Analyse SWOT de Merck & Co. (MSD) : forces, faiblesses, opportunités et menaces

Merck & Co., laboratoire américain installé à Rahway, dans le New Jersey, et membre du Dow Jones, vend des médicaments, des vaccins et des produits de santé animale. Il porte le nom de MSD partout ailleurs qu’aux États-Unis et au Canada ; il est distinct de l’allemand Merck KGaA. Son produit vedette, l’anticancéreux Keytruda, fait près de la moitié de ses ventes ; le Gardasil protège contre le papillomavirus. Voici son analyse SWOT, mise à jour avec les comptes de 2025 et du premier semestre 2026.
Merck & Co. en chiffres
- Chiffre d’affaires 2025 : 65,0 milliards de dollars, en hausse de 1 %.
- Bénéfice net 2025 : 18,3 milliards de dollars, en hausse de 7 %.
- Keytruda 2025 : 31,7 milliards de dollars (+7 %), soit près de la moitié des ventes du groupe.
- Santé animale 2025 : 6,4 milliards de dollars, en hausse de 8 %.
- Effectifs : environ 75 000 salariés fin 2025.
- Premier semestre 2026 : 32,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires (+5 %) et une perte nette de 5,6 milliards, due aux charges liées aux rachats.
Forces de Merck & Co.
Le Keytruda, une machine sans équivalent. Cet anticorps, qui lève le frein que les tumeurs imposent au système immunitaire, est autorisé dans de nombreux cancers. Avec sa forme sous-cutanée, il a encore progressé de 7 % en 2025, à 31,7 milliards de dollars, et de 5 % au deuxième trimestre 2026 ; la seule forme intraveineuse, elle, a reculé de 1 % sur ce trimestre.
Une relève déjà commercialisée. Le Winrevair, contre l’hypertension artérielle pulmonaire, a vendu 588 millions de dollars au deuxième trimestre 2026 (+75 %). Le Welireg, contre certains cancers du rein, gagne 67 % ; le Capvaxive, vaccin contre le pneumocoque destiné aux adultes, 42 %.
Une santé animale solide. La division vétérinaire (6,4 milliards de dollars en 2025, +8 %), qui vend notamment l’antiparasitaire Bravecto, croît sans dépendre des brevets du Keytruda.
De quoi payer ses ambitions. Avec 18,3 milliards de dollars de bénéfice net en 2025, Merck finance 15,8 milliards de recherche et rachète des sociétés sans se mettre en danger.
Faiblesses de Merck & Co.
Un seul produit pour la moitié des ventes. Le Keytruda pèse environ 49 % du chiffre d’affaires de 2025.
Le Gardasil, de pilier à point faible. En février 2025, faute de demande, Merck a suspendu ses livraisons en Chine et retiré son objectif de 11 milliards de dollars de ventes pour le vaccin. Le Gardasil est tombé de 8,6 milliards de dollars en 2024 à 5,2 milliards en 2025 (-39 %). En avril 2026, le contrat avec le distributeur chinois Zhifei a été renouvelé jusqu’en 2028, mais sans minimum d’achat.
Des comptes plombés par les rachats. La comptabilité américaine impose de passer en charges de recherche l’essentiel du prix des molécules rachetées en développement : 9 milliards de dollars pour Cidara, 5,7 milliards pour Terns en 2026. D’où une perte nette de 1,3 milliard au deuxième trimestre et une prévision de bénéfice par action ajusté ramenée de 5,04-5,16 dollars à 2,66-2,76 dollars.
Opportunités pour Merck & Co.
Le Keytruda sous la peau. Approuvé aux États-Unis le 19 septembre 2025, le Keytruda Qlex s’injecte en une ou deux minutes, contre un peu plus d’une demi-heure de perfusion. Il a vendu 463 millions de dollars au deuxième trimestre 2026. Merck vise 30 à 40 % des patients d’ici 18 à 24 mois : chaque patient converti échappe en principe aux futures copies du Keytruda intraveineux.
Des rachats pour remplir le trou. Merck a bouclé le 7 octobre 2025 l’achat de Verona Pharma, environ 10 milliards de dollars, pour l’Ohtuvayre, traitement inhalé de la bronchopneumopathie chronique obstructive (204 millions de dollars au deuxième trimestre 2026). Ont suivi Cidara en janvier 2026 (9,2 milliards) pour un antiviral à longue durée d’action destiné à prévenir la grippe, puis Terns en mai 2026 (6,8 milliards) pour un traitement oral expérimental de la leucémie myéloïde chronique.
Un portefeuille de recherche qui arrive à maturité. L’autorité américaine du médicament a approuvé en juillet 2026 le Lipfendra, un anticholestérol oral de la famille des inhibiteurs de PCSK9. Merck a aussi publié des résultats positifs de phase 3 dans le cancer de l’endomètre et, avec Gilead, dans un traitement oral hebdomadaire du VIH.
Une prévision relevée. En août 2026, Merck a resserré et relevé sa fourchette de chiffre d’affaires annuel, à 66,3-67,3 milliards de dollars.
Menaces pour Merck & Co.
La fin du brevet du Keytruda. La famille de brevets principale expire en 2028 aux États-Unis et en Chine, en 2031 dans les grands pays européens. Merck s’attend aussi à ce que le Keytruda soit choisi en 2027 pour la négociation des prix de Medicare, avec un prix imposé au 1er janvier 2029.
Le prix des médicaments aux États-Unis. Le Januvia, antidiabétique, est vendu au prix négocié par Medicare depuis janvier 2026 ; le Janumet suivra en 2027, le Lenvima en 2028. En décembre 2025, Merck a signé avec l’administration Trump un accord de trois ans : ses médicaments existants sont vendus à prix réduit aux programmes Medicaid, et le Januvia passe de 330 à 100 dollars pour les patients qui l’achètent sur TrumpRx. Merck a obtenu un report de trois ans des droits de douane.
Des procès sur la forme sous-cutanée. Halozyme, spécialiste des formulations injectables, accuse le Keytruda Qlex de contrefaire ses brevets. Aux États-Unis, Merck a fait invalider l’un d’eux en mai 2026 par l’office des brevets, mais le 7 octobre 2026 un tribunal néerlandais lui a ordonné de cesser de fournir le Keytruda sous-cutané dans huit pays européens, dont la France.
D’autres échéances que le Keytruda. Le brevet américain de l’antiparasitaire Bravecto expire en 2027. Et le Gardasil a montré qu’un marché comme la Chine peut se fermer en quelques mois.
Principaux concurrents de Merck & Co.
- Cancérologie : Bristol Myers Squibb (Opdivo), Roche, AstraZeneca, Pfizer, puis les futurs fabricants de biosimilaires du Keytruda.
- Vaccins : GSK, Pfizer, Sanofi.
- Santé animale : Zoetis, Elanco, Boehringer Ingelheim.
Le regard du trader
Je ne trade pas Merck : je ne trade qu’un seul marché, le future sur le Nasdaq. Mais je regarde le titre, cas d’école de la pharmacie : un groupe très rentable dont le marché compte les années avant l’expiration de son brevet principal.
Trois choses le font bouger. Les mauvaises surprises sur un produit clé : le 4 février 2025, la suspension des livraisons de Gardasil en Chine a coûté au titre près de 11 % en séance. Le rythme de conversion au Keytruda Qlex, suivi trimestre après trimestre. Et la politique de prix de Washington.
Une action qui semble bon marché au regard de ses bénéfices actuels ne l’est pas forcément au regard de ceux de 2029. Tout dépend de la vitesse à laquelle les rachats compenseront le Keytruda, que personne ne connaît.
Cette analyse est informative et ne constitue pas un conseil en investissement.
Sources
- Merck, résultats annuels 2025 (3 février 2026)
- Merck, résultats du deuxième trimestre 2026 (4 août 2026)
- Merck, rapport annuel 10-K 2025 (brevets, Medicare, santé animale)
- Merck, fiche de présentation du groupe (2026)
- Merck, finalisation du rachat de Verona Pharma (7 octobre 2025)
- Fierce Pharma, approbation du Keytruda sous-cutané (19 septembre 2025)
- Fierce Pharma, suspension des livraisons de Gardasil en Chine (4 février 2025)
- ROI-NJ, accord de Merck avec Washington sur les prix (22 décembre 2025)
- Merck, finalisation du rachat de Terns Pharmaceuticals (5 mai 2026)
- PharmExec, approbation du Lipfendra (16 juillet 2026)
- Yicai Global, nouveau contrat entre Zhifei et MSD (3 avril 2026)
- Pearce IP, invalidation d’un brevet de Halozyme aux États-Unis (12 mai 2026)
- Pharmaphorum, injonction contre le Keytruda sous-cutané en Europe (7 octobre 2026)
- Zacks, détail des résultats du deuxième trimestre 2026 (août 2026)
Les autres analyses SWOT
Toutes les grandes entreprises analysées sur le site, classées par secteur :
Historien de formation, j’aborde l’économie en praticien : depuis 1994, je vois chaque jour sur mes écrans ce que les décisions des banques centrales et des États font aux prix. J’essaie d’expliquer ce qui se joue derrière les chiffres, sans jargon et sans promesse.
Découvrir mon parcours









La formation complète Gratuit
Le trading commence par les bons outils.
- La formation complète à la plateforme
- Mes Graphiques & Espaces de travail : accès exclusif à mes indicateurs, modèles et réglages personnalisés
- Configuration guidée, pas à pas
Quand vous serez prêt Pour aller plus loin
Formations, séminaires, webinaire et coaching privé. Je vous accompagne personnellement.
Découvrir l’École