Qu’est-ce qu’un certificat : types et stratégies

Qu’est-ce qu’un certificat ?

Le certificat est une valeur mobilière très récente cotée sur Euronext et proche des warrants, qui permet à de nombreux traders débutants de boursicoter, les risques étant moins élevés que pour les warrants. Ils sont utilisés par les particuliers de par leur facilité de mise en place. En effet, il n’y a pas besoin d’avoir des connaissances poussées en bourse pour les utiliser car ces derniers suivent la performance de gros indices tel le CAC 40. Le certificat est un produit dérivé sur action, négociable dans un carnet d’ordres et dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent. Cependant ce produit est limité par une échéance de 1 à 8 ans au delà de laquelle le certificat sera remboursé et peut entraîner de grosses pertes.
Quels sont les principaux certificats ?
On peut distinguer 5 grandes familles de certificats :
- Le Certificat Bull : c’est le plus simple, il permet de jouer la hausse du sous-jacent. Les gains du certificat sont donc équivalents à ceux du sous-jacent.
- Le Certificat Bear : il permet de jouer la baisse du sous-jacent. Il est limité par une barrière désactivante qui rend le certificat nul (sans valeur) si celle-ci est franchie. Plus le sous-jacent est bas, plus la valeur du certificat augmente.
- Le Certificat Cappé : c’est un certificat complexe qui entre dans une stratégie d’investissement. Ce certificat prédétermine le remboursement maximum pour l’investisseur. En effet, ce produit dérivé à effet de levier possède une borne haute et une borne basse dont la différence fixe le montant du remboursement.
Si le sous-jacent dépasse la borne haute, le remboursement correspond au montant maximum prédéfini auparavant.
Si celui-ci est entre les deux bornes, le remboursement correspond à l’écart entre le cours du sous-jacent et la borne basse. Enfin, si le sous-jacent est en dessous de la borne basse, il n’y a pas de remboursement et l’investissement initial est perdu.
- Le Certificat Flooré : il permet de jouer la baisse du sous-jacent avec un montant de remboursement de référence tout comme le certificat Cappé.
Si le montant du sous-jacent se trouve en dessous de la borne basse, le remboursement est égal à la différence des deux cours de référence (borne basse et borne haute), il s’agit donc du remboursement maximum.
Si le sous-jacent se trouve entre les deux bornes, le remboursement correspond à la différence entre la borne haute et le cours du sous-jacent. Enfin, si le sous-jacent se trouve au delà de la borne haute, le remboursement est nul.
- Le Certificat Discount : il permet de jouer la hausse ou la stabilité du sous-jacent. Ces certificats peuvent être achetés à une valeur inférieure à la valeur réelle (discount) cependant la plus-value éventuelle est moindre ou limitée. Il s’agit d’un investissement intéressant pour ceux qui attendent une stagnation ou une légère baisse des titres. Ce type de certificat n’est pas très répandu car il est relativement récent et sa durée est de 1 à 3 ans.
Si le sous-jacent a fortement augmenté, l’investisseur ne sera remboursé que par le montant maximum, c’est-à-dire le plafond (cap) fixé à l’émission et ce, même si le cours est plus élevé qu’initialement. Si le sous-jacent est stable et inférieur au cours,le remboursement correspond au cours du sous-jacent à l’échéance.
Le certificat en résumé
Un certificat est un titre de créance émis par une banque et coté en bourse, dont la valeur de remboursement dépend de l’évolution d’un sous-jacent (action, indice, matière première) selon une formule fixée dès l’émission. Il ne donne aucun droit sur le sous-jacent lui-même : c’est une promesse de l’émetteur. L’investisseur supporte donc, en plus du risque de marché, le risque que la banque émettrice ne puisse pas payer.
Quelle différence entre certificat, warrant et turbo ?
| Warrant | Certificat simple | Turbo | |
|---|---|---|---|
| Nature | option émise sous forme de titre | titre de créance à formule | certificat à levier |
| Effet de levier | oui, variable | nul ou modéré | oui |
| Sensible à la volatilité | fortement | peu (sauf formules à options) | peu |
| Perte totale possible | oui | selon le type | oui, si la barrière est touchée |
Le warrant est une option : son prix dépend fortement de la volatilité et du temps restant. Le certificat simple, au contraire, suit le sous-jacent selon sa formule, de façon plus lisible pour un particulier, ce qui explique la remarque du texte ci-dessus sur des risques moindres. Le turbo est un certificat à effet de levier muni d’une barrière désactivante : si le sous-jacent la touche, le produit cesse d’exister.
Comment fonctionne un certificat cappé ?
Imaginons un certificat cappé sur un indice, de borne basse 7 000 points et de borne haute 8 000 points, avec une parité de 1/100 : chaque point au-dessus de la borne basse vaut 0,01 €. Le remboursement maximal est donc de (8 000 − 7 000) / 100, soit 10 €. L’investisseur l’achète 6 €.
| Indice à l’échéance | Remboursement | Résultat |
|---|---|---|
| 6 500 | 0 € | −100 % |
| 7 600 | 6 € | 0 % |
| 7 800 | 8 € | +33 % |
| 8 500 | 10 € | +67 % |
Comment fonctionne un certificat discount ?
Imaginons une action à 50 €. Un certificat discount, plafonné à 52 €, s’achète 46 €. À l’échéance, il rembourse le cours de l’action, dans la limite de 52 € (en espèces ou en titres selon le prospectus) :
| Action à l’échéance | Résultat de l’action | Remboursement | Résultat du certificat |
|---|---|---|---|
| 40 € | −20 % | 40 € | −13 % |
| 50 € | 0 % | 50 € | +8,7 % |
| 60 € | +20 % | 52 € | +13 % |
La décote amortit la baisse et rapporte même en cas de stagnation, mais le plafond coupe la hausse. Cette décote n’est pas un cadeau : l’investisseur renonce aux dividendes et à la hausse au-delà du plafond, ce qui la finance.
Quels sont les risques d’un certificat ?
Le premier est le risque de l’émetteur : si la banque fait faillite, le certificat peut perdre tout ou partie de sa valeur, même si le sous-jacent a monté. Le deuxième tient à la liquidité : sur le carnet d’ordres, c’est en général l’émetteur lui-même qui affiche les prix d’achat et de vente, comme teneur de marché, et fixe donc la fourchette. Le troisième est la complexité : un certificat à barrière ou à plafond n’a pas du tout le même comportement qu’un placement direct dans le sous-jacent, et la formule doit être comprise avant l’achat. Enfin, un certificat sur un sous-jacent coté dans une autre devise peut ajouter un risque de change, sauf s’il est protégé contre ce risque.
Qu’est-ce qui a changé pour les certificats depuis ?
Le certificat n’est plus un produit récent. La gamme cotée à Paris s’est élargie aux turbos, aux certificats à levier constant, qui reproduisent chaque jour un multiple fixe de la variation du sous-jacent, et à de nombreuses formules plus complexes, proches des produits structurés. Pour suivre un indice sans levier, beaucoup d’investisseurs leur préfèrent aujourd’hui les trackers (ETF), qui sont des fonds et non des titres de créance.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un certificat et un ETF ?
Un ETF est un fonds dont les actifs sont séparés de ceux de la société de gestion. Un certificat est une dette de la banque émettrice : son remboursement dépend de la solidité de celle-ci.
Peut-on perdre tout son investissement avec un certificat ?
Oui, selon le type : un turbo dont la barrière est touchée, un certificat bear dont la barrière est franchie ou un certificat cappé qui finit sous sa borne basse peuvent ne rien rembourser.
Que se passe-t-il à l’échéance d’un certificat ?
Il est remboursé automatiquement selon sa formule, en général en espèces. Certains certificats, dits « open-end », n’ont pas d’échéance fixe.
Où acheter des certificats ?
Comme une action, par un ordre de bourse passé depuis un compte-titres, sur le marché où ils sont cotés. Le prospectus de l’émetteur et le document d’informations clés décrivent la formule et les risques.
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Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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