Débuter sur les futures : le guide pas à pas
Contrat à terme, levier, contrats micro, horaires, compte de démonstration : le guide pour débuter sur les futures, sans promesse ni raccourci.

Le 21 avril 1982, le Chicago Mercantile Exchange lance un contrat d’un genre nouveau : on y achète et on y vend l’indice S&P 500 tout entier, sans posséder une seule des actions qui le composent. Plus de quarante ans plus tard, les contrats à terme sur indices sont parmi les instruments les plus échangés au monde, et la corbeille a disparu.
Ce guide vous explique ce qu’est un contrat à terme, pourquoi tant de traders actifs le préfèrent aux autres produits, et ce qu’il faut savoir avant de passer votre premier ordre. Il ne vous donne pas de méthode pour gagner. Personne d’honnête ne le fait en un article.
Qu’est-ce qu’un contrat à terme ?
Un contrat à terme est un engagement ferme : acheter ou vendre un actif, à un prix fixé aujourd’hui, à une date future. Sur les grands indices américains et allemands, cette date, l’échéance, tombe en mars, juin, septembre et décembre. Peu de traders actifs vont jusqu’à elle : ils ferment leurs positions dans la journée, ou passent sur l’échéance suivante environ une semaine avant.
Vous ne payez pas la valeur du contrat. Vous déposez une garantie, une fraction de cette valeur, et chaque soir la chambre de compensation crédite vos gains ou débite vos pertes. C’est l’effet de levier : il multiplie les gains, et il multiplie les pertes avec la même application.
Un exemple suffit à le mesurer. Supposons le S&P 500 à 6 000 points. Le contrat E-mini vaut 50 dollars par point : il représente donc 300 000 dollars d’actions américaines. Le dépôt de garantie demandé n’en est qu’une petite fraction. Une baisse de 1 % de l’indice, 60 points, coûte 3 000 dollars par contrat, que vous ayez déposé beaucoup ou peu.
Pourquoi les futures plutôt que les CFD ?
Quand vous achetez un contrat à terme, votre ordre rejoint un carnet d’ordres unique, celui de la bourse, où se croisent banques, fonds et particuliers. Le prix que vous voyez est celui de tout le monde. Votre contrepartie n’est pas votre courtier : c’est la chambre de compensation.
Un CFD est un contrat passé avec votre fournisseur, qui fixe ses prix à partir du marché. Le produit a ses usages, notamment pour les petits comptes. Mais il ne vous donne accès ni au carnet réel, ni aux volumes réels, ni à la transparence d’un marché organisé.
| Contrat à terme | CFD | |
|---|---|---|
| Lieu d’échange | Une bourse (CME, Eurex…) | Le fournisseur |
| Contrepartie | La chambre de compensation | Le fournisseur |
| Prix et volumes | Ceux du marché, identiques pour tous | Ceux affichés par le fournisseur |
| Échéance | Trimestrielle sur la plupart des indices (mensuelle sur le CAC 40) | Aucune, avec frais de financement la nuit |
| Taille minimale | Fixée par la bourse (contrats micro disponibles) | Très souple |
Quels contrats connaître pour commencer ?
Les contrats sur indices sont les plus suivis par les traders actifs : ils sont liquides, cotés presque sans interruption, et leur sous-jacent est connu de tous.
| Contrat | Bourse | Valeur du point |
|---|---|---|
| E-mini S&P 500 | CME | 50 dollars |
| E-mini Nasdaq-100 | CME | 20 dollars |
| E-mini Dow Jones | CBOT (groupe CME) | 5 dollars |
| E-mini Russell 2000 | CME | 50 dollars |
| Future DAX | Eurex | 25 euros |
| Future Euro Stoxx 50 | Eurex | 10 euros |
| Future CAC 40 | Euronext | 10 euros |
Depuis le 6 mai 2019, le CME propose des contrats micro sur les quatre grands indices américains, dix fois plus petits que les E-mini. Ils permettent d’apprendre avec un risque par point divisé par dix. C’est souvent par eux qu’un débutant devrait commencer.
Sur le CME, les contrats sur indices se négocient sur Globex presque 24 heures sur 24, du dimanche soir au vendredi soir, avec une pause d’une heure chaque jour. Sur Eurex, la séance régulière va de 8 h à 22 h, heure de Paris, et certains contrats ouvrent dès la nuit.
Chaque contrat a aussi son pas de cotation : la plus petite variation possible. Sur l’E-mini S&P 500, il est d’un quart de point, soit 12,50 dollars.
Comment ouvrir un compte et s’équiper ?
Il faut trois choses : un courtier qui donne accès aux bourses de futures, une plateforme de graphiques et de passage d’ordres, et un abonnement aux données de marché de la bourse concernée.
Avant tout argent réel, un compte de démonstration. Il apprend à manier la plateforme, à placer un ordre et un stop sans trembler, à lire le carnet. Il n’apprend pas la peur de perdre : celle-là arrive avec le premier vrai contrat, et elle ne prévient pas.
Pour la plateforme, j’utilise ProRealTime au quotidien, et ma formation complète à cette plateforme est en accès libre sur andlil.
Combien risquer quand on débute ?
C’est la seule question qui compte vraiment au début, et elle a une réponse simple dans son principe : une perte sur une seule opération doit rester une petite fraction de votre capital, et chaque position doit avoir un stop dès son ouverture. Le guide de la gestion du risque développe ce point.
Le reste, la taille exacte, l’emplacement du stop, le moment d’entrer, c’est une méthode. Elle s’apprend, elle ne se devine pas.
Quelles erreurs éviter dès le premier jour ?
Trop de levier, pas de plan écrit, trop d’opérations, un stop que l’on déplace « juste cette fois ». Ces quatre erreurs suffisent à vider un compte, et elles sont presque universelles. Le guide des erreurs du débutant les reprend une par une.
Et après ?
À la fin de ce guide, vous savez ce qu’est le terrain. Il vous manque ce qui permet d’y tenir : une méthode d’entrée et de sortie, une routine, et de la pratique corrigée par quelqu’un qui trade. C’est précisément ce que j’enseigne.
Questions fréquentes
Faut-il un gros capital pour trader les futures ?
Non, depuis l’arrivée des contrats micro. Mais un petit capital laisse peu de place aux erreurs : la règle de risque par opération devient encore plus importante.
Peut-on perdre plus que son dépôt ?
Oui. Le dépôt de garantie n’est pas une limite de perte. Un mouvement brutal peut coûter davantage, d’où l’importance du stop et d’une taille de position adaptée.
Futures ou actions pour débuter ?
Les actions sans levier pardonnent davantage. Les futures conviennent à qui veut trader activement des indices, à condition d’avoir appris le risque avant le reste.
Doit-on aller jusqu’à l’échéance ?
Non. Les traders actifs ferment leurs positions dans la journée ou passent à l’échéance suivante avant la date.
Pour aller plus loin
- Guide pratique : La psychologie du trader
- Guide pratique : Comprendre les prop firms
- Le CME
- Le future Nasdaq
- Le future DAX
- Le day trading
- Indices futures et indices cash : la différence
- Le paper trading, étape indispensable pour débuter
- Scalping en ticks : futures et CFD
Sources
- CME Group, historique des produits : lancement du future S&P 500 le 21 avril 1982.
- CME Group, communiqué du 6 mai 2019 : lancement des contrats Micro E-mini sur indices.
- CME Group, spécifications des contrats E-mini.
- Eurex, horaires de négociation.
Benoist Rousseau est trader, membre du Chicago Mercantile Exchange (CME) et du Chicago Board of Trade (CBOT), spécialiste en histoire économique formé à la Sorbonne et pédagogue expérimenté. Il a ainsi créé son École de Trading en 2022.
Fort de plus de 30 ans d’expérience sur les futures CME, il partage analyses de séance, replays de trades commentés, psychologie et gestion du risque — sans signaux ni promesses, du trading brut et sans filtre.










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