Fiscalité des turbos, warrants et certificats en 2026 : taux et pertes
Turbos, warrants et certificats : 31,4 % sur le gain net en 2026, pertes imputables dix ans sur les gains boursiers, déclaration en 3VG, PEA exclu.

Les gains d’un particulier sur des turbos, des warrants ou des certificats achetés sur un compte-titres, réalisés en 2025 (déclarés en 2026) comme en 2026, sont imposés à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème sur option, et se déclarent en case 3VG. Les pertes s’imputent sur les plus-values et les profits de même nature de l’année et des dix années suivantes. Aucun de ces produits n’est éligible au PEA.
Turbos, warrants et certificats sont des produits de bourse : des titres émis par une banque, cotés en continu, achetés et revendus comme des actions sur un compte-titres ordinaire. Leur fiscalité pose une seule vraie question juridique, celle de la catégorie dans laquelle ils entrent. La réponse n’est écrite noir sur blanc que pour les warrants. Elle change peu de chose au montant de l’impôt, mais elle explique pourquoi les relevés des banques ne présentent pas toujours ces produits de la même façon.
Comment sont imposés les warrants ?
Le warrant est le seul des trois produits que l’administration nomme. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP), qui publie la doctrine fiscale, range les « opérations sur bons d’option » parmi les instruments financiers à terme de l’article 150 ter du Code général des impôts. Un warrant, ou bon d’option, donne le droit d’acheter (call warrant) ou de vendre (put warrant) un actif à un prix fixé, jusqu’à une échéance.
Le BOFiP précise comment calculer le résultat selon le sort du warrant :
- revendu avant l’échéance : le profit ou la perte est la différence entre le prix de revente et le prix d’achat ;
- exercé : le profit est la différence entre la somme reçue en espèces lors de l’exercice et le prix d’achat du warrant ;
- abandonné : la perte est égale au prix d’acquisition du warrant ;
- exercé avec livraison des titres : le profit sur le warrant intègre l’écart entre le prix d’exercice et le cours coté du titre le jour de l’exercice ; la plus-value réalisée plus tard en revendant les actions reçues est imposée séparément, selon le régime des actions.
Lorsque plusieurs warrants identiques (même sous-jacent, même prix d’exercice, même échéance) ont été achetés à des prix différents, le résultat se calcule sur le prix moyen pondéré. Les commissions et courtages réduisent le profit. Le régime est celui des options et des contrats à terme : prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % ou barème, imputation des pertes sur dix ans.
Et les turbos et les certificats ?
Ici, il n’existe ni texte ni doctrine officielle qui les nomme. Deux lectures se défendent.
Les turbos comme bons d’option. L’Autorité des marchés financiers (AMF) décrit l’achat d’un turbo call comme l’acquisition du « droit d’acheter plus tard à un prix déterminé à l’avance le sous-jacent », assorti d’une barrière désactivante. Sur le plan économique, c’est un warrant à barrière. Cette lecture conduit à l’article 150 ter, comme les warrants.
Les turbos et les certificats comme titres. Les uns comme les autres sont des titres négociables, émis par une banque et cotés. Les certificats sans effet d’option (certificats « tracker », bonus, discount) ressemblent davantage à des titres de créance qu’à des contrats à terme. Cette lecture conduit au régime des plus-values de cession de valeurs mobilières de l’article 150-0 A du CGI.
Pour un particulier qui gère son patrimoine privé, l’écart pratique est mince, et c’est ce qui rend la question moins inquiétante qu’elle n’en a l’air :
| Point | Instruments financiers à terme (art. 150 ter) | Valeurs mobilières (art. 150-0 A) |
|---|---|---|
| Taux en 2026 | 31,4 % ou barème | 31,4 % ou barème |
| Case de la 2042-C | 3VG ou 3VH | 3VG ou 3VH |
| Imputation des pertes | Même nature, 10 ans | Même nature, 10 ans |
| Abattement pour durée de détention | Non | Seulement titres acquis avant 2018, sur option barème |
Les deux régimes sont « de même nature » pour l’imputation des moins-values : le BOFiP le dit expressément pour les profits de l’article 150 ter. Une perte sur turbo s’impute donc sur un gain sur actions, et réciproquement, quelle que soit la lecture retenue. Les abattements pour durée de détention ne concernent que des titres achetés avant le 1er janvier 2018 : aucun turbo coté aujourd’hui n’y est en pratique concerné. La différence ne deviendrait réelle que pour un compte tenu dans un État ou territoire non coopératif : les profits relevant de l’article 150 ter y sont taxés à 50 % (case 3PI), sauf preuve que les opérations sont réelles et sans but de fraude.
En pratique, c’est la banque qui classe le produit dans le relevé fiscal unique (IFU) qu’elle établit chaque année. Vous n’avez pas à trancher vous-même la question ; vous reportez le résultat net qu’elle a calculé. La fiche le relevé fiscal unique explique où le trouver.
Exemple chiffré : une année de turbos et de warrants
Marc, salarié, a réalisé en 2025 trois opérations sur son compte-titres chez un courtier français :
- un turbo call sur le DAX acheté 2 000 € et revendu 3 500 € ;
- un turbo put sur le CAC 40 acheté 1 000 €, désactivé quand l’indice a touché la barrière, sans valeur résiduelle ;
- un warrant call sur une action acheté 800 € et revendu 1 300 €.
Il a payé 100 € de courtages sur l’ensemble de ces ordres.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Turbo call DAX | 3 500 − 2 000 | + 1 500 € |
| Turbo put CAC 40 désactivé | 0 − 1 000 | − 1 000 € |
| Warrant call | 1 300 − 800 | + 500 € |
| Courtages | − 100 € | |
| Gain net de l’année (case 3VG) | 1 500 − 1 000 + 500 − 100 | 900 € |
| Impôt sur le revenu | 900 × 12,8 % | 115,20 € |
| Prélèvements sociaux | 900 × 18,6 % | 167,40 € |
| Total | 115,20 + 167,40 | 282,60 € |
Vérification : 900 × 31,4 % = 282,60 €. Le turbo désactivé n’a pas été « perdu pour le fisc » : la perte de 1 000 € a réduit d’autant la base imposable. Si Marc avait conservé une moins-value de 900 € sur des actions vendues en 2022, elle aurait effacé ce gain et il n’aurait rien payé pour 2025.
Imaginons maintenant que Marc ait choisi le barème (case 2OP) et que sa tranche marginale soit de 11 %. L’impôt sur le revenu serait de 900 × 11 % = 99 €, les prélèvements sociaux inchangés (167,40 €), et une partie de la CSG, 6,8 points sur 10,6, deviendrait déductible du revenu de l’année de son paiement. Mais l’option vaut aussi pour tous ses dividendes, intérêts et plus-values de l’année : elle se décide sur l’ensemble, jamais pour un seul produit. La fiche flat tax ou barème détaille ce calcul.
Comment déclarer ses turbos, warrants et certificats ?
Courtier ou banque en France. L’établissement établit l’IFU, qu’il transmet à l’administration avant le 15 février de l’année suivant les opérations et dont il vous adresse une copie. Le gain net va en case 3VG de la déclaration 2042-C, la perte en 3VH. Si le relevé ne donne pas un résultat net unique (plusieurs courtiers, pertes antérieures à imputer, produits classés dans des rubriques différentes), le formulaire 2074 sert à faire le calcul, et la fiche 2074-CMV à suivre le stock de moins-values reportables.
Plusieurs courtiers. Les résultats s’additionnent : un gain de 3 000 € chez l’un et une perte de 1 200 € chez l’autre donnent 1 800 € en 3VG. Ne reportez pas deux montants séparés.
Courtier étranger. Il ne fournit en général pas d’IFU. Vous reconstituez le résultat à partir des relevés d’opérations, en euros, sur la 2074, et vous déclarez le compte sur le formulaire 3916 (amende de 1 500 € par compte omis, 10 000 € si l’État n’a pas de convention d’assistance avec la France). Voir la fiche trader chez un courtier étranger.
Les gains de 2025 ont été déclarés au printemps 2026 ; ceux de 2026 se déclareront à partir d’avril 2027.
PEA, enveloppes et optimisation : quelles possibilités pour les turbos et warrants ?
Le PEA leur est fermé. Le plan d’épargne en actions n’accepte que les titres énumérés par la loi : actions de sociétés de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen (hors actions de préférence), certificats d’investissement de sociétés, parts de fonds investis à plus de 75 % en actions éligibles, et quelques titres assimilés. Turbos, warrants et certificats de bourse n’y figurent pas. Le piège est lexical : les « certificats d’investissement » cités par la loi sont des titres de capital émis par une société, sans rapport avec les certificats à effet de levier émis par une banque. Le détail des titres éligibles figure dans la fiche le PEA.
Leur cadre est le compte-titres ordinaire, où leurs gains et pertes se mêlent à ceux des actions pour le calcul de l’impôt.
L’optimisation se limite donc à deux mécanismes prévus par le texte. L’imputation des moins-values d’abord : les pertes sur turbos, warrants, actions ou contrats à terme se compensent entre elles et se reportent dix ans, à condition d’avoir été déclarées et de pouvoir être justifiées. L’option pour le barème ensuite, utile pour un foyer peu imposé, en gardant à l’esprit qu’elle est globale. Les produits à effet de levier n’ont accès à aucune enveloppe fiscale.
Les erreurs à éviter
Oublier les turbos désactivés. Un turbo qui touche sa barrière disparaît de l’écran mais pas de la fiscalité : la perte réduit le gain de l’année. Vérifiez qu’elle figure bien dans le relevé, surtout chez un courtier étranger.
Ne pas déclarer une année de pertes. La perte nette de l’année se déclare en 3VH même sans aucun gain : c’est elle qui fonde le stock de moins-values reportables suivi sur la fiche 2074-CMV. Sans déclaration ni justificatifs, vous aurez du mal à l’imputer plus tard.
Croire que les pertes réduisent le salaire. Elles ne s’imputent jamais sur le revenu global, seulement sur des gains de même nature, dix ans au plus.
Penser qu’un usage intensif fait de vous un professionnel. Des dizaines d’allers-retours par semaine ne suffisent pas. L’administration réserve les bénéfices non commerciaux aux opérations menées dans des conditions analogues à celles d’un professionnel, et rappelle que ce cas « revêt un caractère exceptionnel ». La fiche trader particulier ou professionnel détaille les critères.
Confondre turbo et CFD à risque limité. Le turbo est un titre coté sur un compte-titres ; le CFD à risque limité est un contrat conclu avec le courtier. Les deux se déclarent en 3VG au même taux, mais le second relève sans ambiguïté de l’article 150 ter. Voir la fiche CFD à risque limité.
Questions fréquentes
Quel est le taux d’imposition des gains sur turbos en 2026 ?
31,4 % du gain net : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur option globale, l’impôt sur le revenu peut être calculé au barème progressif ; les prélèvements sociaux restent à 18,6 %.
Un turbo désactivé est-il une perte déductible ?
Oui. Le prix payé, diminué de la valeur résiduelle éventuellement remboursée, constitue une perte qui s’impute sur les gains de même nature de l’année, puis des dix années suivantes. Pour un warrant abandonné, le BOFiP l’écrit en toutes lettres.
Peut-on mettre des warrants ou des turbos dans un PEA ?
Non. Ils ne figurent pas dans la liste des titres éligibles. Les « certificats d’investissement » admis dans le PEA sont des titres de société, sans rapport avec les certificats de bourse.
Les pertes sur turbos compensent-elles les gains sur actions ?
Oui. Les profits et pertes sur instruments financiers à terme et les plus-values de valeurs mobilières sont de même nature pour l’imputation, selon le BOFiP. La compensation joue dans les deux sens et sur dix ans.
Faut-il remplir le formulaire 2074 ?
Seulement si le relevé de votre courtier ne suffit pas, par exemple chez un courtier étranger sans relevé fiscal ou quand plusieurs relevés doivent être combinés. Pour imputer des pertes des années antérieures, c’est la fiche 2074-CMV qui sert. Sinon, le report du gain net en case 3VG suffit.
Pour aller plus loin
- Turbos et certificats chez Interactive Brokers
- Le call, option d’achat
- Le put, option de vente
- L’effet de levier, multiplicateur de gains et de pertes
- Plus-values et moins-values sur valeurs mobilières
Sources officielles
- BOFiP — Instruments financiers à terme réalisés à titre occasionnel : champ d’application, bons d’option (BOI-RPPM-PVBMI-70-10)
- BOFiP — Instruments financiers à terme : détermination du profit et déclaration (BOI-RPPM-PVBMI-70-20)
- BOFiP — Imputation des moins-values sur les plus-values de même nature (BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40)
- AMF — Les turbos
- AMF — Les warrants
- Service-Public.fr — Plan d’épargne en actions (PEA) : ouverture et fonctionnement
Fiche à jour au 23 octobre 2026, en tenant compte de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Elle présente les règles générales : elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste sur votre situation.
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
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