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Qu’est-ce que le monétarisme ?

Selon la théorie du monétarisme, un contrôle monétaire est suffisant pour gérer une économie.

Le monétarisme est une politique qui a pour fondement la politique monétaire.

Il s’agit de contrôler les réserves monétaires détenues ce qui a une influence sur les échanges à court et long terme.

A court terme, les individus ont de par leurs réserves personnelles monétaires un impact sur la consommation et donc sur l’activité économique.

Une bonne politique monétaire permet donc de stabiliser les prix sans forcément impacter la production et la consommation sur le long terme.

Au contraire, une politique monétaire qui consisterait à augmenter les prix de manière instable, entraînerait des distorsions sur le marché.

Une trop forte inflation peut également être résorbée par une politique monétaire de réduction des réserves d’argent, permettant de limiter l’inflation et tirer des bénéfices sur le long terme.

La monnaie, la base de notre économie
La monnaie, la base de notre économie

 Analyse de la théorie du monétarisme

Une politique monétariste permet de limiter l’inflation en réduisant les réserves d’argent cependant cela peut avoir des conséquences importantes. En effet le corollaire de cette politique monétaire est l’accroissement du chômage avec ses conséquences économiques pouvant être plus néfastes à l’économie que les bénéfices de la baisse d’inflation.

 Citation sur le monétarisme

« L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire. »

Milton Friedman

Le monétarisme en résumé

Le monétarisme est une école de pensée, menée par Milton Friedman, selon laquelle la quantité de monnaie en circulation est le principal moteur des dépenses à court terme et la seule cause durable de l’inflation. Il en tire une recommandation : la banque centrale doit faire croître la masse monétaire à un rythme stable et annoncé, plutôt que de chercher à piloter l’économie au jour le jour.

Né en réaction au keynésianisme dominant de l’après-guerre, il a inspiré la lutte contre l’inflation de la fin des années 1970.

Les auteurs et le contexte

Milton Friedman (1912-2006), professeur à l’université de Chicago, relance en 1956 la vieille théorie quantitative de la monnaie avec « The Quantity Theory of Money : A Restatement ». En 1963, il publie avec Anna Schwartz A Monetary History of the United States, 1867-1960, qui attribue la gravité de la Grande Dépression à l’effondrement de la masse monétaire laissé faire par la Réserve fédérale. La même année, dans une conférence intitulée « Inflation : Causes and Consequences », il prononce la formule citée ci-dessus. Il reçoit le prix Nobel d’économie en 1976. Le mot « monétarisme » est introduit en 1968 par l’économiste suisse Karl Brunner, autre figure de l’école avec Allan Meltzer.

Les idées clés

Le monétarisme part d’une identité comptable, l’équation quantitative : M × V = P × Y, où M est la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie (le nombre de fois qu’un euro sert dans l’année), P le niveau général des prix et Y la production réelle. L’identité devient une théorie dès que l’on suppose, comme Friedman, que la vitesse est à peu près stable et que la production dépend, à long terme, du travail, du capital et de la technique, pas de la monnaie.

Imaginons une économie où la masse monétaire augmente de 10 % en un an, la vitesse ne change pas et la production réelle progresse de 3 %. Les prix doivent alors monter d’environ 6,8 % (1,10 / 1,03 = 1,068). Créer plus de monnaie que l’économie ne produit de biens finit en hausse des prix.

Trois conséquences en découlent. À court terme, la monnaie agit sur l’activité, mais avec des délais « longs et variables » qui rendent les réglages fins dangereux. À long terme, elle n’agit que sur les prix. D’où la règle proposée par Friedman : faire croître la masse monétaire d’un pourcentage fixe chaque année, proche de la croissance de la production réelle, pour stabiliser les prix sans à-coups. Friedman et Edmund Phelps en tirent aussi la critique de la courbe de Phillips : on ne peut pas acheter durablement moins de chômage avec plus d’inflation.

L’épreuve des faits : Volcker et la désinflation

En août 1979, Paul Volcker prend la tête de la Fed. En octobre 1979, celle-ci annonce qu’elle pilotera désormais la croissance des réserves bancaires, donc de la monnaie, et non plus le taux au jour le jour. Les taux d’intérêt s’envolent. L’inflation américaine, proche de 15 % en mars 1980, recule nettement dans les années suivantes, mais au prix d’une récession sévère : le chômage approche 11 % en 1982. C’est exactement le coût que décrit l’analyse du texte ci-dessus. Le Royaume-Uni de Margaret Thatcher, à partir de 1979, suit une politique d’inspiration voisine.

L’épisode a montré que la banque centrale pouvait vaincre une inflation installée. Il a aussi montré les limites du pilotage par la masse monétaire : dès 1982, la Fed s’en éloigne.

Les critiques et les débats

La principale faiblesse est apparue dans les données. Dans les années 1980, avec l’innovation financière et la déréglementation bancaire, la vitesse de circulation de la monnaie devient instable : le lien entre masse monétaire et dépenses se brouille. L’économiste britannique Charles Goodhart l’avait formulé dès 1975 : toute régularité statistique tend à disparaître dès qu’on s’en sert comme objectif de pilotage. La plupart des banques centrales passent alors, dans les années 1990, au ciblage direct de l’inflation, en agissant sur les taux d’intérêt.

Les keynésiens ajoutent que la masse monétaire n’est pas entièrement contrôlée par la banque centrale, puisque ce sont surtout les banques qui créent la monnaie en accordant des crédits. Après 2008, les programmes de quantitative easing ont fortement gonflé la monnaie de banque centrale sans provoquer d’inflation pendant une dizaine d’années, ce qui a semblé leur donner raison. Puis la masse monétaire américaine M2 a augmenté d’environ un quart en 2020, et l’inflation a dépassé 9 % sur un an aux États-Unis en juin 2022 : les monétaristes y ont vu une confirmation tardive de leur thèse, leurs adversaires une conséquence des chocs d’offre liés à la pandémie et à l’énergie. Le débat reste ouvert.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

Plus aucune grande banque centrale ne pilote la masse monétaire, mais l’essentiel de l’héritage monétariste est devenu la norme : l’inflation est d’abord la responsabilité de la banque centrale, son indépendance et sa crédibilité comptent, et une règle connue vaut mieux que l’improvisation. La BCE a longtemps gardé un « pilier monétaire », avec en décembre 1998 une valeur de référence de 4,5 % par an pour la croissance de l’agrégat M3 ; lors de sa revue stratégique de 2021, elle l’a fondu dans une « analyse monétaire et financière ».

Pour un investisseur, la leçon est double. Les annonces de taux et de bilan des banques centrales restent les événements qui font le plus bouger les obligations, les devises et les actions. Et une création monétaire massive ne se traduit pas mécaniquement en inflation des prix à la consommation : elle peut aussi gonfler le prix des actifs financiers.

Questions fréquentes

Qui est le fondateur du monétarisme ?

Milton Friedman, de l’université de Chicago, prix Nobel 1976. Le terme lui-même a été introduit en 1968 par Karl Brunner.

Quelle différence entre monétarisme et keynésianisme ?

Les keynésiens comptent d’abord sur la politique budgétaire et sur une gestion active de la demande ; les monétaristes jugent la monnaie décisive et préfèrent une règle stable à l’intervention discrétionnaire.

Le monétarisme a-t-il fonctionné ?

Il a contribué à casser l’inflation au début des années 1980, au prix d’une forte récession. Le ciblage de la masse monétaire a ensuite été abandonné parce que le lien entre monnaie et dépenses était devenu instable.

Que veut dire « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » ?

Que l’inflation durable ne peut naître que d’une croissance de la monnaie plus rapide que celle de la production. Des chocs ponctuels (pétrole, récoltes) font monter certains prix, mais sans création monétaire, la hausse générale ne dure pas.

L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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1 commentaire

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A
Abdel13 décembre 2014
Cours de la theorie economique contemporaine
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