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Les biais cognitifs : le guide en 52 fiches

Les biais cognitifs : le guide en 52 fiches, en sept familles

Cinquante-deux biais cognitifs, ces erreurs de jugement qui ne doivent rien au hasard : elles reviennent dans le même sens, chez presque tout le monde, et d’abord chez ceux qui s’en croient protégés. Chaque fiche décrit l’expérience qui a mis le biais en évidence, ce qu’il fait sur les marchés, comment le reconnaître chez soi et ce que l’on peut y faire, avec ses sources et les critiques qu’il a reçues.

Ils sont rangés en sept familles, des raccourcis du jugement à la foule. Les chercheurs qui les ont découverts ont leur biographie dans le guide des grands économistes, et les philosophes qui les avaient pressentis, d’Épictète à Hume, dans le guide des grands philosophes.

Si vous débutez

Par où commencer

Huit fiches, à lire dans l’ordre : ce sont les biais que l’on retrouve le plus souvent derrière une mauvaise décision de marché.

L’excès de confiance

Le point de départ : se croire plus précis qu’on ne l’est, et trader en conséquence.

Le biais de confirmation

Chercher ce qui donne raison, et ne jamais tester ce qui donnerait tort.

L’aversion aux pertes

Pourquoi une perte fait plus mal qu’un gain ne réjouit.

L’effet de disposition

Sa conséquence la plus coûteuse : vendre les gagnants, garder les perdants.

L’effet d’ancrage

Le prix d’achat, le plus haut de l’année : des chiffres qui retiennent le jugement.

L’erreur du joueur

Le hasard n’a pas de mémoire, mais nous lui en prêtons une.

Le comportement moutonnier

Suivre les autres, ou comment un marché s’emballe.

Le biais rétrospectif

Après coup, tout semblait évident : la meilleure façon de ne rien apprendre.

Les sept familles

Un biais en appelle souvent un autre : chaque fiche renvoie aux biais voisins, de sa famille et des autres.

Le jugement · 7 fiches

Les raccourcis du jugement

Pour juger vite, l’esprit remplace une question difficile par une question plus facile : ce qui vient à l’esprit, ce qui ressemble, le premier chiffre entendu. Amos Tversky et Daniel Kahneman ont décrit ces heuristiques dans les années 1970 ; elles marchent souvent, et se trompent toujours dans le même sens.

Les probabilités · 7 fiches

Le hasard mal compris

Le hasard produit des séries, des grappes et des retours à la normale que l’esprit prend pour des intentions, des talents ou des signaux. Sur les marchés, où le hasard pèse lourd, ces erreurs ont un prix.

Le risque · 9 fiches

La perte et le risque

Une perte pèse plus lourd qu’un gain de même montant, et ce déséquilibre déforme tout le reste : ce que l’on garde, ce que l’on vend, ce que l’on refuse de regarder. C’est le cœur de la théorie des perspectives de Kahneman et Tversky (1979) et de l’économie comportementale de Richard Thaler.

Le jugement sur soi · 8 fiches

La confiance en soi

La plupart des gens se jugent meilleurs que la moyenne, plus précis qu’ils ne le sont et plus maîtres des événements qu’ils ne l’ont été. Ce sont les biais que les études sur des comptes réels d’investisseurs relient le plus nettement à leurs résultats.

Les croyances · 8 fiches

Croire ce qu’on veut croire

Une fois une opinion formée, l’esprit la protège : il cherche ce qui la confirme, écarte ce qui la gêne, retient la première impression et la dernière nouvelle, et préfère une bonne histoire à une statistique.

Les autres · 7 fiches

La foule

Ce que pensent les autres est une information, et une contagion. Asch, Milgram et Janis ont montré comment un groupe fait plier le jugement individuel ; les économistes ont montré qu’un marché peut suivre sa propre trace jusqu’à l’excès. Gustave Le Bon l’avait décrit dès 1895 dans Psychologie des foules.

Le temps et l’habitude · 6 fiches

Le temps et les émotions

Le présent pèse plus que l’avenir, le mauvais plus que le bon, le familier plus que l’inconnu, et ne rien faire semble moins grave que mal faire. Des biais discrets, qui agissent surtout sur la durée : l’épargne, l’allocation, les choix que l’on ne fait jamais.

Une erreur, ses biais

Les erreurs les plus fréquentes d’un investisseur, et les biais qui les expliquent.

L’erreurLes biais en cause
Garder une action qui baisse pour attendre de revenir à son prix d’achatEffet de disposition, Aversion aux pertes, Ancrage
Vendre trop tôt une action qui monteEffet de disposition, Aversion au regret
Passer trop d’ordresExcès de confiance, Biais d’action, Illusion de contrôle
Acheter ce dont tout le monde parleDisponibilité, Peur de manquer, Preuve sociale
Ne lire que ce qui donne raison à sa positionConfirmation, Raisonnement motivé
Renforcer une position perdante pour se refaireCoûts irrécupérables, Argent gagné
Prendre plus de risques après une série de gainsArgent gagné, Excès de confiance
Croire qu’un gérant qui a battu le marché le battra encoreMain chaude, Loi des petits nombres, Régression vers la moyenne
Placer son épargne dans son pays ou chez son employeurFamiliarité, Statu quo
Ne jamais revoir son allocationStatu quo, Omission
Juger une décision à son seul résultatBiais du résultat, Autocomplaisance
Expliquer le krach une fois qu’il a eu lieuBiais rétrospectif, Narration

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

Une erreur de jugement systématique : elle ne se produit pas au hasard, mais dans le même sens et dans les mêmes situations, chez la plupart des gens. Elle vient le plus souvent d’un raccourci de pensée, une heuristique, qui fait gagner du temps et marche souvent, mais se trompe de façon prévisible.

Qui a mis en évidence les biais cognitifs ?

Les psychologues Amos Tversky et Daniel Kahneman, dans une série d’articles des années 1970, dont « Judgment under Uncertainty : Heuristics and Biases », paru dans Science en 1974. Kahneman a reçu le prix Nobel d’économie en 2002 ; Tversky, mort en 1996, ne pouvait plus le recevoir. Leurs travaux ont fondé l’économie comportementale, que Richard Thaler a appliquée à l’épargne et aux marchés.

Peut-on se débarrasser de ses biais ?

Non, et les connaître ne suffit pas : la plupart résistent même chez ceux qui les ont étudiés. On peut en revanche les encadrer : règles écrites avant de prendre position, journal des décisions, liste de contrôle, avis contraire sollicité. Chaque fiche du guide termine sur ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Quels biais coûtent le plus cher en Bourse ?

Les études menées sur des comptes réels d’investisseurs particuliers désignent surtout l’excès de confiance, qui fait trop trader, et l’effet de disposition, qui fait vendre les gagnants et garder les perdants. Les deux fiches donnent les chiffres de ces études et leurs limites.

Un biais cognitif est-il une faute de raisonnement ?

Pas tout à fait. Une faute de raisonnement se corrige quand on la voit ; un biais revient même quand on le connaît, parce qu’il tient à la façon dont l’esprit traite l’information. Certains chercheurs, comme Gerd Gigerenzer, soulignent aussi que les mêmes raccourcis sont souvent efficaces dans la vie courante.

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