L’analyse technique : le guide complet en 70 fiches

L’analyse technique étudie les cours passés d’un actif, leurs graphiques, leurs volumes et des indicateurs calculés à partir des prix, pour estimer ce qui a le plus de chances de se produire ensuite. Elle ne cherche pas ce que vaut une entreprise : c’est le travail de l’analyse fondamentale. Elle cherche quand entrer, où sortir, et combien l’on risque entre les deux.
Ses bases remontent à Charles Dow, premier rédacteur en chef du Wall Street Journal, dont les éditoriaux des années 1900 à 1902 posent l’essentiel : les cours intègrent l’information disponible, ils évoluent en tendances, et une tendance se poursuit tant qu’aucun signal net ne dit le contraire. William Hamilton puis Robert Rhea en tirent la théorie de Dow, en 1922 et en 1932. Le reste est venu par couches : les figures chartistes, codifiées par Robert Edwards et John Magee en 1948 ; les indicateurs calculés, dont Welles Wilder publie plusieurs classiques en 1978, le RSI, l’Average True Range et le Parabolique SAR ; les chandeliers japonais enfin, que l’Occident découvre avec le livre de Steve Nison, en 1991.
Ce guide rassemble 70 fiches, rangées en quatre familles : les indicateurs et outils, les figures chartistes, les représentations graphiques et les méthodes d’analyse. Cherchez un mot, suivez le parcours si vous débutez, ou allez droit à la famille qui vous intéresse.
L’analyse technique ne lit pas l’avenir. Elle vous dit, ce qui est déjà beaucoup, à partir de quel prix vous vous êtes trompé.
Par où commencer
Huit fiches, dans l’ordre où se construit une analyse : le sens du marché et ses niveaux, la lecture des bougies, puis les indicateurs et le stop.
Le sens du marché : tout le reste en découle.
Les niveaux où le prix a déjà buté, et pourquoi il y bute encore.
Un même marché peut monter en journalier et baisser en cinq minutes.
Lire une séance d’un coup d’œil.
Ce qui distingue un mouvement soutenu d’un mouvement isolé.
Le premier indicateur à connaître, et le plus utilisé.
Mesurer l’essoufflement, sans le prendre pour un retournement.
Placer son stop à une distance qui tient compte de l’agitation du marché.
Les familles d’indicateurs en un tableau
Les plateformes en proposent des dizaines ; ils ne posent pourtant que six questions. Les connaître évite d’empiler trois indicateurs qui disent la même chose.
| Famille | La question qu’elle pose | Les fiches | Le piège |
|---|---|---|---|
| Tendance | Dans quel sens va le marché ? | Moyennes mobiles, MACD, Ichimoku, Parabolique SAR, Aroon, TRIX | Ces indicateurs sont en retard par construction, et multiplient les faux signaux quand le marché hésite. |
| Oscillateurs | Le mouvement s’essouffle-t-il ? | RSI, Stochastique, Williams %R, CCI, Momentum, Rate of Change, KST | Un marché en surachat peut le rester longtemps quand la tendance est forte. |
| Volatilité | De combien le marché bouge-t-il ? | Bandes de Bollinger, Average True Range, VIX | Elle mesure l’ampleur des mouvements, jamais leur sens. |
| Volumes | Le mouvement est-il soutenu ? | Volumes, On Balance Volume, Accumulation / Distribution, Chaikin Money Flow, Ease of Movement | Sur le forex, sans marché central, le volume affiché n’est qu’une partie du total. |
| Niveaux calculés | Où le prix risque-t-il de réagir ? | Points pivots, Retracements de Fibonacci, Points pivots de Camarilla, Points pivots de Woodie | Des zones que beaucoup surveillent, pas des murs ; plus on en trace, moins chacune compte. |
| Largeur du marché | Combien d’actions suivent l’indice ? | TRIN – Arms Index, Hindenburg Omen | Conçus pour la Bourse de New York, ils ne disent rien d’une action isolée. |
Deux indicateurs de la même famille ne se confirment pas : ils se répètent. Une confirmation vient d’une autre famille, ou du prix lui-même.
Figures de retournement, figures de continuation
Une figure chartiste annonce soit la fin d’une tendance, soit une simple pause. Pour certaines, c’est le sens de la sortie qui décide.
| Plutôt retournement | Plutôt continuation | La sortie décide |
|---|---|---|
| Double bottom Rounding bottom Rounding top Diamant Étoile du matin Étoile du soir Marteau |
Drapeau haussier Drapeau baissier Fanion haussier Fanion baissier Trois méthodes |
Triangles Rectangle Biseau ascendant Biseau descendant Biseau d’élargissement ascendant Biseau d’élargissement descendant Élargissement ascendant à angle droit Élargissement descendant à angle droit Élargissement symétrique de creux Élargissement symétrique de sommet Harami Toupie |
Ce classement dit l’issue la plus fréquente, pas une certitude : aucune figure n’est validée avant la cassure qui la termine.
Les 70 fiches, en quatre familles
Les quatre familles sont celles du guide d’origine. Chaque carte résume sa fiche en une ou deux phrases.
Les indicateurs et outils · 30
Les figures chartistes · 24
Les représentations graphiques · 5
Les méthodes d’analyse · 11
Aucune fiche ne correspond à cette recherche. Essayez un autre mot, ou le nom d’un indicateur.
Ce que l’analyse technique peut faire, et ce qu’elle ne peut pas
La théorie financière classique lui fait peu de place. Si les marchés sont efficients, les cours intègrent déjà l’information disponible, et l’on ne peut pas tirer de gain régulier de leur seul passé.
La recherche n’a pas tranché pour autant. En 2000, dans le Journal of Finance, Andrew Lo, du MIT, et deux coauteurs ont fait reconnaître par un programme les figures chartistes classiques sur les actions américaines de 1962 à 1996 : plusieurs apportaient une information que le hasard n’explique pas. Pas de quoi s’enrichir mécaniquement, mais assez pour ne plus parler de superstition.
Ses limites sont connues. Elle raisonne en probabilités, jamais en certitudes ; ses indicateurs sont en retard par construction, puisqu’ils se calculent sur des prix passés ; et une figure se voit beaucoup mieux après coup que pendant qu’elle se forme. Une part de son efficacité tient aussi à ce que des milliers d’opérateurs regardent les mêmes niveaux : elle décrit les marchés en partie parce qu’elle les fait.
Sa vraie force est ailleurs : elle oblige à décider avant d’agir. Un point d’entrée, un stop, un objectif, une taille de position : c’est elle qui fournit ces quatre chiffres, et ce sont eux, bien plus qu’un indicateur miracle, qui font durer un trader.
Pratiquer l’analyse technique, gratuitement
Un guide se lit ; un graphique se pratique. Le plus sûr est de s’exercer là où les erreurs ne coûtent rien. ProRealTime, la plateforme sur laquelle je trade, propose un compte gratuit pour s’entraîner sur de vrais graphiques, et j’y ai ajouté une formation complète à son utilisation, offerte elle aussi.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’analyse technique ?
C’est l’étude des cours passés d’un actif, sous forme de graphiques et de calculs, pour estimer leur évolution probable. Elle repose sur trois idées, dont les deux premières remontent à Charles Dow : le prix intègre l’information disponible, il évolue en tendances, et les comportements des opérateurs se répètent. On l’appelle aussi chartisme, surtout quand elle s’appuie sur les figures que dessinent les cours.
L’analyse technique fonctionne-t-elle vraiment ?
Elle ne prédit pas : elle estime des probabilités. La recherche reste partagée : la théorie de l’efficience des marchés lui laisse peu de place, mais des travaux publiés en 2000 dans le Journal of Finance ont trouvé une information réelle dans plusieurs figures chartistes. Son apport le plus sûr est la discipline : savoir, avant d’entrer, où l’on sortira.
Quels sont les meilleurs indicateurs techniques ?
Aucun ne l’est en toutes circonstances. Mieux vaut en choisir un par famille que trois de la même : une moyenne mobile pour la tendance, le RSI ou la stochastique pour l’essoufflement, l’Average True Range pour la volatilité et le placement du stop. Le prix et les volumes restent les deux seules données que tous les autres recalculent.
Quelle unité de temps choisir ?
Celle qui correspond à la durée de vos positions : quelques minutes pour qui sort dans la journée, le journalier ou l’hebdomadaire pour qui garde plusieurs semaines. Une règle simple : regarder d’abord l’unité supérieure pour connaître la tendance de fond, puis la sienne pour choisir le moment.
Analyse technique ou analyse fondamentale ?
Elles ne répondent pas à la même question. La fondamentale estime ce que vaut un actif et dit quoi acheter ; la technique étudie le comportement du prix et dit quand. Beaucoup d’investisseurs les combinent : la première pour choisir, la seconde pour entrer et sortir.
Sur quels marchés peut-on l’utiliser ?
Sur tous les marchés liquides : actions, indices, devises, matières premières, contrats à terme, CFD à risque limité. Plus un marché s’échange, plus ses graphiques sont fiables ; sur une petite valeur peu traitée, quelques ordres suffisent à dessiner une figure qui ne veut rien dire.
Peut-on apprendre l’analyse technique gratuitement ?
Oui. Les 70 fiches de ce guide sont en accès libre, et le compte gratuit de ProRealTime permet de s’entraîner sur de vrais graphiques sans engager d’argent. Ma formation complète à ProRealTime est offerte, elle aussi.
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