Analyse SWOT d’ING : forces, faiblesses, opportunités et menaces

ING est une banque néerlandaise qui gère les comptes, l’épargne et les crédits immobiliers de particuliers dans plusieurs pays européens, surtout par le téléphone, et qui finance les grandes entreprises du monde entier. Le groupe fait partie de l’Euro Stoxx 50. Voici son analyse SWOT, mise à jour avec les comptes de 2025 et du premier semestre 2026.
ING en chiffres
- Résultat net 2025 : 6,3 milliards d’euros, en baisse de 1 %.
- Revenus 2025 : 23 milliards d’euros, dont 14,7 milliards de marge d’intérêts et 4,6 milliards de commissions.
- Rentabilité des fonds propres tangibles 2025 : 13,6 %.
- Clients : plus de 41 millions, dont près de 16 millions de clients principaux sur mobile à fin juin 2026.
- Effectifs : plus de 60 000 collaborateurs.
- Premier semestre 2026 : 3,5 milliards d’euros de résultat net (+12 %) et un ratio de fonds propres durs de 13,1 % à fin juin.
Forces d’ING
Une banque de détail sans guichets. ING a bâti sa clientèle par l’épargne en ligne, puis en a fait une banque du quotidien. Le nombre de clients qui utilisent ING comme banque principale sur mobile a augmenté de plus d’un million en 2025, puis de 377 000 au seul deuxième trimestre 2026.
L’Allemagne, un deuxième pays d’origine. La banque de détail allemande a dégagé 1,46 milliard d’euros de résultat avant impôt en 2025. Au deuxième trimestre 2026, les dépôts y ont progressé de 7,8 milliards d’euros, et ING y propose désormais un crédit immobilier avec une décision ferme en moins de trente minutes.
Des commissions qui prennent le relais. Les commissions ont progressé de 15 % en 2025, puis de 14 % au deuxième trimestre 2026. Elles rendent la banque moins dépendante du niveau des taux d’intérêt.
Un capital généreusement rendu. ING a redistribué 6,8 milliards d’euros au titre de 2025, dont 3,1 milliards en rachats d’actions : 2 milliards annoncés en mai 2025, 1,1 milliard en octobre 2025. Un nouveau programme de 1 milliard d’euros, lancé le 30 avril 2026, doit s’achever au plus tard le 26 octobre 2026.
Faiblesses d’ING
Une marge d’intérêts qui a marqué le pas. En 2025, la marge d’intérêts a reculé de 2,3 % et le résultat net de 1 %, malgré des volumes en forte hausse. Le modèle repose largement sur l’écart entre ce que rapportent les crédits et ce que coûtent les dépôts, et cet écart se resserre quand les taux baissent.
Une sortie de Russie qui n’en finit pas. En janvier 2025, ING avait annoncé la vente de sa filiale russe à Global Development, pour un coût estimé à environ 0,8 milliard d’euros après impôt. Le 7 avril 2026, il a renoncé à la vente, faute de perspective réaliste d’obtenir les autorisations nécessaires. La sortie reste l’objectif, mais aucune autre solution n’a été annoncée depuis, et ni la méthode ni le calendrier ne sont fixés.
Un modèle qui ne prend pas partout. En France, ING a fermé en 2022 sa banque en ligne pour particuliers, et son million de clients a été orienté vers Boursorama. ING y gère encore les crédits en cours de ses anciens clients et y conserve sa banque des entreprises.
Des coûts encore lourds. Le coefficient d’exploitation, c’est-à-dire la part des revenus absorbée par les charges, atteignait 54,6 % en 2025. Il est descendu à 49,1 % au deuxième trimestre 2026, mais la courtière allemande Interhyp coûte encore en restructuration.
Opportunités pour ING
Des volumes qui accélèrent. Les crédits ont progressé de 56,9 milliards d’euros en 2025 (+8 %), puis de 30,2 milliards au premier semestre 2026. Les dépôts suivent : +23,1 milliards sur le semestre.
Des objectifs relevés en cours d’année. En janvier 2026, ING visait environ 24 milliards d’euros de revenus cette année. En juillet, il vise plus de 24,5 milliards, puis plus de 26 milliards en 2027, avec une rentabilité des fonds propres tangibles supérieure à 16 %.
La gestion de fortune par la petite porte. En mars 2025, ING a racheté les 17,6 % que détenait Reggeborgh dans Van Lanschot Kempen, banque privée et gestionnaire d’actifs néerlandais. Après l’accord des autorités, sa part a atteint 20,3 % en juillet 2025. Le dividende reçu a plus que doublé, de 12 à 26 millions d’euros au deuxième trimestre. L’épargne investie est justement le relais visé : 110 000 clients investisseurs actifs de plus en un trimestre.
Menaces pour ING
La baisse des taux. Une banque d’épargne en ligne vit de la rémunération de ses dépôts. Si la Banque centrale européenne baisse ses taux plus que prévu, la marge d’intérêts, qui pèse près des deux tiers des revenus, en souffre directement.
Les néobanques sur son propre terrain. ING a été la banque en ligne qui bousculait les réseaux traditionnels. Revolut, N26, bunq ou Trade Republic jouent désormais ce rôle face à elle, avec des clients jeunes et peu fidèles.
Le coût final de la Russie. ING estime qu’une autre voie de sortie aurait un effet « globalement similaire » à la vente abandonnée, soit environ 0,07 point de ratio de fonds propres durs. Les prévisions du groupe excluent cet effet : la facture reste à venir. L’exposition hors de Russie aux clients russes est tombée à 0,6 milliard d’euros fin 2025.
Le cycle du crédit. Le coût du risque est resté modéré, à 0,15 % des encours au deuxième trimestre 2026. Une banque qui finance de grandes entreprises dans de nombreux pays est exposée à un retournement économique, aux sanctions et aux tensions commerciales.
Principaux concurrents d’ING
- Banque de détail aux Pays-Bas et en Belgique : ABN AMRO, Rabobank, BNP Paribas Fortis, KBC.
- Banque en ligne en Europe : Revolut, N26, bunq, Trade Republic, Boursorama.
- Banque des entreprises : BNP Paribas, Deutsche Bank, Santander, Société Générale.
Le regard du trader
Je ne trade pas ING : je ne trade qu’un seul marché, le future sur le Nasdaq. Mais je regarde le titre, parce qu’il pèse dans l’Euro Stoxx 50 et qu’il traduit assez fidèlement ce que le marché pense des taux européens.
Trois choses le font bouger. D’abord la marge d’intérêts, et donc chaque déclaration de la Banque centrale européenne. Ensuite les rachats d’actions et les dividendes, que les investisseurs suivent de près. Enfin la révision des objectifs : le 30 juillet 2026, la hausse de 16 % du bénéfice trimestriel et le relèvement des prévisions ont fait monter le titre de 2,6 %, à 29,5 euros, dans la matinée à Amsterdam.
Une banque qui rend beaucoup de capital séduit tant que le cycle est favorable. Le jour où les taux baissent et où les défauts remontent en même temps, les rachats d’actions sont la première variable d’ajustement.
Cette analyse est informative et ne constitue pas un conseil en investissement.
Sources
- ING, résultats du quatrième trimestre et de l’exercice 2025 (29 janvier 2026)
- ING, résultats du deuxième trimestre 2026 (30 juillet 2026)
- ING, fin de l’accord de vente de l’activité russe (7 avril 2026)
- Banken.nl, ING devient actionnaire à 20 % de Van Lanschot Kempen (5 mars 2025, en néerlandais)
- Journal du Geek, ING ferme, Boursorama récupère sa base clients (5 avril 2022)
- ING France, « J’étais client de la banque en ligne ING »
- Option Finance, ING avance dans le sillage de ses bénéfices trimestriels (30 juillet 2026)
Les autres analyses SWOT
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Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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