Salle de marché : comment elle fonctionne et qui y travaille
Desks, métiers, journée type, grandes places selon la BRI 2025 : comment fonctionne une salle de marché, et pourquoi le trader indépendant travaille seul.

Une salle de marché est le lieu où une banque, ou une grande société d’investissement, réunit les équipes qui achètent et vendent sur les marchés financiers : traders, vendeurs, structureurs, analystes quantitatifs, avec à côté d’eux les équipes qui les contrôlent. On dit aussi salle des marchés, ou trading floor en anglais. Elle est découpée en desks, un par famille de produits, et elle fonctionne au rythme des marchés et des annonces économiques.
Cette fiche dit qui est assis où, à quoi ressemble une journée, où se trouvent les grandes salles du monde et ce qui a changé depuis l’électronique. Elle dit aussi pourquoi le trader indépendant, mon métier, travaille seul et n’a pas besoin d’une salle pour cela.
Qu’est-ce qu’une salle de marché ?
C’est d’abord un open space très dense : des rangées de bureaux, plusieurs écrans par personne, des lignes téléphoniques directes avec les clients, et une organisation par produit plutôt que par service. L’idée est simple. Quand un gérant appelle pour acheter des obligations, le vendeur doit pouvoir se tourner vers le trader qui cote ces obligations, et le trader vers celui qui gère le risque de taux, sans passer par un couloir. La proximité physique fait gagner des secondes, et sur un marché les secondes se payent.
Une salle de marché n’est pas une Bourse. La Bourse est l’endroit, aujourd’hui électronique, où se rencontrent les ordres ; la salle de marché est l’endroit d’où une banque envoie les siens et ceux de ses clients. Elle n’est pas non plus le cœur de toute la banque : la banque de détail, le crédit aux entreprises ou la gestion de fortune vivent ailleurs. Elle appartient à la banque de financement et d’investissement, et son monde est celui du front office.
Comment une salle de marché est-elle organisée ?
Par desks, c’est-à-dire par tables spécialisées. Les intitulés varient d’une banque à l’autre, mais on retrouve presque partout les mêmes familles :
- Les taux : obligations d’État, swaps de taux, marché monétaire.
- Le change : les devises au comptant et à terme, et leurs options.
- Le crédit : obligations d’entreprises et dérivés de crédit.
- Les actions : actions au comptant, indices, contrats à terme, options, et les desks dits delta one qui répliquent un indice ou un panier.
- Les matières premières : énergie, métaux, produits agricoles, surtout par les contrats à terme.
- Les dérivés et produits structurés, souvent transversaux, qui fabriquent des produits sur mesure pour les clients.
Chaque desk réunit en général les trois métiers qui font vivre un produit : le vendeur qui parle aux clients, le trader qui donne les prix et gère la position, et parfois le structureur qui conçoit les produits complexes.
Qui travaille dans une salle de marché ?
Les traders ne sont qu’une partie de la salle. Autour d’eux :
- Les vendeurs (sales), qui entretiennent la relation avec les clients institutionnels : gérants, assureurs, trésoriers d’entreprise. Voir le métier de vendeur.
- Les traders, qui cotent, exécutent et gèrent la position de la banque. Voir le métier de trader.
- Les structureurs, qui assemblent des produits sur mesure, souvent à base d’options.
- Les analystes quantitatifs, ou quants, qui écrivent les modèles de prix et de risque.
- Les analystes, stratégistes et économistes, qui publient les études que les vendeurs envoient aux clients.
- Les assistants et les équipes informatiques, sans qui rien ne fonctionne une minute.
Juste à côté, souvent sur le même étage, travaille le middle office, qui contrôle les risques et calcule chaque soir le résultat de chaque desk. Il est près des traders, mais il ne dépend pas d’eux : c’est même la condition de son utilité.
Où sont les grandes salles de marché du monde ?
Là où se traitent les volumes. Le meilleur indicateur public est l’enquête triennale de la Banque des règlements internationaux (BRI) sur le marché des changes, qui mesure les transactions selon le pays des tables de négociation. En avril 2025, selon la BRI (publication du 30 septembre 2025), le Royaume-Uni restait la première place mondiale du change, avec 38 % des transactions. En milliards de dollars par jour, les salles du Royaume-Uni traitaient 4 743 milliards, celles des États-Unis 2 335, celles de Singapour 1 485, de Hong Kong 883, du Japon 440, et celles de la France 242.
Londres traite donc deux fois plus de devises que New York, et vingt fois plus que Paris. C’est l’héritage d’une longue histoire, accélérée le 27 octobre 1986 par le Big Bang qui a ouvert la Bourse de Londres aux grandes banques. Le graphique de ces chiffres se trouve dans la fiche du métier de trader.
À quoi ressemble une journée en salle de marché ?
L’ONISEP la décrit ainsi pour le trader : des journées intenses, qui commencent souvent dès 7 heures et se calment à partir de 17 h 30, à la fermeture de la Bourse. Le déroulé est à peu près le même partout :
- Avant l’ouverture : lecture de la presse et des dépêches, point sur les positions de la veille, réunion du matin où les économistes et stratégistes donnent le ton, et le calendrier des annonces du jour.
- Pendant la séance : les demandes des clients, les prix, les couvertures. Les annonces macroéconomiques rythment la journée ; pour une salle européenne, les grands chiffres américains tombent en général à 14 h 30, heure de Paris, et ce sont souvent les minutes les plus agitées.
- Le soir : la clôture des livres. Chaque desk arrête ses positions, le middle office calcule le résultat de la journée, le P&L, et vérifie que les limites ont été respectées.
Les salles qui couvrent le change ou les taux tournent souvent plus longtemps, parce que ces marchés ne s’arrêtent pas à la fermeture de Paris : on passe le relais à New York, puis à l’Asie.
Ce que l’électronique a changé dans les salles de marché
Beaucoup. Les ordres simples sont désormais exécutés par des algorithmes, les clients passent une grande partie de leurs ordres sur des plateformes électroniques sans appeler personne, et les cours se fixent dans des carnets d’ordres électroniques plutôt qu’à la criée. Aux États-Unis, le CME a lancé sa plateforme électronique Globex en 1992, selon son rapport annuel à la SEC, et il a fermé le 2 juillet 2015 la plupart de ses corbeilles de contrats à terme de Chicago et de New York, annoncé dans son communiqué du 4 février 2015.
La salle de marché a changé de visage en conséquence : moins de voix, plus de programmeurs. Le trader passe moins de temps à crier un prix et plus de temps à surveiller des programmes et des risques. La fiche sur la fin de la criée raconte cette bascule, du côté de Chicago.
Une salle de trading entre particuliers, est-ce une bonne idée ?
La question revient régulièrement sur le forum : pourquoi ne pas louer un local, réunir des traders particuliers et recréer une petite salle de marché ? Le trader indépendant n’a ni client à servir, ni vendeur à écouter, ni risque à couvrir pour le compte d’un autre : la raison d’être d’une salle de marché n’existe pas pour lui. Une salle entre particuliers lui en laisserait surtout les inconvénients : le bruit, la comparaison, l’envie de copier le voisin.
Ce que j’en dis sur le forum
« le trading ça demande du sérieux de la concentration et surtout ne pas être influençable. […] La salle de marché tu l’as, la file du jour mais sans les désavantages, tu ne subis pas les autres »
Benoist Rousseau sur le forum, le 25 septembre 2018, à un membre qui proposait d’ouvrir une salle de trading entre membres du forum
La file du jour du forum joue le rôle de la salle : on y partage ce qu’on voit, sans que personne ne vous regarde cliquer.
La salle de marché au cinéma et dans la réalité
Le cinéma a besoin de cris, de téléphones qui volent et de fortunes faites en une scène. La réalité est plus calme et beaucoup plus technique : des écrans, des procédures, des contrôles, des journées longues où l’essentiel du travail ne se voit pas. Le trader indépendant vit le même décalage, à une autre échelle. J’en parlais en 2015 à propos d’une vidéo tournée chez moi, devant ma station de trading : « On en parle rarement de ce quotidien, des petits trucs mis en place pour réduire les risques techniques, ce n’est pas très glamour, loin de l’image du trader véhiculée par les médias, Hollywood et l’inconscient collectif qui sont complètement à côté de la plaque. » (16 octobre 2015).
Ce que le cinéma montre rarement, c’est le middle office qui refuse une opération, le back office qui rapproche des confirmations, le trader qui passe sa soirée à expliquer un écart de résultat. C’est pourtant là que se jouent la sécurité d’une banque et, souvent, la carrière d’un trader.
Questions fréquentes sur la salle de marché
Quelle différence entre salle de marché et salle des marchés ?
Aucune : les deux expressions désignent le même lieu, le plateau où une banque regroupe ses opérateurs de marché. On dit aussi trading floor en anglais.
Qui travaille dans une salle de marché ?
Des traders, des vendeurs (sales), des structureurs, des analystes quantitatifs, des analystes et économistes, des assistants et des équipes informatiques. Le middle office, qui contrôle les risques, travaille juste à côté sans dépendre des traders.
Quels sont les horaires dans une salle de marché ?
Selon l’ONISEP, les journées du trader commencent souvent dès 7 heures et se calment à partir de 17 h 30, à la fermeture de la Bourse. Les desks de change et de taux, qui suivent des marchés ouverts presque en continu, ont des horaires plus étendus.
Quelle est la plus grande place de marché du monde ?
Pour le change, le Royaume-Uni : 38 % des transactions mondiales en avril 2025, selon l’enquête triennale de la BRI, devant les États-Unis, Singapour et Hong Kong. La France traitait 242 milliards de dollars par jour, contre 4 743 milliards au Royaume-Uni.
Peut-on visiter une salle de marché ?
Rarement, parce que l’accès est réservé et surveillé pour des raisons de sécurité et de confidentialité. Les stages, les forums de recrutement des écoles et certaines journées organisées par les banques sont les occasions habituelles d’y entrer.
Sources de référence utilisées
6
- Banque des règlements internationaux, « Global FX trading hits $9.6 trillion per day in April 2025 and OTC interest rate derivatives surge 79 % », communiqué du 30 septembre 2025 : bis.org.
- Banque des règlements internationaux, Triennial Central Bank Survey 2025, OTC foreign exchange turnover, annexe statistique, tableau 1 : bis.org.
- Banque d’Angleterre, résumé des résultats britanniques de l’enquête 2025 : bankofengland.co.uk.
- ONISEP, fiche métier « Trader (opérateur / opératrice de marché) » : onisep.fr (consultée le 6 et le 7 novembre 2026).
- Chicago Mercantile Exchange Holdings, rapport annuel (Form 10-K) pour 2002, déposé à la SEC : sec.gov (lancement de Globex en 1992).
- CME Group, « CME Group to Close Most Open Outcry Futures Trading in Chicago and New York by July 2015 », communiqué du 4 février 2015 : investor.cmegroup.com.
Pour aller plus loin
- Jérôme Kerviel, l’affaire qui a montré ce qui arrive quand le contrôle d’une salle de marché échoue.
- Le trader indépendant, celui qui trade son propre argent, seul, sans salle ni employeur.
- Le guide des grands traders, cinquante-deux parcours, des salles de marché aux fonds les plus célèbres.
Fiche à jour au 7 novembre 2026, chiffres vérifiés à cette date. Elle décrit des métiers et des mécanismes généraux et ne constitue ni un conseil d’orientation personnalisé ni un conseil d’investissement.
Benoist Rousseau est trader depuis 1994 et membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), où il détient deux sièges de membre individuel. Fondateur d'Andlil.com en 2010 et auteur de Devenez Trader Pro (2016), il a formé des centaines de traders à dompter le risque grâce à sa formation en psychologie du trading. Dans la rubrique Apprendre le trading, il pose les bases pour débuter sur les futures : vocabulaire, premiers pas et erreurs à éviter.
Découvrir mon parcoursLa formation complète Gratuit
Le trading commence par les bons outils.
- La formation complète à la plateforme
- Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
- Configuration guidée, pas à pas
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin
Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.
Découvrir l’École


