Qu’est-ce que le capital humain ? Définition et enjeux

Qu’est-ce que le capital humain ?
L’investissement concerne à la fois les machines, les usines mais il ne faut pas oublier que l’investissement concerne également le capital humain.
Selon Adam Smith, les hommes contribuent à la croissance économique. En effet, les travailleurs, qui font des études supérieures, ont du savoir-faire, un bagage culturel et intellectuel important. Ils sont donc plus productifs ce qui améliore leur efficacité. Cette meilleure efficacité et efficience leur permet par conséquent d’être plus innovants. Ainsi, la théorie du capital humain assure qu’il est plus rentable d’investir dans l’éducation et la formation des individus que dans les machines et les usines, le retour sur investissement est plus important sur le long terme.

Comment analyser la théorie du capital humain ?
Cette théorie a des limites car pour les pays développés qui ont connu la Seconde Guerre mondiale, les nations se sont assez rapidement reconstruites grâce essentiellement à la main d’œuvre. De plus, les pays en voie de développement ont un retard plus important à combler et les meilleurs cerveaux de ces pays partent à l’étranger car ils sont mieux payés que dans leur pays d’origine. On appelle ce phénomène la fuite des cerveaux.
Citation sur le capital humain
« Les personnes dont l’éducation et le savoir-faire sont plus élevés ont presque toujours tendance à gagner plus que les autres. »
Gary Becker
Le capital humain en résumé
Le capital humain désigne l’ensemble des connaissances, des compétences, de l’expérience et de la santé d’une personne qui lui permettent de produire et de gagner un revenu. La théorie du capital humain traite l’éducation et la formation comme un investissement : on en supporte le coût aujourd’hui (frais d’études, salaire auquel on renonce pendant ce temps) pour en retirer plus tard un supplément de productivité et de salaire.
Elle explique une partie des écarts de revenus entre individus et entre pays, et elle est au cœur des théories modernes de la croissance.
Qui sont les auteurs de la théorie du capital humain, et dans quel contexte ?
L’idée est ancienne. Dans La Richesse des nations (1776), au livre II, Adam Smith range parmi le capital fixe d’une société les talents utiles acquis par ses habitants : leur acquisition coûte, mais ils rapportent ensuite. L’expression « investissement en capital humain » se trouve en 1928 chez l’économiste anglais Arthur Cecil Pigou.
La théorie proprement dite naît à l’université de Chicago, à la fin des années 1950. Jacob Mincer publie en 1958 « Investment in Human Capital and Personal Income Distribution » dans le Journal of Political Economy. Theodore Schultz publie en 1961 « Investment in Human Capital » dans l’American Economic Review ; il recevra le prix Nobel d’économie en 1979. Gary Becker en donne la synthèse dans Human Capital (1964) et reçoit le prix Nobel en 1992.
Un détail éclaire la question soulevée plus haut sur la reconstruction d’après-guerre. Schultz a dirigé des recherches sur la rapidité du redressement de l’Allemagne et du Japon après 1945. Sa conclusion fut que cette vitesse s’expliquait par une population en bonne santé et très instruite : les usines avaient été détruites, mais pas les savoirs. Pour lui, la reconstruction illustre la force du capital humain plutôt que sa limite. Les deux lectures se rejoignent sur un point : c’est bien la main-d’œuvre, et ce qu’elle savait faire, qui a reconstruit.
Quelles sont les idées clés du capital humain ?
L’éducation comme investissement. Un individu poursuit ses études tant que le supplément de revenu attendu dépasse leur coût, y compris le salaire auquel il renonce pendant qu’il étudie. Cela explique pourquoi les études sont surtout faites jeune : la période pendant laquelle l’investissement rapporte est plus longue.
Formation générale et formation spécifique. Becker distingue les compétences utiles partout (savoir lire un bilan, parler anglais) de celles qui ne servent que dans une entreprise (connaître ses logiciels internes). L’entreprise a peu de raisons de financer la première, car le salarié peut partir la valoriser ailleurs ; elle a intérêt à financer la seconde.
La mesure du rendement. Jacob Mincer a proposé une relation devenue classique : le logarithme du salaire augmente avec le nombre d’années d’études S et avec l’expérience X, le coefficient de S donnant le rendement d’une année d’études supplémentaire. La revue de littérature de George Psacharopoulos et Harry Patrinos (Education Economics, 2018), qui porte sur 139 pays, retient un rendement privé moyen d’environ 9 % par année d’études.
Imaginons, pour fixer les idées, une personne qui gagnerait 2 000 euros par mois sans études supplémentaires. Avec un rendement de 9 % par an, trois années d’études de plus porteraient ce salaire à 2 000 × 1,09 × 1,09 × 1,09, soit environ 2 590 euros. Le calcul est une moyenne : il varie fortement selon le pays, la discipline et la période.
Quelles critiques vise la théorie du capital humain ?
Le signal plutôt que la compétence. En 1973, Michael Spence publie « Job Market Signaling » dans le Quarterly Journal of Economics. Il montre que, même si les études n’augmentaient en rien la productivité, elles pourraient être récompensées parce qu’elles signalent à l’employeur des qualités préexistantes (capacités, persévérance). Si c’est le cas, le rendement pour l’individu reste réel, mais le gain pour la société est plus faible que ne le suppose la théorie. La part respective du signal et de la compétence reste discutée.
Les critiques d’inspiration marxiste. Samuel Bowles et Herbert Gintis ont soutenu au milieu des années 1970 que l’école prépare autant à la discipline du travail qu’à la productivité, et que les écarts de salaires reflètent aussi l’origine sociale. D’autres économistes reprochent à la théorie de vouloir expliquer toutes les différences de salaires par l’éducation.
La fuite des cerveaux, évoquée plus haut, est une limite pour le pays qui forme : il paie l’investissement, un autre pays en recueille le rendement. Certains travaux soulignent toutefois les transferts de fonds des émigrés et l’incitation à étudier que crée la perspective de partir.
Enfin, l’affirmation qu’il serait toujours plus rentable d’investir dans l’éducation que dans les machines va plus loin que la théorie elle-même : les deux formes de capital sont surtout complémentaires, une main-d’œuvre qualifiée rendant les équipements plus productifs, et inversement.
Que change le capital humain pour un investisseur ?
Le capital humain d’un pays pèse sur sa croissance potentielle, donc à long terme sur ses taux d’intérêt et sur la valeur de sa monnaie : c’est un élément de l’analyse fondamentale des économies. Pour une entreprise, il ne figure pas au bilan : les compétences de ses équipes, souvent décisives dans les services, le logiciel ou la recherche, n’apparaissent dans aucune ligne comptable. Les marchés en tiennent compte dans la valorisation, ce qui explique en partie les écarts entre capitalisation boursière et capitaux propres. Côté conjoncture, les statistiques d’emploi et de salaires, comme le rapport sur l’emploi américain, renseignent sur l’usage qui est fait de ce capital.
Questions fréquentes
Quelle est la définition simple du capital humain ?
C’est l’ensemble des connaissances, compétences, expériences et de la santé d’une personne, qui déterminent sa capacité à produire et à gagner un revenu. On l’accroît par l’éducation, la formation et l’expérience.
Qui a créé la théorie du capital humain ?
Ses fondateurs sont Jacob Mincer (1958), Theodore Schultz (1961) et Gary Becker, dont le livre Human Capital (1964) reste la référence. Adam Smith en avait déjà formulé l’intuition en 1776.
Quelle différence entre capital humain et capital physique ?
Le capital physique (machines, bâtiments) appartient à l’entreprise et peut être vendu ; le capital humain est indissociable de la personne qui le porte. Il ne peut être ni vendu ni saisi, et il part avec le salarié.
Combien rapporte une année d’études ?
En moyenne mondiale, environ 9 % de salaire en plus par année d’études selon Psacharopoulos et Patrinos (2018), avec de fortes différences selon les pays et les niveaux d’études.
Pour aller plus loin
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
Découvrir mon parcours









La formation complète Gratuit
Le trading commence par les bons outils.
- La formation complète à la plateforme
- Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
- Configuration guidée, pas à pas
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin
Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.
Découvrir l’École