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Analyse SWOT d’Honeywell Technologies : forces, faiblesses, opportunités et menaces

Analyse SWOT d'Honeywell Technologies : forces, faiblesses, opportunités et menaces

Honeywell n’est plus le conglomérat que l’on connaissait. Sous la pression du fonds Elliott, qui avait dévoilé fin 2024 une participation de plus de 5 milliards de dollars, le groupe américain s’est coupé en trois : les matériaux sont partis en octobre 2025 sous le nom de Solstice Advanced Materials, l’aéronautique le 29 juin 2026 sous celui d’Honeywell Aerospace. Ce qui reste, rebaptisé Honeywell Technologies et toujours coté au Nasdaq sous le symbole HON, vend de l’automatisation : gestion technique des bâtiments, contrôle des procédés industriels, catalyseurs pour le raffinage. Voici son analyse SWOT, mise à jour avec les comptes de 2025 et du deuxième trimestre 2026.

Honeywell Technologies en chiffres

  • Chiffre d’affaires 2025, avant la scission de l’aéronautique : 37,4 milliards de dollars, en hausse de 8 %.
  • Cash-flow libre 2025 : 5,1 milliards de dollars, en hausse de 20 %.
  • Ce qui est parti : l’aéronautique pesait 17,5 milliards de dollars de ventes en 2025, près de la moitié du groupe.
  • Deuxième trimestre 2026, sur le périmètre actuel : 5,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires (+4 % à périmètre constant), une marge des divisions de 19 % et des commandes en hausse de 16 %.
  • Trois métiers : l’automatisation des bâtiments (2 milliards de dollars au trimestre), l’automatisation des procédés et la technologie (1,7 milliard), l’automatisation industrielle (1,5 milliard).
  • Objectif 2026 : 19,8 à 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires et environ 2 milliards de cash-flow libre.
  • Effectifs : plus de 50 000 salariés.

Forces d’Honeywell Technologies

Des bâtiments qui rapportent. Détection incendie, sécurité, gestion technique : l’automatisation des bâtiments a progressé de 9 % à périmètre constant au deuxième trimestre 2026 avec une marge de 27,1 %. Dans les secteurs à forte croissance, centres de données en tête, les commandes ont bondi de plus de 50 %.

Un savoir-faire de raffineur. Avec sa filiale UOP, Honeywell fournit des technologies aux raffineurs et aux pétrochimistes. Le rachat des activités de catalyseurs de Johnson Matthey, finalisé le 17 juillet 2026, renforce cette position, et les commandes de technologies de procédés ont augmenté d’environ 50 % au deuxième trimestre.

Une participation qui vaut de l’or quantique. Quantinuum, la société d’informatique quantique jusqu’ici consolidée par Honeywell, est entrée en Bourse le 4 juin 2026, valorisée environ 17,6 milliards de dollars au premier jour. Honeywell en garde environ 47 % et a enregistré un gain comptable de 6,6 milliards de dollars.

Des objectifs relevés. En juillet, la direction a relevé sa prévision de bénéfice par action ajusté pour 2026 (8,05 à 8,35 dollars) et de marge des divisions (20,1 à 20,5 %).

Faiblesses d’Honeywell Technologies

Une entreprise deux fois plus petite. Le nouvel Honeywell vise environ 20 milliards de dollars de ventes en 2026, contre 37,4 milliards pour l’ancien périmètre en 2025. La taille et la diversification sont parties avec l’aéronautique.

L’automatisation industrielle à la traîne. Ses ventes ont reculé de 6 % en 2025 (stables à périmètre constant), et le groupe a passé une dépréciation d’écart d’acquisition de 288 millions de dollars sur ce métier. Sa marge reste la plus faible des trois, à 17,2 %, et Honeywell s’en déleste : les solutions d’entrepôt ont été cédées au fonds American Industrial Partners en juillet 2026, l’activité de productivité à Brady en août.

Un après-vente qui fléchit. Dans l’automatisation des procédés, l’après-vente a reculé de 6 % au deuxième trimestre et la marge a perdu 1,8 point, à 22,1 %. C’est pourtant l’activité la plus régulière d’un fournisseur de procédés.

Des comptes difficiles à lire. Avec le gain sur Quantinuum, le bénéfice par action du trimestre atteint 16,65 dollars ; hors éléments exceptionnels, il est de 1,95 dollar. Coûts de séparation et cessions brouilleront encore les comparaisons un moment.

Opportunités pour Honeywell Technologies

Les centres de données. Au-delà de la sécurité et de la gestion des bâtiments, la direction vise la production d’électricité sur site et les capteurs pour le refroidissement liquide.

Le gaz et la pétrochimie. Les projets d’automatisation des procédés ont crû de 5 %, tirés par le gaz, le gaz naturel liquéfié et la pétrochimie, et les commandes de la division ont progressé de 24 %. Les synergies commerciales attendues du rachat de Johnson Matthey ne sont pas encore intégrées aux objectifs.

Une réserve de valeur à monétiser. La direction promet de préciser d’ici le début de 2027 ce qu’elle fera de ses 47 % dans Quantinuum. Une cession, même partielle, lui donnerait de quoi racheter des actions ou acheter des entreprises.

Un carnet de commandes solide. Le nouveau périmètre affiche environ 20 milliards de dollars de commandes en carnet, soit à peu près une année de chiffre d’affaires.

Menaces pour Honeywell Technologies

Le Moyen-Orient. Le groupe a perdu du chiffre d’affaires dans la région aux deux premiers trimestres 2026 et a connu des retards d’encaissement en mars et en avril. Ses objectifs supposent une situation sans escalade majeure.

Une concurrence de premier rang. Siemens, Schneider Electric, Emerson ou ABB sont présents sur les mêmes marchés.

Le précédent d’Honeywell Aerospace. Pour ses premiers résultats d’entreprise indépendante, le 5 août 2026, Honeywell Aerospace a ramené sa prévision de croissance organique de 7-9 % à 4-5 %, invoquant sa chaîne d’approvisionnement. Le lendemain, selon Reuters, le titre a perdu jusqu’à 26 % en séance. Le marché a appris à se méfier des lendemains de scission.

Un cycle industriel incertain. L’automatisation industrielle compte sur la poursuite de la croissance en Europe et en Chine et sur une demande plus ferme aux Amériques au second semestre. Si l’investissement des usines cale, cette division plongera la première.

Principaux concurrents d’Honeywell Technologies

  • Automatisation des bâtiments : Johnson Controls, Siemens, Schneider Electric, Carrier.
  • Automatisation des procédés : Emerson, ABB, Yokogawa, Siemens.
  • Automatisation industrielle : Rockwell Automation, Siemens, Emerson.
  • Anciens métiers, désormais séparés : Honeywell Aerospace affronte Safran et Collins Aerospace ; autre conglomérat américain : 3M.

Le regard du trader

Je ne trade pas Honeywell : je ne trade qu’un seul marché, le future sur le Nasdaq. Mais je regarde le titre, parce qu’il est coté au Nasdaq et qu’il offre un cas d’école de ce que deviennent les conglomérats démantelés par un fonds activiste.

Trois choses le font bouger. D’abord la marge des divisions et les objectifs annuels, révisés à chaque publication trimestrielle : après les résultats du 23 juillet 2026, meilleurs que prévu et assortis d’objectifs relevés, le titre a pris environ 6 %. Ensuite les opérations sur le portefeuille : chaque cession, chaque acquisition et bientôt le sort de Quantinuum. Enfin les mauvaises surprises après séparation, comme celle qui a coûté à Honeywell Aerospace jusqu’à 26 % en séance le 6 août 2026.

Une scission crée parfois de la valeur, elle révèle aussi les faiblesses que la taille du conglomérat masquait. Honeywell Technologies n’a publié qu’un trimestre sur son nouveau périmètre : c’est peu pour juger.

Cette analyse est informative et ne constitue pas un conseil en investissement.

Sources

Les autres analyses SWOT

Toutes les grandes entreprises analysées sur le site, classées par secteur :

SecteurAnalyses SWOT
Aéronautique et défenseSafran · Airbus (ex-EADS) · Dassault Aviation · Thales (et Gemalto) · Boeing · GE Aerospace (ex-General Electric) · Rheinmetall · Honeywell Technologies · MTU Aero Engines
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Transport, tourisme et loisirsAccor · Expedia · Lufthansa · DHL (ex-Deutsche Post)
BTP et immobilierVinci · Bouygues · Eiffage · Unibail-Rodamco-Westfield · Hochtief · Vonovia

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L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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