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Analyse SWOT de Novartis : forces, faiblesses, opportunités et menaces

Analyse SWOT de Novartis : forces, faiblesses, opportunités et menaces

Novartis invente et vend des médicaments sur ordonnance contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et rénales, les maladies immunitaires et neurologiques. La scission de Sandoz, sa branche de génériques et de biosimilaires, le 4 octobre 2023, a achevé sa transformation en pur laboratoire de médicaments innovants. Voici son analyse SWOT, mise à jour avec les comptes de 2025 et du premier semestre 2026.

Novartis en chiffres

  • Chiffre d’affaires 2025 : 54,5 milliards de dollars, en hausse de 8 %.
  • Résultat opérationnel courant 2025 : 21,9 milliards de dollars, soit 40,1 % du chiffre d’affaires.
  • Bénéfice net 2025 : 14,0 milliards de dollars, et 17,6 milliards de cash-flow libre.
  • Effectifs : environ 77 000 salariés, des médicaments vendus dans 118 pays.
  • Premier semestre 2026 : 27,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires (+1 %, mais −2 % à taux de change constants) et une marge opérationnelle courante de 39,4 %, contre 42,1 % un an plus tôt.
  • Dette nette : 39,4 milliards de dollars fin juin 2026, contre 21,9 milliards fin 2025.

Forces de Novartis

Une relève déjà en place. Au deuxième trimestre 2026, Kisqali, contre le cancer du sein, a vendu pour 1,7 milliard de dollars (+43 % à taux de change constants), Kesimpta, contre la sclérose en plaques, pour 1,4 milliard (+32 %), et Scemblix, contre une leucémie, a presque doublé (+89 %).

Une rentabilité de premier ordre. Avec une marge opérationnelle courante de 40,1 % en 2025, Novartis transforme une large part de ses ventes en trésorerie : 17,6 milliards de dollars de cash-flow libre. De quoi verser pour 2025 un dividende de 3,70 francs suisses par action, le 29e relevé consécutif depuis la création du groupe en 1996.

Un recentrage achevé. Depuis la scission de Sandoz, le groupe ne fait plus qu’un métier, dans quatre domaines thérapeutiques : cardiovasculaire et rénal, immunologie, neurosciences, cancer. Il investit en plus dans trois techniques jeunes : la thérapie génique et cellulaire, les radioligands, qui portent un atome radioactif jusqu’à la tumeur, et les médicaments à base d’ARN.

Un bilan encore solide. Malgré les rachats de 2026, Moody’s et S&P Global notent toujours sa dette à long terme Aa3 et AA−.

Faiblesses de Novartis

La plus grosse perte de brevets de son histoire. C’est le groupe lui-même qui le dit pour 2026. Entresto, son premier médicament avec 7,7 milliards de dollars de ventes en 2025, affronte des génériques aux États-Unis depuis le troisième trimestre 2025 : −51 % au deuxième trimestre 2026. Promacta (−65 %) et Tasigna (−58 %) suivent le même chemin. Le groupe s’attend lui-même, selon Reuters, à perdre 4 milliards de dollars de ventes d’Entresto en 2026.

Une année de recul assumée. Pour 2026, le groupe prévoit une faible hausse du chiffre d’affaires et un léger recul du résultat opérationnel courant. Au premier semestre, ce dernier a baissé de 6 % ; au deuxième trimestre, le bénéfice net a chuté de 19 %, sous l’effet de la hausse des impôts et des frais financiers.

Une dette qui a presque doublé en six mois. Rachats d’entreprises, dividende de 9,1 milliards de dollars, rachats d’actions : la dette nette est passée de 21,9 à 39,4 milliards de dollars au premier semestre 2026.

Opportunités pour Novartis

Le pari Avidity. Annoncé le 26 octobre 2025 et finalisé le 27 février 2026, le rachat d’Avidity Biosciences a coûté 72 dollars par action, soit environ 12 milliards de dollars. Il apporte trois programmes avancés contre des maladies neuromusculaires génétiques. Le premier, del-zota, contre une forme de myopathie de Duchenne, a été soumis à l’autorité américaine du médicament (FDA) pour une autorisation accélérée. Novartis vise des lancements avant 2030.

Une politique d’acquisitions soutenue. Le groupe a aussi racheté Excellergy (maladies allergiques) et le candidat SNV4818 contre le cancer du sein ; en juillet 2026, il a signé pour Myricx Bio, qui développe des anticorps porteurs d’un médicament anticancéreux.

De nouveaux médicaments sur la rampe. Rhapsido, contre l’urticaire chronique, vient d’être autorisé en Europe et au Japon. Pluvicto, radioligand contre le cancer de la prostate, a progressé de 43 % au deuxième trimestre. Novartis vise une croissance annuelle moyenne de ses ventes de 5 à 6 % à taux de change constants entre 2025 et 2030.

Menaces pour Novartis

Le prix des médicaments aux États-Unis. Le 19 décembre 2025, Novartis a conclu un accord avec l’administration Trump : lancer ses futurs médicaments à des prix comparables dans les pays riches, et vendre directement certains traitements aux patients via la plateforme TrumpRx. En contrepartie des 23 milliards de dollars d’investissements promis aux États-Unis sur cinq ans, il compte sur trois ans d’exemption de droits de douane. Le directeur général a prévenu que l’effet de la règle de la « nation la plus favorisée » commencerait à se faire sentir dans les dix-huit mois.

Une érosion des prix déjà visible. Au premier semestre 2026, les prix ont retiré 3 points à la croissance, la concurrence des génériques 14 points. Les volumes, en hausse de 15 points, ne suffisent pas à compenser.

Entresto, deuxième acte. En Europe, le certificat qui prolonge le brevet d’Entresto expire à son tour, à partir de novembre 2026 selon Reuters. Novartis défendra ses brevets plus tardifs, mais la chute américaine risque de s’étendre au Vieux Continent.

Le risque des essais. Une bonne partie de la valeur d’Avidity repose sur des molécules qui ne sont pas encore autorisées. Un refus ou un retard de la FDA pourrait transformer une partie des 12 milliards de dollars en dépréciation.

Principaux concurrents de Novartis

  • Cancer : Eli Lilly et Pfizer (cancer du sein), AstraZeneca, Roche, Bayer (radioligands).
  • Immunologie : AbbVie, Johnson & Johnson, UCB.
  • Neurologie : Roche et Biogen (sclérose en plaques), Sarepta (maladies neuromusculaires).
  • Génériques : les fabricants de copies, dont Sandoz, son ancienne filiale.

Le regard du trader

Je ne trade pas Novartis : je ne trade qu’un seul marché, le future sur le Nasdaq. Mais je regarde le titre, parce qu’il montre en temps réel ce que la politique de prix de Washington coûte à la pharmacie européenne.

Deux choses le font bouger. D’abord la vitesse de la relève : le 28 avril 2026, des ventes trimestrielles de 13,1 milliards de dollars, sous les 13,4 milliards attendus par les analystes, ont fait reculer l’action, de près de 3 % au plus bas selon Pharmaphorum. Le 21 juillet, à l’inverse, un résultat opérationnel courant supérieur aux attentes l’a fait monter d’environ 3 % à la Bourse suisse. Ensuite les résultats d’essais cliniques et les décisions de la FDA, notamment sur les molécules d’Avidity. Prochain rendez-vous : les résultats du troisième trimestre, le 27 octobre 2026.

Un laboratoire très rentable n’est pas à l’abri d’une falaise de brevets. Le marché paie la relève avant de la voir dans les comptes, et c’est précisément quand la relève tarde que la sanction tombe.

Cette analyse est informative et ne constitue pas un conseil en investissement.

Sources

Les autres analyses SWOT

Toutes les grandes entreprises analysées sur le site, classées par secteur :

SecteurAnalyses SWOT
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L’auteur

Benoist Rousseau

Maîtrise d’histoire (Sorbonne) · Trader depuis 1994

Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.

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