateurs, dont plusieurs hauts dirigeants. Fin 2014, Jean Lemierre, ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, remplace Baudouin Prot.

Viennent les arbitrages : Nickel, le compte ouvert chez le buraliste, arrive en 2017 ; Bank of the West est vendue à la canadienne BMO pour 16,3 milliards de dollars, cession conclue le 1er février 2023 ; AXA Investment Managers est intégré le 1er juillet 2025.

Que fait BNP Paribas aujourd’hui ?

En 2025, BNP Paribas a réalisé 51,2 milliards d’euros de produit net bancaire, l’équivalent bancaire du chiffre d’affaires. Ses trois pôles, hors autres activités :

  • Banque commerciale, banque des particuliers et services (26,7 milliards d’euros, deux tiers de la banque privée compris) : réseaux en France, en Italie (BNL), en Belgique (BNP Paribas Fortis) et au Luxembourg (BGL), banques d’Europe méditerranéenne, crédit à la consommation (Cetelem), location de véhicules (Arval), Nickel.
  • Banque de financement et d’investissement (19,0 milliards) : financement des grandes entreprises, activités de marché, conservation de titres.
  • Assurance, gestion d’actifs et gestion de fortune (6,9 milliards) : Cardif, gestion d’actifs, gestion de fortune, immobilier.

L’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique fournissent environ 81 % du produit net bancaire, les Amériques 11 % et l’Asie-Pacifique 8 %.

Qui sont les dirigeants de BNP Paribas ?

  • Alexis Rostand (1889-1915) : refondateur du CNEP.
  • Horace Finaly (1919-1937) et Jean Reyre (1948-1966) : directeurs généraux de Paribas.
  • Henry Bizot (1966-1971), Pierre Ledoux (1971-1979), Jacques Calvet (1979-1982), René Thomas (1982-1993) : présidents de la BNP.
  • Michel Pébereau (1993-2011) : président-directeur général de la BNP puis de BNP Paribas jusqu’en 2003, président jusqu’en 2011.
  • Baudouin Prot (2003-2014) : directeur général de 2003 à 2011, président de 2011 à 2014.
  • Jean-Laurent Bonnafé (depuis 2011) : administrateur directeur général.
  • Jean Lemierre (depuis 2014) : président du conseil d’administration.

Comment BNP Paribas a-t-elle évolué en Bourse ?

L’action BNP est cotée depuis la privatisation d’octobre 1993 ; elle est devenue BNP Paribas en mai 2000, sous le code BNP. Elle entre au CAC 40 en novembre 1993 et fait partie de l’Euro Stoxx 50. Souvenir de Fortis, l’État belge en détient encore 5,7 % fin 2025.

Quels sont les chiffres clés de BNP Paribas depuis 2021 ?

Exercice Produit net bancaire Résultat net part du groupe Ratio de solvabilité
2021 46,24 9,49 12,9 %
2022 50,42 10,20 12,3 %
2023 45,87 10,98 13,2 %
2024 48,83 11,69 12,9 %
2025 51,22 12,23 12,6 %

En milliards d’euros, comptes publiés à chaque exercice. Le recul de 2023 est comptable : Bank of the West, vendue, sort des revenus et une nouvelle norme d’assurance s’applique (2022 recalculé : 45,43) ; le résultat net 2023 inclut 2,95 milliards au titre de Bank of the West, plus-value de cession comprise.

Questions fréquentes sur BNP Paribas

Qui a fondé BNP Paribas ?

Personne en particulier : le groupe est né le 23 mai 2000 de la fusion de la BNP et de Paribas, voulue par Michel Pébereau. Ses plus vieux ancêtres français sont le Comptoir national d’escompte de Paris, créé en 1848, et la Banque de Paris et des Pays-Bas, fondée en 1872.

D’où vient le nom BNP Paribas ?

BNP signifie Banque nationale de Paris, nom choisi en 1966 à la fusion de la BNCI et du CNEP. Paribas était l’adresse télégraphique de la Banque de Paris et des Pays-Bas, devenue son nom officiel en 1982.

Qui dirige BNP Paribas ?

Jean-Laurent Bonnafé est directeur général depuis le 1er décembre 2011 ; Jean Lemierre préside le conseil d’administration depuis le 1er décembre 2014.

Pourquoi BNP Paribas a-t-elle payé près de 9 milliards de dollars aux États-Unis ?

En 2014, elle a plaidé coupable d’avoir traité en dollars, de 2004 au moins à 2012, des paiements pour des clients soudanais, iraniens et cubains visés par les sanctions américaines. La sanction totale a atteint 8,97 milliards de dollars.

Pour la stratégie, les forces et les faiblesses du groupe aujourd’hui, lisez notre analyse SWOT de BNP Paribas.

Toutes nos analyses sont réunies sur la page des analyses SWOT des grandes entreprises.

Sources

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

Découvrir mon parcours
À lire ensuite
Trader, ça s’apprend
2 étapes pour progresser
1ProRealTime —
La formation complète Gratuit

Le trading commence par les bons outils.

  • La formation complète à la plateforme
  • Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
  • Configuration guidée, pas à pas
2Mon École de Trading —
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin

Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.

Découvrir l’École
Excellentsur Trustpilot · 590+ avis

0 commentaires

La discussion se poursuit sur le forum andlil.com.
Laisser un commentaire

Votre nom et votre commentaire seront publiés après relecture ; votre adresse e-mail ne le sera jamais. Votre adresse IP est conservée un an, comme la loi l’exige. Pour en savoir plus ou exercer vos droits : charte de confidentialité. Le formulaire est protégé contre les robots par Cloudflare Turnstile.

Restez au contact des marchés et du monde.

Recevez mes analyses par e-mail, et rejoignez la discussion avec la communauté du forum.